Philosophie morale: les origines du mal, et comment y
remédier
Introduction
La morale résumée en 2 commandements
1) Tu protègeras ton environnement naturel et ses espèces
menacées
inoffensives par tous les moyens.
2) Tu respecteras et serviras les intérêts d'autrui comme
les tiens.
Le sens moral
Je considère de mon devoir de faire le bien et d'éviter
le mal, non
pour être vertueux, mais parce que c'est une trivialité.
Je le fais,
parce que je sais simplement que je dois le faire, même si je ne
peux
pas vraiment expliquer pourquoi (ou plutôt si, d'une certaine
manière: voir plus bas). Je le fais parce que cela fait partie
de moi.
Il semblerait qu'il y ait des gens qui ne font pas ainsi, pour qui cela
ne va pas de soi. Encore que, il faut se méfier des apparences.
Peut-être manquent-ils simplement de discernement sur ce qui est
bien
ou mal. S'ils n'ont pas de sens moral, ou s'ils se comportent
contrairement à ce sens, je reconnais qu'il leur manque quelque
chose;
que tout ne sera pas forcément rose pour eux dans
l'au-delà. Mais comme
je ne suis pas à leur place, je ne peux pas juger de la
responsabilité de leur âme.
Certes, pour la bonne organisation de la société il est
nécessaire
d'accuser ceux qui font le mal et les condamner, pour les deux raisons
classiques :
la dissuasion, et l'empêchement physiquement du mal d'une part;
pour tenter de réveiller et guider le sens moral des
gens,
afin qu'ils prennent conscience des règles de morale d'autre
part.
Mais ces deux raisons, telles qu'elles sont ici, perdraient leur sens
comme punition ou récompense après la mort, surtout si
leur impact était
éternel. Certes, l'idée d'une récompense et d'une
justice divine semble
avoir un sens et être défendable, d'un certain point de
vue du moins;
mais le sens d'une telle justice divine, s'il existe, nous
échappe, car
nous ne sommes pas dans la peau les uns des autres. L'idée d'un
châtiment éternel est absurde: il n'aurait aucune valeur
éducative, car
qui éduquerait-il ? Il ne peut éduquer que s'il y a une
seconde chance,
donc s'il n'est pas éternel; et un malheur éternel serait
disproportionné face à une faute limitée. De toute
façon, ce
n'est pas mon problème. Je fais le bien parce que je sais que je
dois le faire, et que je ne peux pas faire comme si je ne le savais
pas. La question de savoir quel sort Dieu réservera à
ceux qui ne font pas ainsi et pourquoi, ne me regarde pas.
Les saints
Qu'est-ce que les saints ont de plus que les autres ? Une vertu
extraordinaire, par exemple. Pour quoi faire ? Pour faire le bien ?
Eventuellement, mais suivant quels critères ? Regardons un
passage des
évangiles sur ce point: l'histoire de la pauvre veuve, qui
n'offre que
quelques piécettes, qui valent "beaucoup plus" que les fortunes
données
par les riches, car c'est "tout ce qu'elle avait pour vivre". C'est
bien beau, mais côté utilité des dons, celle des
riches
pèse beaucoup
plus; l'exploit moral accompli par la pauvre veuve ne sert qu'à
la
sanctifier devant Dieu. Pour quoi faire donc ?
Les saints sont pour moi des sortes d'athlètes, qui vont
à bout des
possibilités de l'homme sur un certain plan; c'est bô pour
ceux qui en sont
fans mais ces exploits ne servent
essentiellement
qu'à eux-mêmes, et éventuellement à faire
rêver le reste de l'humanité
en extase devant eux.
Je n'ai pas besoin d'être cette sorte d'athlète, car je
n'ai pas que
cela à faire
dans la vie, non seulement pour moi-même, mais aussi et surtout,
précisément j'ai même bien mieux que cela à
faire pour le bien d'autrui.
S'il s'agit de faire le bien, plutôt que de se tuer à
donner tout ce
qu'on a pour vivre et ainsi se paralyser et se rendre du coup
désormais incapable d'être significativement utile aux
autres, il vaut mieux par exemple, si on en a la possibilité,
l'investir dans les affaires (honnêtes), faire du profit avec,
puis
faire don d'une partie des bénéfices qui pourra
être supérieure à ce
qu'on aurait donné au départ, et vivre confortablement
avec le
reste.
Ou bien on peut aussi prêter aux pauvres pour leur permettre de
monter
leur activité, puis ils rembourseront et on pourra avec cela en
aider
d'autres.
Ce sera plus utile à l'humanité, sans avoir besoin de se
surpasser.
La morale
La morale n'est principalement pas une vertu dans le coeur de
l'homme, ni un don de Dieu. Mais ce serait que la
souffrance cesse, et que le bonheur se répande.
De tels évènements peuvent dépendre des actions
des hommes. Les actions des hommes peuvent dépendre des valeurs
morales qui sont en eux. Mais ce ne sont là que des facteurs
parmi
d'autres. L'effet des actions des hommes sur l'humanité n'est
pas la somme des actions des individus, car l'humanité est une
organisation complexe avec une division du travail, et des rôles
très différents assignés aux différents
individus.
