Mes convictions, ma démarche philosophique
Convaincu de l'existence de Dieu mais non chrétien
(ex-chrétien ayant
finalement réalisé la fausseté de
l'idéologie chrétienne), d'esprit scientifique, voici une
mise au point sur mes différentes positions et démarches
par rapport à quelques thèmes et problèmes
philosophiques et théologiques fondamentaux. Ce faisant
j'insisterai sur les différences d'avec certaines
manières de
pensée chrétiennes et autres idées couramment
répandues, et ma critique de celle-ci, et comment cela permet
parfois de répondre de manière plus pertinente aux
critiques
athées contre l'existence de Dieu. Pour être clair je vais
détailler les différents thèmes
séparément même si plusieurs de ces questions
convergent parfois vers une même explication sous ses
différentes
implications.
En bon scientifique, je ne "crois" rien: je médite et j'observe
afin de ne déclarer mes conclusions que lorsqu'elles sont
solidement fondés sans risque d'erreur.
Je suis devenu rationaliste non par choix ou postulat, mais parce que
la constatation de la supériorité générale
de la démarche scientifique (armé d'une indispensable
finesse d'esprit logique) sur toute autre démarche, s'est
finalement imposée à moi. Qu'on ne se méprenne
pas: je parle d'un rationalisme de méthode, de mode de
pensée, à savoir consistant à faire effectivement
le meilleur usage possible usage de la raison. Non d'un rationalisme
idéologique qui consisterait à croire toutes choses
seraient rationnelles, ni encore moins qui consisterait à se
croire soi-même rationnel. Ainsi, j'emploie la raison, non pas
parce que les choses seraient rationnelles, ni que je les suppose
rationnelles, mais parce qu'en ce qui me concerne, à force de
réflexions et d'expériences, il s'avère que
ça marche: j'ai pu ainsi obtienir des réponses fiables
à la plupart des questions que je me pose, et qui souvent
réfutent les thèses de ceux qui dénigrent la
raison.
De la croyance, et de l'existence de Dieu
Si on me demande: Dieu existe-t-il ? je répondrai oui. Mais si
on me
demande: êtes-vous croyant ? je répondrai non. Je
n'aime pas en effet le terme de croyance quand on parle de l'existence
de Dieu.
En effet, je pense que l'idée de l'existence de Dieu n'est pas
essentiellement une croyance hasardeuse du genre qui se ferait suivant
les circonstances, les motivations personnelles et les avis des autres,
mais elle est une intuition fondamentale de notre esprit, que certains
perçoivent, d'autres non. Enfin, presque fondamentale. Plus
précisement, notre esprit peut plus ou moins présenter
certaines
intuitions métaphysiques (à la base, l'intuition de notre
propre existence et du fait que cela signifie quelque chose de
réel et non une simple abstraction) qui restent à
discerner, à mettre en relation avec d'autres concepts. Le
problème est qu'il s'agit de notions fondamentalement non
rationnelles, auxquelles notre esprit rationnel est fort mal
adapté. De fait, tout ce que nous pouvons dire, savoir ou
comprendre sur cette terre est fondamentalement rationnel, d'une
manière ou d'une autre, et nous ne pouvons quasiment rien faire
de plus. Les notions
métaphysiques
ne sont qu'une petite et rare exception. Et
comme l'exception confirme la règle, je n'ai rien trouvé
de mieux pour présenter (voir texte en lien ci-dessus) ces
concepts non-rationnels que sous la forme d'une présentation
rationnelle. Il va de soi que cette présentation rationnelle ne
represente pas tout-à-fait fidèlement la nature
non-rationnelle
de ces concepts, mais exprime du moins de facon à peu
près correcte en quoi ils ne sont pas rationnels justement. Car
on ne peut précisement examiner que ce qui est ou serait
rationnel, et ainsi indirectement seulement, ce qui est non rationnel
par la négation de ces propriétes. La nature profonde des
motifs de ce
qui est exprimé ne se trouve pas dans le texte, mais est a
intuiter en s'inspirant du texte; autrement dit, le texte enonce
quelques proprietes rigoureuses, qui sont conséquences de ces
choses
non-rationnelles et ne pourraient l'être de choses totalement
rationnelles. Le texte vise à tenter de
réveiller une certaine intuition (de ce qui peut motiver ces
proprietes) et la conscience de
quelques-unes de ses significations connexes. Suivant les personnes,
cela peut ou non marcher.
Ainsi je ne cherche pas ici à démontrer l'existence de
Dieu, mais à faire un travail plus fondamental, qui est
d'exprimer ce que cette notion d'existence de Dieu signifie. Il serait
absurde en effet de tenter de démontrer une proposition ou de
discuter de son éventuelle indecidabiliité avant d'avoir
pris la peine de formuler son énonce avec toute la
précision nécessaire. Or, mon impression quand je lis des
positions athées au sujet de l'existence de Dieu, est qu'il y
aurait au départ un malentendu sur l'objet de la discussion.
Dieu n'est pas quelque chose en plus qui s'ajouterait à
l'univers en option, il est la nature de l'univers lui-même et de
nos consciences, leur existence même, leur connexite et leur
unité. L'existence de Dieu est-elle démontrable ? Cette
question est bien périlleuse. En un sens, je dirais que dans
l'absolu, l'existence de Dieu serait démontrable modulo des
discussions plus ou moins périlleuses sur les différents
aspects et réinterprétations de la notion de Dieu.
Seulement
nous ne sommes pas dans l'absolu, mais sur cette terre avec nos
limitations, et il peut être très difficile de
s'expliquer. La notion de Dieu étant une notion non rationnelle
tandis qu'une démonstration devrait être rationnelle, elle
se fait en gros par l'absurde, de la manière suivante: Si Dieu
n'existait pas, alors... si tout n'était qu'objets rationnels,
l'univers serait fondamentalement indistinguable du néant, une
pure abstraction. Et sinon ? avec une certaine notion de Dieu,
l'existence des choses et leur connexité peuvent prendre de
l'épaisseur, notre intuition existentielle et de l'existence du
monde peut prendre forme et pertinence comme nous les vivons... et
sinon ? euh, que proposeriez-vous s'il vous plait ?....
Suivant les points de vue, l'existence de Dieu peut sembler ou non
démontrable. La question de la démontrabilite ou de la
conviction de
l'existence de Dieu n'a rien de fondamental, elle est circonstancielle,
vague et glissante, elle n'est rien qu'un accident sans signification,
il n'y a aucune philosophie qui puisse se fonder sur une telle
indecidabilité. Peut-être un jour l'existence de Dieu
sera-t-il universellement reconnue comme démontrée, qui
sait ? Le monde n'en sera pas pour autant bouleversé.
L'idée de Dieu n'est donc pas une croyance, mais la perception
et la reconnaissance par notre intuition existentielle, faible et
actuellement obscurcie (dans notre condition terrestre) d'une certaine
réalite. Cette intuition étant obscurcie, le risque est
grand de lui associer par mégarde d'autres idées
arbitraires qui n'ont rien à voir, mais en laissant entendre a
tort que
ce serait de la même nature spirituelle.
Le vocabulaire de "croyance" ou de "foi" pour qualifier la conviction
de l'existence de Dieu, est une confusion, un piège tendu par la
religion chrétienne pour maintenir son pouvoir sur ceux qui
trouvent que Dieu existe: les nommant croyants, elle les appelle
à croire en même temps à sa doctrine, laissant bien
peu de place dans les esprits à d'autres options.
C'est un élément de la grande strategie inconsciente
(effet du darwinisme des systèmes de pensée)
d'illusionnement développée
depuis le début par la religion chrétienne qui a
conditionné la création,
l'évolution, l'usage et l'interprétation de certains mots
et certaines notions qu'elle emploie, dans toutes les
sociétés
occidentales depuis 2000 ans, et ce conditionnement est ce qui sert au
maintient de cette religion par son pouvoir de discréditer ceux
qui
tenteraient de la contredire en s'exprimant dans son vocabulaire.
Le danger, c'est de confondre sous le même mot de "foi", d'une
part
l'adhésion à la doctrine biblique prétendument
parole de Dieu ou autre doctrine du même style, d'autre
part le fait de répondre "oui" à la question "Dieu
existe-t-il" ou "y
a-t-il une vie après la mort", avec aussi l'idée connexe
d'avoir confiance en Dieu (car Dieu est digne de confiance, n'est-ce
pas ? surtout pour la vie après la mort on en a besoin). Ca
devrait n'avoir aucun rapport, et pour
moi maintenant ça n'a aucun rapport.
Je ne crois pas qu'un pur système matériel puisse jamais
avoir comme nous
conscience d'exister. Je ne crois pas que notre conscience puisse et
doive sombrer dans le
néant au seul prétexte de la décomposition de
notre corps physique. Je ne crois pas que cela ait quelque sens que ce
soit à parler de
l'existence d'un univers s'il n'y avait pas un Dieu pour le concevoir
ni
d'êtres vivants pour l'observer (or il n'y avait pas d'organisme
biologique aux débuts de notre univers et pourtant il existait).
Je ne suis donc pas croyant.
Par conséquent le titre de cette page est un peu
inapproprié. Une bonne
formule serait : "Mon avis sur les questions fondamentales sur la vie
et le monde, notamment en réponse aux doctrines religieuses et
autres
idées répandues"...
Ma conception de Dieu
Dieu est une "conscience" (entre guillemets à cause du simple
fait que nous n'avons guère l'habitude de discuter d'une
conscience qui ne soit humaine) universelle, connaissant parfaitement
toutes choses présentes et passées, et telle que la
réalité de ces choses présentes et passées
elle-même se confond avec le fait d'être ainsi connues, et
donc on peut dire, conçues. De son point de vue, parmi ces
choses conçues, le plus "intéressant" sont les
consciences comme par exemple les nôtres, parties vivantes de
Dieu.
La concience ne peut pas être comprise et
décortiquée comme un objet rationnel, ce qui
n'empêche pas la raison de mener à l'occasion des
approches partielles utiles de questions particulières.
Dieu est donc, en lui-même, qualifiable de "personnel" au sens de
conscience, et tel qu'on pourra (éventuellement) rejoindre
après la mort.
Cependant hélas, cette conscience universelle s'avère en
pratique désespérément muette et inaccessible au
cours de la vie humaine à toute approche religieuse, fait
étrange et par certains égards infiniment regrettable,
dont les raisons et le contexte restent à élucider.
Dieu s'avère non pas tout puissant, mais au contraire totalement
impuissant vis-à-vis des évènements terrestres.
La ligne téléphonique est coupée, n'ayant de toute
façon jamais existé par ici, nous n'y pouvons rien et les
conséquences sont très graves.
Y a-t-il un seul Dieu, ou bien une Trinité, ou encore
une
multiplicité de Dieux suivant des concepts polythéistes ?
La question m'apparaît sans objet, car les droites
parallèles se coupent à l'infini.
Pouvoir de la raison, transcendance de Dieu et
révélation
Les chrétiens protestants se plaisent à
répéter que la
raison humaine ne peut pas connaître Dieu, et plus
généralement ne peut pas tout connaître. Certes la
raison ne peut pas tout, et il y a des réalités au-dessus
de ce
qui est rationnel, que parfois nous entre-apercevons. Ils disent aussi
que pour connaitre Dieu il est nécessaire que Dieu se
révèle.
Pendant une période j'ai suivi la démarche
chrétienne, de chercher Dieu et sa révélation. Je
n'avais a priori rien contre cette idée, que par une demarche
non rationnelle on pouvait accéder à une connaissance de
Dieu au-delà de la raison. Mais la longue expérience et
l'examen
approfondi de tout cela m'a finalement amené à conclure
que cela ne mène a rien, et que par contre c'est la raison qui
donne toujours les meilleurs résultats et la meilleure approche
de la vérite, en dépit du mépris que nombre
d'hommes lui
vouent. La principale justification que je vois défendable
à ce mépris est que ces gens n'ayant pas la chance de
savoir raisonner correctement, vouloir à tout prix raisonner par
eux-mêmes ne les menerait souvent nulle part, et il est mieux
approprié pour eux de faire confiance à ceux qui savent
mieux penser qu'eux
(une sorte d'acte de foi ?), non par principe, mais pour des raisons
pratiques, parce que d'autres par leur raison plus
développée savent mieux qu'eux. Mais alors ils devraient
honorer la raison et ceux qui en sont pourvus, et non les
mépriser suivant les prétendues paroles de Jésus !
Certes la raison ne peut pas tout, mais la négation de la raison
au nom de la révélation divine s'avère mener
à moins que rien, et à l'erreur. Les chrétiens
prétendent détenir des vérites
révélées que la raison ne peut pas juger car elle
ne connait pas Dieu, mais en quoi ces "vérites"
consistent-elles, et d'apres quoi ces chrétiens les
jugent-elles, si ce n'est une suite d'énonces bien humainement
formulables qu'ils ne peuvent évaluer que par des
méthodes humaines ?
Le réductionnisme dont ils accusent la démarche
rationnelle par rapport à Dieu (en fait la démarche
rationnelle ne s'adresse pas normalement à la connaissance de
Dieu, mais ils veulent absurdement juger toute chose par son pouvoir
d'approcher Dieu) est d'abord un réductionnisme qu'ils
commettent eux-mêmes, par leur prétention de voir la
vérité sur Dieu contenue dans un livre.
Ils prétendent que, sous pretexte que leurs
vérités seraient révélées de Dieu,
elles seraient hors de portée de la raison, et accusent la
raison de parler de ce qui serait hors de sa portée: si ces
choses ont pour seul objet Dieu, et que la raison ne peut connaitre
Dieu, alors la raison ne peut pas juger de ces choses. Certes, mais au
prétexte de cela, ils commettent l'erreur monumentale d'appeler
ou de traiter ainsi comme inaccessibles à la raison comme s'il
s'agissait d'énoncés sur Dieu seul, plein d'affirmations
qui en réalité portent sur plein de choses de la vie et
du
monde. Car de toute manière rien de ce qu'il croient savoir sur
Dieu par foi ou révélation ne concerne réellement
Dieu lui-même, ou bien c'est
faux (d'un ridicule qui peut aussi se déceler par la raison
humaine). Notamment des choses dont ils témoignent haut et fort,
en supposant implicitement que tout le monde comprendra, tellement
c'est clair et contenu dans leur témoignage. Or, si c'est si
clair que ça, comment la raison ne pourrait-elle pas
l'appréhender alors ? En gros, ils font de la prose en
proclamant haut et fort que ce n'est pas de la prose mais que, sous
prétexte de son origine biblique et donc extraterrestre, ce
serait du ressort exclusif de la connaissance de Dieu, et que qui ne
connait pas Dieu ne peut pas en juger. De deux choses l'une: ou bien un
témoignage est clair et décisif pour toute personne
honnête qui en prend connaissance, ou il ne l'est pas. Si ce
l'est, c'est une donnée rationnelle aussi. Si ce ne l'est pas,
dans la mesure où malgré cela le témoignage se
prétend clair sans s'excuser de sa difficulté ou de son
incapacité à exprimer quoi que ce soit, il n'y a donc pas
de témoignage honnête du tout mais de pures affirmations
gratuites et arbitraires, parfaitement expliquables par la bêtise
pure.
Le problème est que, au fond, les vérités qui
seraient véritablement transcendantes, relevant de la
connaissance de Dieu seul et inaccessibles aux discours critiques, ne
seraient généralement même pas exprimables. Sans
vouloir
en diminuer la valeur, je suis en effet au regret de devoir me
contenter des énoncés humainement formulables: si une
chose n'est pas formulable, il n'y a rien à en dire, et quand on
n'a rien à dire on la ferme. La Bible étant un livre de
mots humains, tout ce qu'elle dit est humainement formulable. Les
témoignages chrétiens qui sont racontés, sont
humainement formulables. Si une chose est humainement formulable, elle
est visible et descriptible. Certes son étude peut
éventuellement être difficile, mais la science ne recule
pas
devant les difficultés. Si une chose est humainement complexe,
ainsi soit-il, cela ne l'empêche pas d'être formulable.
S'il s'agit d'un énoncé de phénomène
général sur la vie ou sur des relations entre
évènements vécus particuliers, il doit être
possible de faire des statistiques pour vérifier la
corrélation. Certes les statistiques ne sont pas une science
très exacte, et il y a tout-à-fait moyen de dire des
âneries en son nom. De même pour d'autres démarches
rationnelles: il a pu très bien souvent arriver que des gens
disent des âneries au nom de la science, comme par exemple
affirmer que les expériences proches de la mort sont des
hallucinations produites par les dérèglements du cerveau.
Mais ce n'est pas parce que des gens raisonnent de travers que principe
même de tenter de raisonner soit compromis pour autant. Le but du
raisonnement est de tenter de discerner des vérites certaines,
ou qui résultent avec certitude des hypothèses
données sans en faire insidieusement d'autres au passage. S'il y
a des gens qui au nom du raisonnement proclament des conclusions
biaisées dépendant d'hypothèses cachées,
c'est qu'ils ne savent pas raisonner correctement, quelles que soient
leurs intentions profondes. Ainsi, s'il y a des
phénomènes suffisamment observables
pour pouvoir en témoigner, il doit aussi être possible de
faire des statistiques à ce sujet par l'étude d'un
échantillon de population suffisamment large. Une population et
des évènements sont certes mal réductibles
à des tableaux de nombres, mais critiquer la science pour
l'inutilité de tableaux de statistiques qui ne comprennent pas
la richesse et l'humanité du réel, ce n'est pas
reconnaitre justement que la science est réductionniste, mais
c'est répandre une vision réductionniste de la science.