Les technologies disponibles jouent aussi un rôle
considérable, et être ainsi qualifiées de
vertueuses, ou parfois vicieuses suivant les cas.
Les actions des hommes sont bien moins guidées par leurs valeurs
morales que par ce que l'organisation sociale les amène à
faire. Là-dedans, les valeurs morales ne sont qu'un petit
instrument
parmi d'autres.
Je pense que ce n'est pas dégrader le sens de la conscience
morale humaine que de la réduire au rang de moyen au service
d'une fin qui lui est extérieure, bien au contraire. C'est lui
donner son véritable sens. C'est l'obliger à ne pas
tourner dans
le vide comme un exercice de style enfermé sur soi-même,
mais à s'enrichir d'une connaissance de la
réalité. C'est aussi l'animer d'un véritable
espoir, c'est-à-dire un espoir qui soit connaissance et
perspective d'un nouveau monde à construire,
libéré au moins en partie
des souffrances actuelles, et non sentiment
et auto-persuasion.
Ainsi, le but de la morale n'est pas d'avoir bonne conscience, dans
l'ignorance de ce qu'on aurait pu faire de mieux, mais c'est de
chercher
à faire réellement ce qui est le mieux, en prenant
connaissance de ce qu'on pourrait faire et de comment faire pour
être le plus efficace. Pour ainsi sortir de l'endormissement de
la conscience et découvrir ce qu'on pourrait faire de mieux, il
ne s'agit pas de faire un "examen de conscience", mais au contraire de
ranger notre conscience au placard et d'examiner ce qui est encore hors
de notre conscience, à savoir la réalite du bien et du
mal qui se produit pour les autres et ce dont cela dépend,
évènements et facteurs circonstanciels qui ne
dépendent pas de ce que nous en pensons, de la conscience ou des
sentiments que
nous avons à leur égard.
Les paradoxes de la morale
Une question morale fondamentale
Choisir entre
l'humilité de laisser le monde périr, et l'orgueil de le
sauver. En effet, on ne peut pas avec succès courir 2
lièvres à la fois: purifier au maximum son âme, ou
bien se rendre le plus
utile possible à autrui.
La subtilité fondamentale du problème de la morale
Considérons l'énoncé suivant: "Le bien et le mal
sont le fruit des actions de l'homme; le bien est le fruit des bonnes
actions, et le mal est le fruit des mauvaises actions".
Cet énoncé est profondément ambigu, et suivant la
manière dont on l'interprète, peut être soit
très vrai, soit très faux.
Tout dépend comment on définit la notion de "bonne
action". En effet, chacun a tendance à l'interpréter
suivant la conformité à son propre code de conduite,
seulement les codes de conduite varient largement d'un individu
à l'autre. Beaucoup définissent le code de conduite
à suivre en termes de conformité à sa conscience,
de la bonté des intentions qui animent une action donnée.
Seulement un tel critère est souvent tautologique et relatif,
chacun menant ses actions suivant sa conscience propre. Qui agit
suivant de bonnes intentions à ses propres yeux pourra
être jugé comme ayant de mauvaises intentions par
quelqu'un d'autre, qui est tenté de juger la conscience de
celui-là d'après la conformité de ses actes
à sa conscience à lui, sorte de code de conduite
implicite. Chacun agissant différemment d'une manière
qu'il croit la meilleure, a naturellement tendance à croire que
les actions des autres, lorsqu'elles sont différentes, seraient
animées de mauvaises intentions.
Chacun vit sur la base de son propre code de conduite implicite en
ayant tendance à croire que "naturellement", tout comportement
conforme à ce code tendra à entraîner de bonnes
conséquences, et tout comportement qui en dévie aura
tendance à en entraîner de mauvaises, en ayant son
idée de ce qui entraîne cela, mais sans chercher à
l'étudier sérieusement. Bien des gens se contentent de
croire que leurs propres actions sont nécessairement
bonnes et auront de bonnes conséquences, sur la base du fait
qu'elles sont animées de bonnes intentions et/ou conformes
à son propre code de conduite; et que telles ou telles actions
des autres
étaient animées de mauvaises intentions, sur la base du
fait que leurs conséquences se sont avérées
mauvaises et/ou que ces actions ne sont pas conformes à ce
même code de conduite; sans se donner la peine de chercher
à savoir si par hasard tout cela ne serait pas finalement du
pareil au même, jugé de manière inique par l'emploi
de critères différents.
Ma vision des choses est aux antipodes de ces tendances-là. Je
considère l'énoncé plus haut comme étant
finalement vrai, mais en un sens très différent, voire
opposé, de celui qu'on lui donne habituellement. Je
considère en effet que la notion de bonne ou mauvaise action
n'est pas une notion première qui ait une signification en
elle-même, au seul vu de cette action, et de l'esprit (intentions
et philosophie) de celui qui l'a faite. La seule chose qui a un sens et
une valeur en elle-même, c'est la réalité des
conséquences qu'aura finalement chaque action donnée.