Si des
phénomènes ne sont pas réductibles à un
tableau de statistiques, ainsi soit-il. N'exprimons pas l'étude
par un tableau de statistiques mais par dix mille témoignages de
trente pages chacun, que chacun pourra ensuite étudier de toutes
les manières qu'il voudra. Eh quoi, cela ne serait-il plus de la
science ? Je le répète, la science n'a pas peur des
montagnes de données multiformes. Il y a des domaines et
résultats en mathématiques qui ont
nécessité des centaines ou milliers de pages de
démonstrations, et il a fallu vérifier qu'aucune erreur
n'y était glissée. Les tonnes d'observations à
compiler
foisonnent également en physique des particules et en
astronomie. C'est aussi ça, la science. Si des masses
d'observations nécessitent pour leur synthèse
d'être
réduites à un petit nombre de variables entraînant
des erreurs, la marge d'erreur peut aussi être
évaluée. En tout cas, même si on ne peut pas tout
évaluer avec précisions, la présence ou l'absence
de corrélation entre évènements soi-disant
réliés peut très souvent être
vérifiée ou réfutée.
Il n'y a pas d'opposition profonde entre la raison et l'esprit
au-dessus qui lui échappe, car l'esprit est indivisible et la
raison en émane. De même que la matière à
l'état pur serait néant et n'existerait pas vraiment, de
même la raison coupée de l'esprit n'existerait pas non
plus. C'est l'esprit qui anime la raison, qui permet à la raison
de se transcender elle-même et ainsi d'avancer. La raison est la
manière de penser dont nous disposons actuellement, par laquelle
nous pouvons le mieux tenter d'approcher la vérite. La
vérité ne se définit pas par la raison, mais la
raison
se définit comme étant ce qui permet d'approcher la
vérite, sa
compréhension et sa reconnaissance en tant que
vérité, en vérifiant précisément
toutes les affirmations, en traquant inlassablement tout risque
d'hypothèse cachée qui induirait en erreur. La raison
n'est pas une hypothèse, mais tout au contraire l'art de
purifier le plus complètement possible ses pensées de
toute hypothèse qui ne serait pas explicite. Et aussi, l'art de
la précision des énoncés et de la prise en compte
de la complexité.
Une manière de penser réductrice serait limitée,
mais la vraie raison est celle qui est animée et sans cesse
renouvelée naturellement par l'esprit afin de n'être pas
réductrice. La réduction est indispensable à la
comprehension dans notre condition humaine car notre entendement est
limité, et le problème de la raison est de discerner et
mettre en oeuvre les modes de réduction les plus pertinents,
ceux qui permettent d'extraire de l'infinie complexité du reel
les informations les plus fidèles possibles qui nous
intéressent.
Les limites de la raison humaine
Bien sûr qu'en principe, d'un point de vue métaphysique,
la raison est limitée, au sens qu'il y a des aspect de la
réalité dont
la nature n'est pas rationnellement définissable: les
sentiments, la
musique; des certitudes qui ne peuvent pas être rationnellement
justifiées faute de pouvoir en expliquer les motivations, comme
l'affirmation de notre propre existence et du fait que cette
affirmation a un contenu qui le différentie de sa
négation; que nos
souvenirs ne nous trompent pas, en sorte de pouvoir affirmer la
conclusion d'un raisonnement sur la base du fait que ce raisonnement a
réellement été mené et
vérifié. Ainsi la raison ne peut exister que
fondée sur des choses non rationnelles.
D'autre part, pour les questions d'ordre purement rationnel
elles-mêmes, à savoir les questions mathématiques,
on a rationnellement
découvert des limites à l'acte rationnel, par le
théorème
d'incomplétude de Gödel, incluant le fait qu'aucune
modalité
particulière d'application de la raison (une théorie
axiomatique des
ensembles par exemple) n'est capable de justifier sa propre
cohérence,
de sorte que son utilisation repose sur un certain acte de foi,
néanmoins motivé par des raisons intuitives: des raisons
non
strictement rigoureuses, mais tout de même raisonnables, qui
s'expliquent d'une certaine manière et relèvent donc de
la raison en un
sens plus large, qui est d'ailleurs le vrai sens de la raison.
Mais ce n'est en pas pas là les plus importantes limites pratiques de la raison. Les limites
de la raison auxquelles le monde est le plus durement confronté
en pratique, n'ont rien à voir avec les limites de principe en
un sens absolu,
idéal,
mathématique, mais ce sont des limites conjoncturelles,
pratiques, relevant de notre
condition
d'homme: à savoir les limites de raison humaine. Quelles sont
les limites de
la
raison humaine, autres que celles de la raison idéale ?
N'oublions pas en effet que l'homme vient à peine de
descendre du
singe, en un laps de temps ridicule en regard de l'histoire de la vie
sur Terre. L'homme est donc encore essentiellement un animal, et toute
question qu'on se pose sur l'homme devrait d'abord être
posée au sujet
de l'animal. La question devient alors: mais quelles sont donc les
limites de la raison animale, autres que celles de la raison
idéale ?
Comment cela, y aurait-il beaucoup de choses qui échappent
à la raison
animale, sans pour autant être des choses irrationnelles en un
sens
absolu ? Dans ce cas, pourquoi n'en serait-il pas de même pour
l'homme
? De
fait, il en va clairement de même pour l'homme. Comment donc,
vous ne
seriez pas au courant ? Mais si pourtant, c'est clair et
évident, et ça
se fait sentir très lourdement sur la société: le
fait que la raison
humaine n'est pas la panacée de la raison, comme la raison
animale n'était déjà pas la panacée de la
raison puisqu'elle était dépassable par
cette misérable petite avancée qu'a constitué
l'évolution du singe en homme. L'intelligence
peut croître par évolution, qui a pu procéder par
diversification et
sélection naturelle des individus les plus intelligents. La
sélection
étant toujours possible, la possibilité de principe d'une
croissance
de l'intelligence au cours de l'évolution, et donc de
l'acquisition d'une rationalité supérieure à son
niveau du moment, provient du fait que les caractères positifs
en question apparaissent
naturellement par diversification (j'ai dit: la possibilité
d'une telle croissance, non sa réalité, qui
nécessiterait que la sélection des plus intelligents soit
effectivement mise en oeuvre, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui).
Or, personne ne nie qu'il
apparaît naturellement dans l'humanité une
diversité criante entre
les niveaux
de rationnalité des uns et des autres, quelques individus
étant
notamment aptes à porter le progrès scientifique et
technique, tandis
que les autres demeurent lourdement incapables de les suivre. CQFD
Ainsi donc, si quelqu'un prétend parler sagement des limites
de la
raison, il faudrait au moins qu'il ait la décence de
préciser: oui,
mais la raison de qui ? Peut-être de sa raison personnelle ? Il
peut
être trompeur et prétentieux, en effet, de s'aventurer
à parler des
limites de la raison en général comme si elle
était uniforme,
sans envisager l'éventualité que la raison de quelqu'un
d'autre puisse
largement
franchir sur un thème donné les limites
expérimentées de notre
rationnalité personnelle.
Un bon moyen de susciter d'énormes progrès de la
civilisation, serait d'inviter les physiciens théoriciens
à s'occuper de philosophie et d'économie.
Voir autres remarques sur
les limites de la raison
J'irais même plus loin en disant que s'il y a une
manière permettant de transcender les limites des
capacités cognitives habituelles de l'homme, d'ébranler
les idées communément admises, de rompre tout le
train-train quotidien, et d'aller explorer d'autres univers bien plus
essentiels, fantastiques et vertigineux que celui des ombres dans
lesquelles stagnent la plupart des hommes, c'est bien la science. Mais
cette voie n'est pas ouverte à tous, à cause
essentiellement des inégalités de capacités
innées.
La science rate-elle les questions les plus essentielles ?
Un reproche courant contre la science serait que, bien que vraie de
son côté, elle ne saurait répondre qu'à des
questions superflues, et n'aurait pas de réponses aux vraies
questions, celles sur le sens de la vie qui intéressent les gens.
Réponses:
D'une part, (copie de ce que j'ai écrit par ici)
:Je reconnais qu'il y a une grande
différence
entre d'une part les questions de théologie et de foi, d'autre
part des
sciences exactes comme par exemple la physique théorique, qui
fait que
la raison n'a que très peu de capacité de conviction dans
la première
tandis qu'elle a eu des succès spectaculaires accompagnés
d'une
réalisation d'un bon consensus à force de dialogue
discursif dans la
seconde (ce qui d'ailleurs prouve que la raison n'est pas totalement
vaine mais peut bien arriver à des résulats importants).
Or, d'où vient cette différence ?
En partie elle vient du fait que la plupart de ceux qui s'occupent
de foi et de théologie sont dans l'erreur de sorte que leur
positionnement est plus aléatoire que raisonné.
Mais elle vient surtout du fait que la physique théorique
n'intéresse qu'une infime minorité de gens qui sont pour
la plupart
très intelligents et savent bien, contrairement à la
grande majorité du
public, faire un travail de rationalité authentique, approfondi
et
efficace (et même s'il y a par ailleurs un certain nombre
d'idiots qui
prétendent s'en mêler, les structures de
société permettent
efficacement de les tenir à l'écard du débat). De
sorte que les
discussions qui s'y font sont souvent des discussions entre gens
très
intelligents, capables de faire effectivement avancer rationnellement
le débat.
De fait, il ne faut pas confondre entre capacité de
conviction d'une part, capacité d'approche de la
vérité d'autre part. De vrais penseurs ont beau approcher
la vérité aussi superbement qu'on souhaiterait, ça
ne convaincra jamais une proportion significative de ce troupeau de
bestiaux qu'est l'humanité actuelle. Le but de la recherche de
la vérité ne doit pas être le pouvoir de
conviction, mais la vérité; et ces deux choses n'ont rien
à voir. De fait, la théorie de la relativité et la
physique quantique ne convainquent quasiment personne, et n'ont pu
être "officiellement" reconnues que par oui-dire sans rapport
avec leur contenu (en effet, il serait absurde de parler de conviction
pour des idées dont le contenu demeure largement ignoré),
devant le fait accompli des réalisations technologiques qui en
proviennent.
Ainsi, la démarche rationnelle a pu réussir
spectaculairement sur les terrains où seuls les gens
véritablement rationnels pouvaient participer, dans les
débats où le public n'a aucun mot à dire, ni en
tant qu'acteur, ni même en tant qu'arbitre ou de propagateur.
Tandis que dans les domaines de débats ouverts au public,
où le public joue le plus fort rôle de propagation des
idées suivant ce qui lui semble le plus juste, la raison n'a
aucune chance d'émerger du bouhaha ambiant. C'est cela
même, donc, ce caractère "intéressant pour le
public" d'une question, qui ôte à la raison toute force et
toute capacité à faire avancer le schmilblick à
son sujet. Puis, l'écart s'amplifie de lui-même en cercle
vicieux, de la manière suivante: ces oasis d'intelligence
protégés de l'ingérance du public où la
science a progressé et où la vérité est
reconnue avec justesse, deviennent le refuge attitré de tous les
esprits intelligents de la planète fuyant le chaos mental de la
société ambiante. Et là où les esprits
intelligents se réfugient, c'est là que la connaissance
peut davantage progresser encore, tandis que les questions
"intéressantes" étant fuies par les scientifiques
à cause de ce contexte sociologique, demeurent encore davantage
aux mains des ignorants.
D'autres mécanismes viennent compléter le tableau : au
cours des siècles, la recherche dans un domaine particulier est
très fructueuse au début, venant répondre aux
questions les plus simples, les plus globales et les plus essentielles
dans le domaine considéré; puis, une fois trouvées
ces réponses, la poursuite de la recherche ne peut plus
récolter que des nièmes décimales
supplémentaires insignifiantes vis-à-vis des
résultats déjà acquis. Ces derniers étant
entre-temps passés dans la culture ambiante passent pour aller
de soi et ne retiennent alors même plus l'attention, de quoi se
demander à quoi la recherche peut encore servir, tandis que
d'autres domaines de questionnements qui paraissent dès lors
plus essentielles sont complètement laissés sur le
carreau. Pourtant, aussi accessoire que puisse sembler aujourd'hui une
certaine recherche scientifique, elle n'en est pas moins fondamentale
vis-à-vis des préoccupations des hommes d'autrefois :
comment éviter les famines et les épidémies
meurtrières, éclairer la nuit, éviter d'être
assailli par la puanteur en allant aux toilettes, et échapper
à la contrainte d'un dur labeur manuel agricole ou manufacturier
80 heures par semaine en moyenne dans toute la vie.
Enfin, il est normal que toutes les recherches ne se développent
pas à égalité: certains domaines sont plus
facilement accessibles à l'étude que d'autres, et
l'étude d'un domaine peut nécessiter d'attendre
l'arrivée de connaissances et technologies issues d'autres
domaines, pour pouvoir s'effectuer dans des conditions abordables.
Ainsi la stérilité d'un domaine de recherche à une
époque ne prouve pas l'impossibilité de progrès
à une époque ultérieure.
Ceci dit, les scientifiques ont également leur part de
responsabilité dans cette affaire. Et là, je ne sais pas
ce qui leur prend tous aussi massivement à demeurer lourdement
collés à leurs hyperspécialités,
réfugiés dans leur tour d'ivoire, et à ne pas
prendre davantage de recul sur leur vocation pour se demander ce qu'ils
pourraient faire de plus utile au monde avec l'intelligence qu'ils ont,
alors même que les problèmes à résoudre dans
des domaines de réflexion orphelins sont criants. Face à
cela, beaucoup se satisfont de constater quelles sont les
activités que l'Etat les paie pour faire, en supposant que,
puisque tel est le programme soutenu par l'Etat, leur travail dans ce
cadre est celui qui convient aux attentes de la société.
Et là, je ne suis pas du tout d'accord. En effet: s'il n'est pas
de la charge des gens doués de la plus grande intelligence de se
poser des questions existentielles sur le sens de leur vie et la nature
de ce qu'ils pourraient faire de plus utile à l'humanité,
sur qui comptent-ils pour se poser ces questions à leur place et
leur dire ce qu'ils ont à faire ?
Il y a certes un gros obstacle: le manque général de
liberté, les institutions encadrant la recherche ne laissant
guère de marge de manoeuvre pour des mises en question aussi
générales.
C'est pourquoi, là encore, il faudrait recommander aux jeunes
génies de ne jamais viser quelque recrutement officiel que ce
soit, de peur d'être embrigadé dans un système qui
risque d'annihiler leur véritable mission.
Voir aussi le texte: Développer
des recherches en théologie ?
De la recherche de Dieu
Les chrétiens disent: qui cherche Dieu
le trouve. Ils disent
chercher Dieu plus que ne font les autres, et par conséquent
(ayant admis par la foi l'énoncé précédent,
ainsi que l'hypothèse suivant laquelle chercher Dieu c'est
déjà une manière de l'avoir trouvé)
ils le
connaissent mieux que les autres. Ce serait bien gentil, mais
l'expérience montre que tout cela n'est qu'une vaine
prétention
car malgré cela leur comportement ne manifeste pas une
connaissance de Dieu plus grande que celle du commun des mortels (du
moins chez la plupart des chrétiens qui prétendent
témoigner d'une
telle recherche, voire d'une telle rencontre), et
c'est même plutôt le contraire. Donc, l'expérience
ne
permet pas d'accepter ce concept de rencontre avec Dieu comme
supérieur aux autres. Nous devons donc y trouver une explication
philosophique, que voici.
De toute façon si c'etait vrai ce serait injuste et
immérité, car ce principe de chercher Dieu ne porte
aucune valeur morale particulière, seulement une valeur spirituelle au vrai sens négatif de
ce terme. Eventuellement
le fait de se poser des questions existentielles en
général peut être vu comme exprimant une valeur
positive, encore faudrait-il évaluer laquelle
à sa
juste valeur, en comparaison d'autres valeurs comme la
fratérnite, l'honnêteté etc. Dans tout cela,
l'idée de "chercher Dieu" n'est qu'une idée parmi
d'autres, une combinaison particulière qui n'a pas plus de sens
ou de valeur qu'une autre. Il serait injuste, absurde et insolent de
prétendre que ceux qui ne sont pas précisement
amenés (par la nature, les conjonctions de leurs pensées,
par Dieu ???) à orienter leur questionnement existentiel
précisement en ce sens seraient particuliuerement privés
d'une chose aussi fondamentale que la "connaissance de Dieu". Il n'y a
pas non plus de raison que Dieu soit particulièrement sensible
à cette combinaison particulière de recherche, car
comment en serait-il davantage affecté qu'autre chose ? Dieu
connait tout, est sensible à tout, et tout ce qu'il ressent se
rapporte à d'autres parties de lui-même d'une
manière ou d'une autre. Ce n'est pas parce que les
chrétiens concentrent leur vie, leurs pensées et leur
jugement sur une idée fixe, que Dieu devrait tout centrer sur
cette même idée fixe pour autant et dédaigner
davantage ceux qui n'ont pas cette même idée fixe. Dieu
n'a pas d'idée fixe de toute manière, du moins
relativement au champ d'idées dont nous disposons, car tout
vient de Lui.