La vraie morale ne consiste pas à suivre sa conscience et
à être animé de bonnes intentions, mais à faire l'effort de redéfinir la
qualification des actions comme bonnes ou mauvaises, en fonction
du seul critère de l'analyse de ses conséquences
objectives, sans égard à toute question
d'évaluation de la nature de l'âme et des intentions qui
ont animé les actions visées, laquelle question
étant bannie comme vaine et hors-sujet dès le
départ, n'aura donc nullement à être
affectée non plus par cette requalification des actions a
posteriori.
Je revendique donc une morale
bassement matérialiste, qui se moque éperdument et
rejette comme creuse et vaine toute question de jugement du fond de
l'âme des gens, et ne s'intéresse qu'au problème du
calcul des conséquences matérielles d'actes
donnés, pour en tirer les seules vraies conclusions
authentiquement morales, portant sur les seules
vraies valeurs morales qui puissent exister, à savoir ayant pour
unique vrai objet l'exactitude de ce calcul lui-même dans toute
sa complexité, de ces liens d'enchaînement de causes et
d'effets et donc de la mesure de la valeur (bonheur ou malheur) des
conséquences réelles d'actes donnés; toutes
questions de jugements des acteurs qu'on pourrait envisager par
ailleurs étant à rejeter comme perverses, souvent
injustement calomnieuses envers les personnes dont le comportement
serait non conforme aux critères ou aboutirait à des
conséquences malheureuses, et
dangereuses par leur risque de détourner notre attention du
véritable objectif moral que nous devons suivre, à savoir
l'objectif d'utilité sociale, comme il vient d'être
expliqué: l'évaluation et l'amélioration d'un
phénomène physique extérieur (la facilitation du
bonheur collectif), de nature très
différente de quelque
problème de jugement de personnes que ce soit (même si une
interaction
entre les deux est possible).
Ainsi, ce ne sont pas principalement les âmes qu'il convient
de
juger comme morales ou immorales, mais les choses, en tant que
facteurs dont dépendent les évènements heureux ou
malheureux. Parmi ces
choses il y a les doctrines qui peuvent habiter les pensées et
par là
contrôler les actes des uns et des autres tels des
systèmes
d'exploitation dans les ordinateurs: certaines doctrines sont bonnes,
d'autres mauvaises, sans que la personne qui les porte n'en soit
forcément responsable.
Sur la nature du mal qui est en l'homme
L'homme commet souvent le mal, mais ce n'est pas qu'il soit mauvais en
lui-même. Ou certes, il peut aussi exister des hommes qui sont
mauvais en eux-mêmes, mais il serait stérile de rejeter
sur eux les problèmes en les accusant ou en leur faisant des
leçons de
morale, comme nous venons de le dire. En réalité
problème du mal
venant des hommes mauvais est un problème accessoire, en plus
d'être bien peu remédiable quoi qu'on en dise. L'homme
commet beaucoup plus de mal que l'état de son
immoralité, et à niveau de moralité
inchangé, il pourrait en commettre au contraire beaucoup moins
que son immoralité, mais au contraire accomplir le bien.
En réalité la plus grande partie du mal commis par
l'homme, est un mal commis par les hommes bons. C'est un mal commis par
bonté d'âme. Et ce mal commis par les hommes bons est un
mal d'autant plus pervers qu'il est commis par bonté
d'âme. En effet, cette bonté sert d'excuse et de
justification et donc de puissance à ce mal, par la puissance de
cette bonté à disqualifier et condamner comme un mal
toute résistance à son action.
Et pourquoi les hommes bons commettent-ils le mal par bonté
d'âme ? Parce que c'est la meilleure manière,
établie par l'expérience, qui leur permette d'avoir bonne
conscience. En effet, voulant et croyant faire le bien, ils commettent
le mal parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de comprendre que c'est le
mal, mais ils croient qu'ils font le bien.
Cela est une manifestation de la dictature du hasard déjà
présentée dans le texte sur la liberté:
le problème de la dissociation entre un acte et ses
conséquences, le problème de la causalité reliant
l'acte à ses conséquences étant un problème
complexe sur lequel l'homme peut facilement se faire des idées
fausses. En effet, si tout le monde peut être plus ou moins
d'accord et voir juste sur la mesure du mal en tant que
conséquence finale (bonheur ou malheur), par contre le fait de
savoir
relier ces effets
à leurs causes et à la question de leurs éventuels
remèdes est un tout autre problème. Et il est beaucoup
plus facile à ce sujet de se faire des idées fausses que
des idées justes. Or, certains schémas d'idées
fausses étant beaucoup plus efficaces que la
vérité à donner l'impression aux gens de bien se
comporter, et toute tentative de chercher de meilleurs critères
de
discernement étant illusoire (car les menant le plus souvent aux
désillusions et
à des sentiments d'échec dans leur quête du bien,
son éventuel succès étant hors de la portée
de la plupart des
gens),
cela amène fatalement les gens à considérer
ces schémas d'idées fausses comme étant les
meilleurs et les plus vertueux.
Enfin, pas complètement tous: il y a des gens qui ont eu la
chance de comprendre qu'ils ne doivent pas faire le mal que les autres
font en voulant faire le bien. Ou plutôt, la malchance: parce
que, comprenant cela, il leur est beaucoup plus difficile d'exercer
leur vertu, puisqu'ils n'ont plus la chance d'exercer leur vertu sous
la forme de l'exercice du faux bien, que les autres ont la chance de
pouvoir faire au nom du bien.
Et cette malchance, de comprendre une plus grande part de
vérité, fait
d'eux des êtres moins bons que les autres, parce qu'ils ont la
malchance de devoir ainsi confronter à chaque fois leurs actes
à la réalité et
à la cruauté du destin, au lieu de simplement exercer
leur vertu dans le monde féérique de leurs illusions. La
connaissance de la réalité et de sa difficulté les
oblige à étudier et confronter
encore et toujours la question de leurs actes à la
réalité, et donc
de développer pour cela autre chose que la vertu et la
bonté
d'âme.
Mais au fond il n'y a pas vraiment de différence de
nature entre les deux: ils sont aussi bons les uns que les autres, et
la différence, c'est que les uns vivent dans l'univers de leurs
illusions féériques, et les autres vivent dans l'univers
de la réalité. Et il est toujours possible de basculer
d'un univers à l'autre, non pas parce qu'on est plus ou moins
bon, mais par accident, en fonction des circonstances, de
l'intelligence et des réflexions. Personne n'est hypocrite dans
l'âme. L'hypocrisie et la perversité ne sont pas des
natures mais des comportements. Le comportement de l'homme est le
résultat final de ce qu'a produit l'énergie de sa bonne
volonté organisée suivant ses schémas de
pensée. Si ses schémas sont faux, la bonne volonté
de l'homme n'est pas
responsable des effets réels de son comportement, mais aboutit
à le faire se comporter d'une manière perverse qui ne lui
ressemble pas.
Ne croyez pas que ce soit là une chose rare: une
longue expérience, analyse et réflexion, m'a amené
à conclure que ce problème est ce qui
véritablement domine le monde et le comportement de la plupart
des gens.
La religion en est un exemple. La création de l'Union
Soviétique en est un autre. J'en ai écrit divers exemples
dans les autres textes ici, et je continuerai à le faire.
Quoique... j'ai parfois aussi d'excellentes raisons de douter que la
plupart des hommes soient fondamentalement bons mais seulement
trompés, c'est-à-dire dont les pensées, paroles et
actes mauvais puissent être excusés par le fait qu'ils
seraient par contre bons et justes relativement au monde tel qu'ils se
l'imaginent. Car ces mêmes gens, qui manifestent clairement leur
bonté et leur sincérité intrinsèque, sont
extrêmement nombreux à maintenir
fermement des
pensées nettement immorales et perverses en elles-mêmes,
c'est-à-dire qui ne sauraient être bonnes dans aucun monde
concevable. La doctrine du péché originel (je veux dire
la doctrine suivant laquelle l'homme est foncièrement mauvais)
serait-elle finalement correcte ? A moins, bien sûr, que ce
constat de la manière suivant laquelle les gens approuvent des
actions dont il devrait être évident que leurs
conséquences sont mauvaises, dépend dans ses conclusions
de la question de savoir si les gens seraient capables d'un minimum
vital de jugeotte à cet égard. Or, il semblerait que
là soit justement le problème: qu'en fait les gens sont
vraiment très cons, et qu'ils s'y croient réellement en
attribuant à leur code de conduite un supposé bienfait,
alors qu'il ne peut être un bienfait que dans un monde imaginaire
vraiment, grossièrement, très fantasmatique,
incohérent et illusoire.
Quels sont les problèmes théologiques fondamentaux
Autrement dit, les vrais gros problèmes qui ne sont pas le fruit
d'une
simple fausse hypothèse, d'un dogme institué par une
religion
particulière quelle qu'elle soit ou d'une erreur de conception,
qui
sont des problèmes réels qui résistent, quoi qu'on
en pense, et
auxquels il n'y a pas de solution simple:
1) Le fameux problème du mal (si Dieu a tout créé,
d'où vient le mal ?) (-> comme expliqué
plus bas,
je propose un essai de réponse, certes partiel et pas totalement
satisfaisant: la relativisation de l'importance de la vie terrestre et
de ses souffrances par rapport à l'éternité; ce
n'est pas satisfaisant
dans la mesure où cela ne justifie toujours rien, et je ne pense
pas
d'ailleurs que la souffrance soit généralement
justifiable, ni même qu'il soit honnête de vouloir supposer
qu'une quelconque justification existe dans l'absolu, abstraction faite
de tout
problème de compréhensibilité).