Alors, pourquoi cette idée de vouloir rencontrer Dieu par la foi
est-elle plus ou moins vaine ?
Pour mieux le comprendre, remplaçons cela par une notion
très proche: que diriez-vous de gens qui prétendraient
que le but de la vie serait de "chercher l'Univers", et qui
prétendraient "qui cherche l'Univers le trouve", et "je
témoigne que j'ai rencontré l'Univers" ?
Pourquoi diable cherchez-vous l'Univers, alors que vous êtes
déjà dedans
? Et comment croyez-vous pouvoir le trouver ? En fermant les yeux et en
vous concentrant très fort, vous répétant "je
cherche l'Univers", "je veux trouver l'Univers", "Allô, Univers
es-tu la ?" ? Non, si vous voulez en savoir plus sur l'Univers,
explorez-le, ou bien étudiez ses propriétés
générales, l'expression des lois de la physique par
exemple. Cela s'obtient par l'étude, la réflexion ou
l'examen, il n'y a nul besoin d'acte de foi pour cela.
Or, si l'idée de vouloir rencontrer l'Univers est vaine, celle
de vouloir rencontrer Dieu est plus vaine encore, car Dieu est plus
grand que l'Univers et l'englobe. Si quelqu'un rencontrait Dieu, il y
trouverait l'Univers aussi. Concernant notre existence
éternelle, nous sommes créés par Dieu, notre
existence repose dessus, et dans l'éternité nous serons
amenés à Le connaître davantage, mais pourquoi Dieu
nous aurait-il envoyés maintenant dans l'Univers, si ce n'est
pour que nous fassions plus précisement connaissance avec
l'Univers déjà pas si petit avant de reprendre notre
experience d'autres aspects de Dieu ? Ici-bas, Dieu nous a donné
des facultes visant plus précisément à nous
permettre de faire connaissance avec l'Univers. Ce serait se rebeller
contre Dieu que de le refuser et de vouloir au lieu de cela
prétendre que nous serions ici pour tenter de connaitre Dieu,
alors que nous ne disposons pas des moyens adequats de le faire.
Note: ceci ne contredit nullement l'idée que Dieu soit amour.
Ceci ne contredit pas non plus que dans l'absolu Dieu pourrait se
rencontrer. De fait certains temoins d'expériences proches de la
mort
semblent indiquer qu'ils y ont rencontré l'Univers.
De la soif de spiritualité qui est en l'homme
Il y a principalement deux sortes de gens:
Ceux qui ont conscience de ne pas s'intéresser aux questions
fondamentales, et ceux qui ne l'ont pas.
L'inspiration divine existe-t-elle ou a-elle existé ?
Si jamais il y avait eu un humain doté de l'omniscience divine
il y a plus de 1000 ans et qui ait essayé de laisser un
enseignement à l'humanité, il aurait eu du mal à
se faire entendre et à laisser de son passage une trace
aujourd'hui. En effet, les vérités les plus essentielles
seraient passées pour absurdes et n'auraient
intéressé personne, car ne s'adressant qu'à un
futur éloigné; suivant son pays, il serait passé
au bucher de l'lnquisition, ou les gens lui auraient
préféré les diverses fables et autres gourous
pullulant par ailleurs; et il aurait dû employer des moyens
détournés pour attirer l'attention et faire ainsi
transmettre son message, par quelques règles d'hygiène,
traités scientifiques ou médicaux...
Par contre, depuis l'arrivée d'internet, l'inspiration divine ne
serait-ce que d'une personne aurait déjà changé la
face du monde, et ne l'aurait pas laissé dans l'état
où il est. Non qu'elle passionnerait davantage les gens
qu'autrefois, mais qu'elle aurait davantage de moyens de s'imposer par
la méthode du fait accompli, un peu comme le fait la science par
sa technologie. Comme cela n'eut pas lieu, elle n'existe pas.
Sur les réelles possibilités de rencontrer Dieu sans
mourir
(ceci sera complété ultérieurement)
La liberte idéale
Si Dieu nous avait créés parfaitement libres, voici
d'après moi quelle
aurait été (quelle aurait dû être) cette
liberté.
La liberte idéale consisterait à avoir le choix entre
plusieurs
possibilités toutes bonnes et justes et qui ne ferment aucune
possibilité intéressante
pour l'avenir. Ainsi le choix n'aurait aucun caractère
irréversible, sauf à l'occasion bien assurée qui
n'enlève que le moins bon.
Faire un choix qui engage l'avenir qui ne soit pas clairement et
sagement fait pour le mieux, c'est inutile et une perte de la
liberté à venir. Mais la bonne liberté est une
liberté bien éclairée qui évite l'erreur et
ne garde que le ou les mieux.
Bien sûr la possibilité de revenir en arrière n'est
absolument bonne que dans le cas
d'un individu isolé, car dans le cas d'un contrat, une rupture
de
contrat serait une faute si elle n'a pas lieu d'un commun accord. C'est
pourquoi il est bon d'être bien éclairé au
départ sur ce sur quoi on s'engage, afin de ne pas avoir
à y revenir, et qu'il y ait une justice qui oblige au respect
des engagements.
Je prefere ainsi avoir une notion de liberté bonne et
authentique
quitte à
reconnaitre que Dieu de nous l'accorde pas pleinement, du moins du
point
de vue du monde actuel, qu'une notion de liberté foireuse et
perverse
taillée exprès d'après la situation actuelle pour
pouvoir clamer que Dieu nous fait le malheur de
nous
l'infliger.
Heureusement d'ailleurs qu'il existe une possible notion de
liberté
dépourvue d'effet pervers, car sinon, quel paradis
pourrions-nous espérer ?
Relation entre preuve et liberté
Laisser quelqu'un sans preuve de la vraie réponse à une
question donnée, lorsqu'une telle réponse vraie existe et
qu'une preuve serait envisageable, ce n'est pas respecter sa
liberté de croire ce qu'il veut, mais c'est au contraire violer
sa liberté de se prémunir des erreurs, et l'assujettir
à la dictature
du hasard. Ainsi par exemple le Dieu chrétien qui
prétend laisser l'homme libre de croire ou non en lui en ne lui
fournissant pas de preuve indubitable de sa révélation,
est en réalité en cela un horrible tyran.
Un chrétien m'a répondu à cela: Dieu laisse
l'homme libre en ne l'infantilisant pas par Sa présence trop
permanente, pour lui permettre de développer sa propre
personnalité. Tout d'abord je ne vois aucun rapport avec la
question de l'existence d'une preuve de la révélation,
laquelle serait une donnée rigoureuse abstraite et ne
nécessitant nullement une présence permanente de Dieu.
Ensuite, de toute manière les chrétiens sont
réellement infantilisés par leur comportement de foi
fidèle qui l'interdisant de douter de la
révélation ne se distingue nullement en eux en pratique
de l'effet que produirait une preuve rigoureuse et indubitable, sauf
qu'il leur en enlève l'honnêteté. La seule
différence qu'apporte l'absence de preuve (en comparaison de
l'hypothèse d'une révélation prouvée, dans
le cadre de l'hypothèse où la révélation
serait vraie), c'est que d'une part elle rend malhonnêtes les
croyants, d'autre part elle rend mécaniquement beaucoup de
gens non-croyants sans qu'ils en soient responsables. Pour ne pas
infantiliser les gens, il faudrait au contraire les encourager à
mettre entièrement en doute le message de la
révélation pour en examiner toutes les implications,
démarche diamétralement opposée à ce qui
est expressément exigé par la doctrine de l'Eglise.
Autrement dit, au nom de la liberté, il est de notre devoir de
faire connaître largement les preuves ou réfutations
solides, lorsqu'elles existent, des réponses à toute
question dont la réponse joue un rôle crucial dans la vie
des gens, et pour laquelle ils risqueraient trop de rester dans
l'erreur en l'absence de ces preuves.
D'autre part, je trouve effectivement profondément regrettable
que Dieu n'ait pas fait l'effort de mettre les choses au clair en
révélant aux yeux de tous avec force miracles
attestés pour prévenir tout risque de doute le message
suivant:
"Désolé de ne pouvoir répondre à toutes les
questions et problèmes existentiels auxquels vous êtes
confrontés pendant cette vie stop la liste des solutions
à tous les problèmes que les hommes auront besoin de
résoudre à l'avenir serait trop longue et difficile pour
qu'un quelconque prophète puisse les supporter stop bon courage
à vous pour chercher à faire du mieux que vous pouvez
pour améliorer votre sort et celui de la vie et de
l'humanité stop"
Bref, ce serait tout le contraire du message chrétien, mais
autrement plus libérateur !
Je citerai également, pour compléter un extrait de ma
fameuse longue discussion avec un catho thomiste (en droit mes propos,
en italique les siens):
Lui parlant d'une conviction que j'ai, sur les buts de ma vie:
(...) n'est pas fondée sur une
certitude absolue, mais est tout de même très rationnelle
(...) Je n'accorde aucune vertu au fait de parier dessus. C'est une
chose naturelle, et les doutes ne viennent pas me troubler (alors
qu'ils le pourraient). Il n'y a aucune lutte. Parce que ma conviction
est rationnellement fondée.
En
fait, tu n'aimes pas le doute...
Rien à voir. La question n'est
pas de douter ou de ne pas douter, d'aimer ou de ne pas aimer le doute,
mais c'est que la question du doute est pour moi un paramètre
purement rationnel qui ne se traduit pas par des troubles sentimentaux,
religieux ou autres existentiels. Autrement dit, la notion même
de "ne pas aimer le doute" n'a pour moi aucun sens car les mots "aimer"
et "doute" ne font pas partie du même univers.
"doute" appartient a l'univers de la
raison et de la verite. "aimer" appartient a l'univers des sentiments,
des gouts et des couleurs.
Exemple :
m'aime-t-elle ? Peut-on appeler cela un doute ? Je dirais oui. Est-il
purement rationnel ? Oui et non : il peut etre formuler
rationnellement, mais tous les tenants et aboutissants ne sont pas
rationnels. Y a-t-il des troubles existentiels lies ? Oui, clairement.
Je maintiens ma position: le point n'est pas de savoir si les tenants
et aboutissants de cette question sont ou non rationnels. Le point est
que cette question se réfère à une
réalité et admet une réponse vrai en oui ou non
(ou autre). Le fait que les circonstances rendent difficile de
découvrir la réponse à cette question est une
autre affaire. Il n'en reste pas moins que le jeu du doute n'a aucun
intérêt positif à mon goût, et ce qui est le
plus important sentimentalement, au-delà d'une émotion
passagère, n'est pas de douter ou de ne pas douter, mais c'est
le fait que la vraie réponse à la question soit oui ou
non. Et il est toujours mieux en pratique de savoir correctement quelle
est la vraie réponse, pour pouvoir mieux s'organiser.
Suis-je constructif dans ma vision du monde ?
Dans ce forum,
la question m'a été posée:
" je
trouve que tes textes ressemblent plus à des attaques directes
contre des manières de penser (...) qu'à une description
d'une vision du monde. Pourquoi dépenser autant d'énergie
à tenter de détruire ce qui est faux plutôt
qu'à montrer ce qui est vrai? Peut-être que ça
permettrait un dialogue plus constructif (oui, je sais, tu as
écrit ce que tu crois là et là, mais même
dans ces textes, tu définis ce que tu crois par opposition avec
le christianisme ou d'autres idéologies). "
Je trouve que le monde est actuellement tellement enfoncé dans
des idées fausses qu'il est très important de montrer en
quoi elles sont fausses afin de s'en libérer; et cela même
est une manière d'apporter une autre vision du monde. Donc oui
par ailleurs dans quelques-unes de mes pages j'ai explicité ce
que j'estime vrai, ce qui ne m'empêche pas de rappeler du coup
comment je diverge d'avec les idées religieuses ou autres
idées dominantes qui sont à mon sens la cause de beaucoup
de souffrances. Mais le fait même d'expliquer qu'une idée
courante est fausse et pourquoi elle est fausse, n'est-il pas une
manière d'introduire une nouvelle vision du monde ? Une vision
du monde suivant laquelle les gens devraient être davantage
obligés de réfléchir pour traiter les
problèmes au lieu de raconter n'importe quoi pour les enterrer,
ce qui ne ferait pas de mal.
J'ai entrepris de présenter ma vision du monde des
mathématiques, et aussi du monde de la physique, qui me semblent
plus intéressants car plus cohérents et plus "vrais" que
des questions de
vie humaine et quotidienne...
En réponse à la question qui m'est posée dans ce
forum chrétien, par des chrétiens qui se sont
donnés une prétendue vision complète du monde
(sans s'apercevoir que cette vision du monde qu'ils ont et que j'essaie
de détruire en eux n'était pas une vision qui
agrandissait leur compréhension du monde mais qui au contraire
était une compréhension d'un monde extrêmement
étriqué qui leur donnait ainsi la fausse impression d'y
être grands), et qui se plaignent que je détruis leur
illusion de comprendre le monde sans construire vraiment une autre
vision du monde à la place (sous-entendu: une vision aussi
féérique que la leur, qui leur donnait à bon
marché, à eux misérables cousins des singes,
l'illusion comprendre tout l'essentiel de Dieu et de l'univers, pour
finalement mieux se retrancher derrière leur supposée
petitesse derrière la grandeur de Dieu afin d'avoir de toute
manière toujours raison sans avoir besoin de savoir pourquoi
face à toute évidence du contraire) : je ne
prétends pas révéler la vérité
ultime universelle, mais apporter ma contribution au progrès de
l'humanité, en l'aidant à se libérer de ses
erreurs du passé qui paraîtront un jour, je
l'espère, de misérables archaïsmes. Bien des
vérités ont été découvertes par
d'autres avant moi: héliocentrisme, big bang et expansion de
l'univers, évolution des espèces; comme quoi il restera
encore quelques milliards d'années à la vie sur terre
pour compléter ses découvertes. Qui suis-je
là-dedans pour apporter une vision du monde complète et
universelle ?
Voir, pour rappel, certains textes constructifs : philosophie morale - quelques valeurs authentiques
- métaphysique - construire la civilisation - infolibéralisme
Quel est le sens d'une vie humaine aujourd'hui
Mais pourquoi cette question du sens de notre propre vie devrait-elle
porter plus de sens que la
question du sens de la vie d'un crocodile, d'une gazelle, d'un lapin,
d'une
vache ou d'un poulet industriel, dont nous ne différons pas tant
qu'on veut bien le dire ? Bon, pour être pratique, parlons en
termes de but à atteindre ou qu'on risque de rater.
Là encore, avant de pouvoir chercher une vraie réponse
il faut chercher à préciser la question, parce qu'elle
peut s'interpréter de plusieurs manières très
différentes, et à chaque interprétation de la
question, peuvent se trouver des réponses différentes.
Cherche-t-on:
1) Une vie heureuse ?
2) Une vie dans laquelle on purifie son
âme pour avoir bonne conscience et se présenter ensuite
irréprochable devant Dieu ?
ou bien
3) Une vie dans laquelle on se
rend réellement utile à l'évolution de la vie et
de humanité ?
Ce sont trois objectifs très
différents les uns des autres. Suivant l'objectif retenu, la
solution (ou du moins l'expression plus concrète de l'objectif)
sera très différente (en plus d'être toujours
hautement variable d'un individu à l'autre en réponse
à chacune des 3 questions, suivant les caractères et
capacités de chacun).
Il y a donc une diversité de réponses à des
questions diverses. Pour des réponses positives, suivre les
liens ci-dessus.
Ci-dessous, quelques réponses, désabusées par
le non-sens en matière de travail à accomplir et des
méthodes à suivre dans le monde actuel vis-à-vis
de leur objectif.
Certains, religieux, se concentrent sur la deuxième question,
bien plus importante à leurs yeux que les deux autres, et y
voient la réponse suivante (même si ce n'est pas ainsi
qu'ils se la racontent): que la vie serait un grand jeu débile
dont le but est d'arriver à croire la vérité, plus
précisément nommée Parole de Dieu pour en
être plus sûr et pour croire cet objectif plus important;
mais de fait, en guise de victoire, ils se satisfont très bien
du seul fait de croire qu'ils ont gagné.
(Ceci dit évidemment, loin de moi de dédaigner l'objectif
de vérité; seulement, faut-il le rappeler, ce n'est que
par la compréhension et les méthodes de preuves
adéquates que la vérité peut s'approcher et se
discerner, ce qui nécessite un certain investissement
intellectuel; et non par les seuls termes d'une croyance qui se
condamne finalement à l'arbitraire et à l'erreur)
D'autres, concentrés sur la
troisième question, luttent, sans le savoir, pour la
défaite de leur objectif.
Venons-en à la
première question. Autrement dit, quand on est jeune et qu'on se
demande
quelle vie se construire pour être heureux, vers quoi s'orienter
?