Déclinaisons de ce même problème:
- Pourquoi Dieu a-t-il laissé traîner une vie
misérable sur Terre
plusieurs milliards d'années avant qu'apparaisse l'homme plus ou
moins
exclusivement sur la base des longues affres de la sélection
naturelle (les décès misérables de tant
d'individus pour peut-être participer à la
sélection d'un gène ou deux, et encore), alors qu'avec Sa
science
infinie
il Lui aurait été relativement si facile de dicter
directement en un
temps bien plus réduit les codes génétiques
nécessaires à la vie des
principales espèces, et même de les rendre plus
agréables ?
- Pourquoi ne naissons-nous pas directement au Paradis ?
- Pourquoi Dieu se moque-t-il apparemment de nous au point d'avoir
ainsi abandonné dans l'obscurité de l'erreur et de
l'ignorance la plus crasse l'ensemble de tous ces millions de gens les
plus fervents dans la supplication qu'ils adressent à Dieu de
les guider dans la vérité et dans les meilleures
décisions à accomplir sur terre pour le mieux, ne leur
accordant au plus que le loisir de s'auto-persuader d'être
éclairés ? Précision: le plus grave aspect du
problème ici n'est pas l'injure envers ceux qui le supplient de
les guider et ne sont pas exaucés (après tout, si Dieu
trouve bon de les laisser dans l'erreur, cela ne serait pas un si grand
préjudice), mais l'injure indirecte envers ceux qui ont subi
tant de souffrances qui auraient pu être évitées
par l'action de personnes de bonne volonté si seulement Dieu les
avait réellement guidés. Autrement dit, ce qu'il y a de
plus grave dans le fait de ne pas exaucer ces supplications, c'est
qu'elles étaient pourtant tout ce qu'il y a de plus
légitime au monde en vue du bien d'autrui.
2) Le problème du jugement, en les termes suivants : si
après la mort
on doit porter le préjudice de nos mauvaises actions et les
joies de
nos bonnes actions envers autrui, afin qu'il y ait ultimement une
certaine justice dans le ciel, suivant quelle instrument de mesure nos
actions seront-elles évaluées ? A ce sujet, on peut
facilement
démontrer les thèses suivantes:
- Toute théologie dans laquelle ce jugement ne serait pas
parfaitement conforme à la mesure de la pureté altruiste
des intentions
qui ont animé toutes les pensées et actions
effectuées, serait une
théologie horrible, injuste et intenable;
- Toute théologie dans laquelle ce jugement ne serait pas
parfaitement
conforme à la mesure des biens et maux ayant réellement
résulté des
actions effectuées, dans le cadre réel ce qui s'est
passé, y compris ce
qui était inconnu ou incompris de la personne ayant agi, serait
une
théologie horrible,
injuste et intenable.
- Ces deux exigences sont, de fait, à cause de la forme
effective
des liens matériels de causes à effets que l'on observe,
totalement
incompatibles entre elles.
La solution chrétienne traditionnelle à ce paradoxe
consiste à faire
une confusion dialectique entre les intentions profondes d'un acte et
ses conséquences effectives. Et ainsi, à avoir pour
réflexe de juger,
tantôt les conséquences réelles attendues des actes
d'après la mesure
de leur motivation profonde, tantôt la motivation profonde
d'après les
conséquences effectives, suivant ce qui est le plus pratique
à un moment
ou à un autre.
Quant à moi, l'absence de solution à ce problème
ne m'empêche pas de
dormir, considérant que notre mission sur terre est de
gérer les problèmes, malheurs et catastrophes qui ont
lieu sur
la terre, non de dénouer les éventuelles affres et
contradictions de la justice divine.
Rassemblant les idées de ces 2 problèmes, il ressort
un
troisième problème, peut-être plus grave :
contrairement aux hommes, Dieu n'a pas l'excuse de l'inadvertance quant
aux conséquences de Ses actes. Sauf si ceux-ci ne tiennent
qu'une place négligeable dans les évènements, et
que notre univers est principalement soumis à ses propres
lourdeurs et déterminismes qui échappent au pouvoir de
Dieu, ce qui semble de fait être largement le cas, mais est, dans
son coin, une chose largement incompréhensible. Le monde et ses
malheurs apparaissent ainsi comme étant soumis au pouvoir absolu
de l'Ignorance des créatures, et, par conséquent, en
définitive, s'avèrent les esclaves de
l'Irresponsabilité Universelle. Ce monde n'est certes,
probablement, qu'une toute petite partie de la Création
supra-universelle, mais qui a néanmoins le malheur de nous
concerner de très près, nous-mêmes pour l'instant
et tous ceux à qui nos actes et nos paroles actuels pourront
principalement s'adresser, de sorte que nous sommes malgré tout
dans l'obligation actuelle de nous en préoccuper.
Non, contrairement à d'autres, je ne vois pas là le lieu
de s'échapper dans de quelconques envolées lyriques sur
la sagesse de Dieu sensée dépasser toute intelligence
humaine. Je considère même cela comme un blasphème
de vouloir localiser l'infinie sagesse divine dans un si horrible
accident.
Ainsi je n'ai pas de réponse satisfaisante à ce
problème. Eh quoi ? Il est simplement naturel de ne pas tout
savoir dans la vie. La science est très jeune relativement
à l'évolution. Cependant j'en suis toujours
gêné (et j'en souffre et je veux travailler à ce
que cet état de circonstances change).
La hiérarchie des valeurs
La valeur fondamentale est le bonheur, ou le plaisir, comme on veut
l'appeler. Plus précisément, je veux parler de la somme
des bonheurs
de tous les être vivants. De là découlent les
autres valeurs,
lesquelles se
résument en un mot: l'utile. J'appelle utile ce qui produit le
bonheur en moyenne collective,
étant donnés tous les mécanismes de cause à
effet qui se produisent
dans le monde. Concrètement, une valeur importante est la
vérité. En
effet, la vérité est à la fois un sujet de bonheur
pour certains (pour son intérêt intellectuel), et
elle peut se rendre à l'occasion extrêmement utile, car,
par la
distinction qu'elle permet entre l'utile et l'inutile, elle permet aux
personnes de bonnes volonté de choisir les actes
réellement utiles. Un
certain type d'exemple est ce qui concerne le jugement ou les conseils
qu'on peut adresser à autrui. Il est en effet déplaisant,
voire néfaste
à travers les actes qui en découlent, d'adresser à
autrui en toute
sincérité des jugements ou des conseils qui en
réalité reposent sur
l'erreur.
Valeurs spirituelles ou valeur de l'être humain
Toutes les âmes ont également du prix
pour Dieu, qui nous
aime tous également. En effet, non seulement il ne pourrait pas
en être
autrement puisque tous existent également, mais guère de
différence ne
saurait non plus être justifiée, puisque, très
souvent, chacun fait, en
gros et en
géneral, ce qu'il croit bon, de sorte que ses actes sont
déterminés par
ce qu'il croit, ce qu'il a la chance de croire et de comprendre,
autrement dit par les circonstances, ce qui peut amener à de
mauvais
actes, mais en soi on ne peut guère être mauvais. Il n'y a
donc pas de
"valeur spirituelle" qui place une âme moralement au-dessus d'une
autre, or, rappelons-le, les études des variations de fonctions
constantes sont sans objet. Il y a cependant un paramètre-but
qui peut être
important à
considérer concernant les soins à apporter à
autrui: tout
le monde n'a
pas la même sensibilité aux évènements. De
même que tout le monde n'a pas les mêmes
préférences, et n'évalue pas toutes les
circonstances comme ayant le
même poids de joie ou de souffrance dans leur vie, ainsi sur
chaque
question particulière (toutes les questions sont
particulières,
n'est-ce pas), il peut arriver qu'une même circonstance produise
une
joie ou une peine plus ou moins grave pour l'un que pour l'autre qui se
trouverait dedans. Bien
difficile de juger dans l'absolu le rapport de la sensibilité
globale
des uns par rapport à celle des autres, si ce n'est bien
sûr, laisser
s'exprimer les différences de valeurs entre les
différentes
circonstances du point de vue de chacun, en faisant fonctionner la loi
du marché permettant à chacun de préférer
ceci à cela.
A part cela, il y a des paramètres-causes qui peuvent varier
d'un
individu à l'autre, en particulier le paramètre
d'utilité, auquel peut
par exemple contribuer l'intelligence, à savoir que certains
parviennent à se rendre plus utiles que d'autres à
l'humanité. Ceci serait à distinguer de questions de
jugements du fond de l'âme, comme ce qui est souvent
invoqué sous forme de paramètres comme "bonne
volonté".
Certes, il serait du devoir de chacun de chercher à
améliorer ses propres
paramètres-causes de ce genre suivant ses possibilités,
mais un
jugement absolu du fond de l'âme sur la base de
paramètres définissables (quelle que soit d'ailleurs la
sorte de définition qu'on puisse tenter) n'aurait guère
de sens. Si on voulait voir
un sens à une évaluation de paramètres moraux plus
ou moins spirituels des âmes, cela pourrait
constituer plus ou moins un motif d'orgueil, où quelle que soit
son
interprétation ou la connotation qu'on veut leur donner, elle
aboutirait à arrêter notre
attention sur des questions
de jugements
de personnes ou autres problèmes du fond de l'âme et ainsi
nous détournerait de la vraie morale, comme expliqué plus
haut.
Y a-t-il des valeurs universelles ?
Oui, bien sûr. Et plus que cela, il y a des multitudes de valeurs
universelles, à profusion, bien plus que celles qu'un seul
humain pourra jamais porter. Tout comme les vérités
universelles, que découvre la science.
Une de ces valeurs, et non des moindres, est le respect et
l'éloge de l'infinie
diversité des possibilités de la vie, éloge de
l'innovation et de l'intelligence.