Et là, on constate qu'on baigne dans une
société schizophrène, qui proclame royalement aux
jeunes une vérité absolue et incontestable d'une oreille,
et une autre vérité tout aussi aussi absolue et
incontestable de l'autre, en contradiction directe avec la
première, sans que personne n'ait jamais osé relever la
contradiction. Or, de fait, l'une est vraie, tandis que l'autre, qui a
pu être vraie par le passé, est désormais
archaïque et donc fausse. Et à la compétition entre
ces vérités absolues, la question de laquelle parvient
à s'imposer aux oreilles des uns et des autres varie fortement
d'un jeune à l'autre, et ce, pas du tout dans le sens qu'il
faudrait.
La vérité fausse est celle-ci: que la vie serait un
grand jeu dont le but ultime est de décrocher le plus grand
diplôme, pour, suppose-t-on, décrocher à partir de
là un bon salaire le mieux possible garanti à vie. Or, en
lui-même en plus encore si l'on supposait un instant que tel
était réellement le but de la vie, ce jeu serait
déjà parfaitement débile et destructeur,
étant donnés la débilité du système
scolaire, de ses objectifs, de ses soi-disants savoirs et ses
méthodes d'apprentissage, de sélection et
d'évaluation des acquis, parfaitement débiles sans grand
rapport
avec le savoir véritable (voir explications dans ce texte et d'autres).
Mais ce qu'il y a de pire, c'est que ce but officiel autour duquel
toute la société est unilatéralement
organisée en grand jeu débile, et au nom duquel tant
d'années de la vie de chacun et tant de millards d'euros sont
dépensés,
n'est même pas le véritable but de la vie en tant que
condition de bonheur; et ça, tout le monde le sait, mais
personne n'ose l'avouer officiellement (et quiconque l'oserait serait
regardé de travers).
Car le véritable but de la vie (du moins le vrai besoin de la
vie de bien des gens, certes pas de tous), que tout le monde sait, mais
que personne n'avoue, manifeste là encore la vie comme
n'étant qu'un grand jeu débile, mais ce, encore pire du
fait que personne ne daigne aborder ce fait franchement et
l'étudier en tant que tel, pour tenter d'établir
officiellement à
son sujet des réponses complémentaires moindrement
fiables et reconnues comme telles. Et, quoi de plus débile qu'un
jeu dont la condition réelle de victoire n'a rien à voir
avec celle officiellement annoncée ? Cette condition
réelle de victoire ultime à ce grand jeu débile de
la vie, c'est bien sûr...de trouver le/la meilleur(e) conjoint(e)
possible.
Et tout ce troupeau de professeurs, même ceux qui font
profession de gaver les élèves de lectures de romans
d'amour et autres parties de "culture" toutes pleines de la
vérité vraie, se sont toujours avérés
totalement incapables de se rendre pleinement en pratique à
cette vraie vérité ultime bien qu'elle ait toujours
été à la portée immédiate du premier
connard venu.
Ainsi, le monde marche complètement sur la tête: la
vraie vérité utime sur le sens de la vie (ou du moins une
part importante de celui-ci) est celle qui propagée
ouvertement depuis toujours par les pires connards, tandis que les plus
grands esprits auto-proclamés la cherchent encore en refusant de
la voir là où elle est. Ainsi, les jeunes gentils et
sérieux sont impérieusement et sans conteste possible
(sous peine d'être pris pour des moins que riens au comportement
irresponsable et incompréhensible) conduits "pour leur bien" par
les plus hautes autorités intellectuelles et spirituelles
auto-proclamées à sacrifier leur vie pour la poursuite
d'un prétendu but ultime absurde et totalement factice, tandis
que les gros
connards dévergondés sans foi ni loi, à qui la
nature a octroyé le privilège de n'écouter que
leur propres envies et à se moquer de la morale officielle, en
sont rendus par ce contexte seuls sur la voie de poursuivre avec les
moyens nécessaires, le seul véritable but de la vie en
matière d'épanouissement personnel, qui
vaut la peine qu'on le poursuive.
Bon, je sais que plein de gens ne m'auront pas compris jusqu'ici, et
croiront n'être pas d'accord avec mon idée que la
rencontre de l'âme soeur serait le but ultime de la vie.
Alors je dois développer les explications en ces termes :
Imaginez que vous vivez dans un monde
où quelques-uns dont vous n'ont rien à manger, par
exemple faute d'argent. Pendant deux semaines vous n'avez rien
mangé, vous criez famine, vous avez passé du temps
à chercher de la nourriture, en vain. Et vous n'avez
objectivement plus aucune raison de croire que vous en trouverez, de
sorte que probablement demain vous en mourrez. Et vous voyez passer
devant vous plein de gens repus, qui n'ont soit jamais connu la faim,
soit seulement un peu et qui ont ensuite trouvé à manger
sans problème. Ces gens passent, dont certains vont même
manger devant vous, et vous demandent, sans jamais vous offrir le
moindre morceau : M'enfin, qu'est-ce que c'est que cette tête de
lard ? La vie est belle, le soleil brille ! Je te promets que la vie
est belle ! Tu n'as pas à manger ? Pourquoi ? Il y a de la
nourriture en abondance ! Tu en trouveras ! Et pourquoi tu as besoin de
nourriture ? Moi il m'est arrivé de sauter un repas ou deux
quand j'avais la fièvre et ce n'est pas un
problème. D'ailleurs parfois quand je mange quelque chose je le
trouve dégoûtant et je le recrache, donc ce n'est pas
toujours bien non plus.
Question : manger est-il le but de votre
vie ?
Ce travail des professeurs est finalement doublement destructeur de
la vie et de l'intelligence elle-même. D'abord, il détruit
l'intelligence des jeunes les plus intelligents, en les assommant
d'exercices intellectuels médiocres et sclérosants; il
leur détruit la vie en détournant leurs efforts du but de
la vie véritable par les obligations de longues études
qui leur sont infligées. Enfin, il détruit les
gènes de l'intelligence, du civisme et de la morale qui sont la
seule source véritable de ceux-ci à l'échelle de
l'histoire humaine, en réduisant les opportunités de
reproduction de ceux qui les portent.
Les positions ci-dessus où je suis arrivé par
expérience personnelle, sont d'ailleurs corroborées par
une étude
scientifique sur le bonheur, faisant état de ces
observations: le professeur Ruut Veenhoven, de l'université
Erasmus de Rotterdam, "souligne que
les personnes mariées sont généralement plus
heureuses que
les célibataires mais que l'indice baisse avec la naissance
d'enfants,
que les hommes profitent plus de l'émancipation féminine
que les femmes
elles-mêmes, que le bonheur a tendance à baisser quand le
niveau
d'éducation est plus élevé."
Voir aussi: De l’importance de coucher jeune - Le but de l’école est-il de débiliser les enfants ?
En conclusion, si vous voulez faire quelque chose de vraiment utile
à l'humanité pour sauver la réussite
véritable de la vie des gens ainsi que l'intelligence
collective, le meilleur moyen en sera de participer aux objectifs agoristes
de mon projet,
afin de priver l'Etat de ses ressources fiscales et ainsi l'obliger
à mettre au chômage tous ces prétendus professeurs
fossoyeurs professionnels de la vie et de l'intelligence humaines.
Y a-t-il opposition entre raison et passion ?
J'ajoute ce sujet ici, après un coup d'oeil sur un petit
résumé de philosophie officielle à ce sujet, que
j'ai trouvé complètement absurde.
Il y a des gens qui disent qu'il faut lutter contre ses passions pour
accéder à la raison.
D'autres qui prônent exactement le contraire, en exhortant
à laisser parler le coeur et en dénigrant la raison.
Je reconnais qu'il y a hélas trop souvent, dans le monde actuel,
de nombreux cas où les sentiments empiètent à tort
sur la raison. Je pense en particulier bien sûr à la foi
religieuse, et à bien des cas où, les gens ne sachant pas
raisonner, apprécient les affirmations suivant les sentiments
que ça leur évoque directement, à savoir, suivant
que ces propos semblent "gentils" ou "méchants", que "ça
leur parle" ou autre chose de ce genre.
Bien évidemment il y a aussi de mauvaises passions à
faire cesser...
Il y a aussi hélas trop souvent, dans le monde actuel, des cas
où une certaine forme de rationalité mal placée,
je dirais une pseudo-rationalité, empiète à tort
sur les sentiments. Je pense en particulier à toute la
bureaucratie, qui, dans sa prétention de rationaliser le monde,
ne sait en fait bien rationaliser que sa propre bulle dans laquelle
elle s'enferme. En particulier, toute cette manière
pseudo-rationnelle de pseudo-rationaliser toute la vie de la jeunesse,
suivant laquelle le système scolaire se donne pour mission
fondamentale d'écraser la vie et les passions des jeunes,
ravalant sagement celles-ci au rang d'antiquités virtuelles et
mortes que constituent les
romans au programme de la littérature, prenant stupidement cela
comme recette supposée universellement nécessaire et
suffisante pour que puissent, on ne sait comment, germer en eux des
facultés rationnelles supposément supérieures
à tout ce qu'ils auraient jamais pu développer dans la
dignité.