Or, une
bonne
valeur ou idée, nouvelle ou non, à portée
générale qui
mériterait qu'elle soit davantage mise
en pratique, ne devrait pas avoir besoin d'être en permanence
réexécutée par chacun,
parce que tout ce qui est répétitif est mieux
réalisé par les machines que par les hommes, une fois que
ceux-ci ont établi la règle qui devra être
exécutée par celles-là. Et en plus,
les machines peuvent le faire plus facilement et plus exactement, sans
prise de tête. Donc, nous devons comprendre que s'il est
évidemment bon de répandre autant que possibles les
meilleures idées, les meilleures production de l'esprit, les
plus hautes vertus à valeur universelle, il n'est pas
toujours approprié de tenter d'en encombrer l'esprit des gens,
misérables cousins des singes de toute manière incapables
d'en porter et d'en respecter une grande quantité. En effet, les
bonnes idées et les
bonnes vertus seraient bien trop nombreuses pour qu'un même
individu puisse jamais les apprendre toutes comme il conviendrait, si
on voulait qu'elles soient portées par les hommes.
Nous devons au contraire bien plus souvent, travailler à
répandre
ces plus hautes vérités et ces plus hautes vertus, non
principalement dans le
coeur des hommes mais bien plutôt celui des ordinateurs. Et ce,
pas même pour ménager à ceux-ci la moindre chance
d'une place
au paradis, mais bien uniquement pour les exploiter sans merci. En
effet, ceux-ci
n'étant pas faillibles comme peuvent
l'être les hommes, ont la faculté irremplaçable de
pouvoir accumuler les vertus et les condenser
quasi indéfiniment pour les pratiquer encore et toujours sans
jamais
se lasser. Ces plus hautes vertus à
répandre dans le coeur des ordinateurs, consisteront en le fait
qu'ils
auront été bien programmés pour accomplir les
meilleures actions: pour opérer les meilleures méthodes
intersubjectives entre les hommes de recherche de la
vérité et de la justice; pour les instruire chez eux au
besoin sans toujours nécessiter de professeurs à
portée de main; leur apporter la
prospérité et leur épargner les labeurs inutiles
par des méthodes de travail plus
efficaces; pour leur permettre de trouver plus directement quelles sont
les personnes de confiance pour faire telle ou telle affaire afin de ne
pas se faire arnaquer; qu'ils puissent opérer un maximum
d'actions à distance et
leur éviter les déplacements inutiles; pour procurer aux
hommes l'amour en abondance, au moyen de méthodes
optimisées d'appariement des annonces de rencontres amoureuses,
calculées en vue notamment d'éviter au mieux ces risques
d'horribles calvaire par célibat non choisi, qui
sévissent encore tant.
Il est clair en effet qu'il s'agit là de formes de vertu que
le coeur des hommes est incapable de porter. Par exemple, qui rencontre
un
célibataire désespéré, sans être la
personne qui convient, aura beau avoir toute la compassion du monde, ne
pourra en aucun cas lui être utile en lui épargnant de
tourner en rond dans la solitude ou de taper dans le vide
par des voyages ratant leur cible, sans chances
significatives de
bonne rencontre. Un couple déjà formé par hasard
serait incapable de
renoncer à s'unir pour que chacun des deux offre sa chance
à quelqu'un d'autre, qui autrement serait condamné au
calvaire du célibat. Par contre un ordinateur comportant toutes
les données de tous les profils, peut offrir à chacun
d'établir les contacts suivant un ordre de priorité qui
offre
globalement de meilleures chances à tous: chacun pourrait
explorer
directement ses chances de rencontres sans perdre de temps, et pourrait
être invité à rencontrer en priorité ceux ou
celles qui
étaient en danger de célibat bien que n'étant pas
pour autant
de mauvais partis, pour leur donner leur chance, avant de se rencontrer
entre personnes capables de se trouver facilement. Or, n'est-il pas
clair que cette véritable vertu d'être une telle source
d'amour envers l'humanité, vertu dont le manque est cause de
tant de souffrances, est une vertu que seuls les ordinateurs seraient
capables de pratiquer si on les en instruisait bien ?
La prétention d'humilité
Ainsi par exemple il est lamentable de
voir les chrétiens gaspiller les efforts de leur vie à
chercher à se
faire un orgueil d'être humbles, ce qui finalement ne peut que
les
enfermer dans des complexes inextricables, sauf bien sûr à
partir du
moment
où ils arrivent, avec leur succès habituel, à
suffisamment déraisonner pour ne
pas voir l'orgueil
démesuré qu'ils tirent de leur prétention
d'humilité.