Non, mais si enfin on se mettait dans la voie de faire les choses bien,
et pas absurdement comme ce qui est ainsi fait d'habitude, on
découvrirait qu'il n'y a pas d'opposition fondamentale entre
raison et passion. La voie de la solution ne consiste pas, d'une
quelconque manière, à tenter une lutte frontale de l'une
contre l'autre en espérant la victoire de l'une sur l'autre,
mais à découvrir qu'en fin de compte, il convient
à toutes deux de pleinement s'épanouir sans jamais
s'opposer, parce qu'elles habitent, ou du moins devraient habiter, des
mondes différents qui tout en se devant de communiquer suivant
les besoins, se doivent de toujours distinguer leurs terrains
respectifs afin d'éviter de malheureuses confusions et les faux
conflits qui en résultent. Même si, par nature, raison et
passion ne sont que des activités particulières d'une
seule et même conscience (au point que la faculté de
raisonner peut tomber en panne faute de satisfaction des passions, je
parle ici d'expérience).
De même, par leur incomparabilité, il n'y a pas non plus
à dire dans l'absolu que l'une soit de valeur supérieure
à l'autre: chacune est tout simplement en monopole
légitime dans son propre rôle. Ainsi, dans quelques
discussions par email, il est arrivé que des personnes soient
choquées par la manière suivant laquelle, d'après
elles, je nierais toute valeur de la passion en la tenant pour rien, et
me réfugierais dans une sorte de rationalisme absolu et
totalitaire, aveugle aux valeurs du coeur. Cela est un malentendu. Tout
ce que je prétends en fait, c'est que seules les oeuvres de la
raison peuvent adéquatement être baptisées du nom
de "vérité". Il ne s'agit pas ici d'une quelconque
revendication de valeur absolument supérieure, mais seulement
d'une question de qualification à être proprement
appelées d'un certain nom. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas
des vérités essentielles qui concernent les passions, au
contraire: seulement, le plus souvent, soit ces vérités
sont indiscutables
parce que triviales ou ineffables et n'ont donc pas besoin de la
raison, mais alors il n'y a pas non plus lieu d'y pratiquer le moindre
enseignement, et donc pas à faire explicitement
référence à la vérité; soit elles ne
sont pas triviales et ont besoin d'être l'objet d'un discours;
dans ce dernier cas, un certain usage de la raison est
nécessaire. Et là, la raison agit en commençant
par observer les passions, comme toute science qui se base sur
l'observation.
Alors, cela a-t-il malgré cela un sens de parler d'une
comparaison des valeurs de la raison et de la passion ? En fait si,
mais pour des raisons extrinsèques. J'explique:
La source de toute valeur est le bien, le bonheur, donc la passion.
Donc en soi, la passion serait la seule valeur. Oui mais :
hélas, en ce monde, les erreurs sont la cause de grandes
souffrances et pertes de bonheur. Cette situation est ce qui donne
à la vérité, et donc à la raison, sa valeur
en tant que remède
à ces erreurs et à leurs conséquences. Et, ce qui
s'avère obscurcir et bloquer la découverte des
vérités manquantes dont dépend la guérison
de ces souffrances et le salut des passions, est le plus souvent cette
manière suivant laquelle la plupart des gens s'attachent
à penser avec leur coeur, qui, faute du filtre de la fine
analyse rationnelle, demeure incapable de voir suffisamment loin pour
pouvoir se secourir lui-même à travers les labyrinthes du
monde réel qui le séparent d'avec lui-même (ses
actions de ses satisfactions).
Dans un monde où la situation serait autre, que tout aille bien
ou que du moins tout acte portant à conséquence sur le
bonheur ou le malheur soit parfaitement éclairé ou
conduit d'une quelconque manière à la meilleure option,
alors la recherche spéciale de vérités
supplémentaires au-delà de ce qui serait
déjà bien établi, n'aurait ni plus ni moins
de valeur qu'une possible passion parmi les autres.
On peut encore décrire la situation par ce parallèle qui
résume bien des choses : la raison est à la passion ce
que le travail est à la consommation.
Quel est le caractère spécifique de l'homme qui le
distingue de l'animal
Sa capacité à détruire l'environnement et la
biodiversité.
En effet, vus la débilité profonde que nous venons de
voir, et plus généralement l'immoralité,
qui caractérisent l'attitude de la plupart des gens (et surtout
les professeurs de philo ordinaires dans la mesure où c'est
sensé être leur spécialité) aveugles
à ce qui est sous
leur nez en matière de morale et de sens de la vie, je ne vois
rien d'intéressant et de significatif par quoi ils se
distingueraient positivement du reste de la faune terrestre.
A part ça, les animaux ont, comme les humains, une conscience
immatérielle, qui dirige leur comportement (de manière
bien différente de ce que tout système purement
matériel pourrait faire, voir détails
par ici de ce que je veux dire), et qui subsiste après la
mort biologique.
Du moins les vertébrés: j'avoue mon ignorance sur le
statut exact du reste du vivant.
Qu'est-ce que la vérité
Texte sur une page séparée
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déplacée.
Le bien et le mal
Divers développements sur le sujet de Philosophie
morale: les orgines du mal et comment y remédier, ont
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sur une page séparée.
Il y a deux sortes de gens
Non, en fait ce sont les mêmes, sauf que le hasard les confronte
à des
circonstances différentes:
-
D'une part, les gens qui n'ont pas de problème, et qui par
conséquent
pensent qu'en gros tout va bien dans ce monde, et qu'il n'y a pas lieu
de vraiment le changer; que s'il y a des gens qui voient des
problèmes,
c'est qu'ils se débrouillent mal et qu'il ne tient qu'à
eux de les
régler. En effet, ils ne doivent pas bien se débrouiller,
puisque
l'experience (de ceux qui n'ont pas de problème) montre qu'il
n'y a pas
de problème !
- D'autre part, les gens qui sont confrontés a de graves
problèmes, et
qui en sont tellement écrasés qu'ils n'ont pas la force
de les
résoudre, déjà pour eux-mêmes ce qui serait
pas mal, mais surtout,
c'est déjà bien lourd pour eux de s'occuper de leur
problème personnel,
il ne faudrait quand même pas leur demander de s'occuper encore
en
plus des problèmes des autres qu'ils n'ont pas su
résoudre pour eux-mêmes !
D'ailleurs, si jamais certains d'entre eux osaient s'aviser de penser
à
résoudre le même problème qu'eux chez autrui, les
gens qui n'ont pas de
problème s'empressent de les en décourager, d'abord en
les traitant
d'idiots d'incapables au sujet de ce problème (puisqu'ils n'ont
pas
réussi à resoudre leur propre problème), ensuite
en les encourageant
généreusement à résoudre leur propre
problème d'abord, sans penser à
autrui (ben oui c'est un problème individuel de qui on a en face
de soi
et dont on a tellement compassion et qu'il est tellement urgent de
résoudre qu'on ne va quand même pas se prendre la
tête à des problèmes
métathéoriques pour savoir quelles en étaient les
causes et comment
aider les gens qu'on ne connaît pas), enfin, si jamais quelqu'un
osait
parler sérieusement d'une possibilité de traiter et
résoudre le
problème de facon collective, les bien-pensants le condamnerait
vertement en l'accusant de culpabiliser les autres et la
société de ses
problèmes personnels alors que son problème doit
plutôt montrer que
c'est à lui de se remettre en question sans accuser les autres
ne
n'avoir pas fait leur devoir.
Ma devise
Conscience sans science n'est que ruine de la civilisation.
Ma citation préférée
Einstein: "Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise
humaine. Mais je ne suis pas sûr pour l'univers".
Pour finir, un petit coup de
gueule par deux avis plus personnels,
qui ne sont pas à prendre en un sens absolu, quoique, ce n'en
est pas
si loin... mais voir mon texte de philosophie
morale, qui donne le contexte général
d'interprétation que je leur donne à ce genre de choses,
et qui fait de ces remarques apparemment absurdes des idées
vraies et constructives:
Pourquoi Dieu a-t-il créé l'amour ?
Pour torturer par son
absence, comme un supplice de Tantale, quelques personnes (dont moi)
qui s'en trouvent privés alors qu'ils en auraient un vital
besoin.
L'enfer éternel existe-t-il ?
Comment pourrais-je ne pas y
croire étant donné que j'y suis déjà ? En
effet, ma vie se résume
quasiment à l'enfer du célibat qui a déjà
duré une éternité.
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