Cette doctrine chrétienne, donc, ayant d'abord
dédaigné d'emblée toute question de circonstance
matérielle du bien et du mal rejetée comme "basse" et
répugnante à leur esprit comme étant une
manière injuste
et indigne de Dieu de juger les choses ou de laisser faire le bien ou
le mal, se place d'abord
dans la situation de vouloir forcément attribuer à tout
bien et tout mal une responsablité "spirituelle" donc
personnelle et liée au vice et la vertu. Elle a besoin, pour des
raisons qui lui sont propres, de présenter cette vertu humaine
que chacun doit pratiquer comme simple, facilement enseignable. Alors
ce choix trivial de réduire toute la question du bien et de la
morale de l'univers au seul critère trivial de la vertu
suprême d'humilité, à travers même son
caractère trivialement auto-contradictoire, est de fait
très habile pour se donner raison en toute circonstance,
demeurant irréfutable face à tout cas de figure qui se
présentera, et trouvera toujours une entourloupe pour se laver
les mains de ses plantages spectaculaires comme au procès
Galilée dont un des principaux motifs d'accusation était
de reprocher à celui-ci un orgueil démesuré
(à pretendre contredire les grandes autorités
spirituelles de son temps...). En voici le mécanisme:
Considérons un sujet ne portant aucun jugement sur
lui-même et s'en moquant éperdument, ou encore portant sur
lui-même un jugement médian. Le chrétien ne saura
pas
faire la différence mais interprètera automatiquement le
premier cas comme se ramenant au second, car étant
lui-même
totalement obnubilé par les questions de jugements de personnes
et de jugement de chacun sur lui-même, ne peut pas concevoir que
cette question puisse ne pas être le nombril de l'univers et que
d'autres personnes puissent ne pas être également
obsédées par leur propre jugement sur elles-mêmes.
Alors, si les oeuvres de ce sujet sont bonnes, sa valeur morale sera
jugée positive, et donc supérieure à son jugement
sur lui-même. Comme ainsi il porte un jugement sur lui-même
inférieur à sa valeur réelle, il sera
déclaré humble, et ses bonnes oeuvres seront donc mises
au crédit de son humilité.
Si ses oeuvres sont mauvaises, sa valeur morale sera jugée
négative, donc son jugement sur lui-même étant
supérieur à la réalité, il sera
déclaré orgueilleux, et ses mauvaises oeuvres seront
mises sur le compte de son orgueil.
Si quelqu'un s'efforce en secret à être humble,
personne ne le saura, et si ses oeuvres sont mauvaises on ne pourra pas
les mettre au compte de son humilité qu'on ne connaîtra
pas. S'il pratique la quête d'humilité en public, on
pourra voir cela comme une vaine prétention à se faire
passer pour humble, et donc une forme d'orgueil, et on mettra ses
mauvaises oeuvres sur le compte de l'orgueil. De toute façon,
pour pouvoir faire des mauvaises oeuvres, il faut avoir du pouvoir, et
le fait d'user d'un pouvoir est regardé comme une forme
d'orgueil, le chrétien voyant aussi comme vertu, variante de
l'humilité, la
passivité, le fait de ne rien faire, de se soumettre au destin,
de ne pas
perturber le cours des choses. Il est donc regardé comme
nécessairement faux de se prétendre humble en faisant de
mauvaises oeuvres.
Si quelqu'un fait d'excellentes oeuvres et affiche publiquement son
humilité, on le canonisera, mettant ses bonnes oeuvres sur le
compte de son humilité. S'il fait de bonnes oeuvres et n'affiche
pas de quête d'humilité, on verra ce non-affichage comme
une forme d'humilité.
Le seul cas restant qui pourrait échapper à cette
moulinette d'irréfutabilité, est celui de quelqu'un
faisant de bonnes oeuvres et ayant des opinions encore plus positives
sur lui-même, surtout si ces opinions se forment suivant un autre
critère que l'humilité.
Ce cas est particulierement improbable, puisque, comme
expliqué plus haut, le meilleur moyen de faire de bonnes oeuvres
passe par la compréhension du fait que le bien et le mal
ne viennent pas principalement de caractères humains mais de
choses, et
que les questions de jugements de personnes sont essentiellement des
vanités. Celui qui aurait attaché une grande importance
à une quelconque mesure de jugement du fond de l'âme, n'a
que peu de chances de faire des oeuvres bonnes et remarquables. CQFD
Voir autre remarque sur l'orgueil
La hiérarchie des mauvaises actions
Les maux premiers, fondamentaux, sont ceux qui ont pour effet de
porter concrètement préjudice à la vie des gens.
Les seconds maux dans l'ordre logique, à la qualification
indirecte liée à son influence sur les premiers, sont
ceux qui consistent en erreurs et
propagations d'erreurs, et ont pour effet d'influencer le comportement
des
gens d'une manière qui engendre les premiers maux.
Face à tout cela, la colère et les insultes ne sont pas
véritablement un mal, car le malaise psychologique qu'elles
causent directement est
bénin et passager. Si leur motif est justifié, à
savoir qu'elles dénoncent les maux ci-dessus, alors elles
peuvent être
justifiées elles aussi. Dans le cas contraire, il suffit de les
ignorer, de sorte que leur effet est nul. Certes un problème
fondamental est d'arriver à distinguer justement entre les deux
cas.
Mais entre celui qui répand calmement et poliment en donnant
l'impression de la sagesse une philosophie confortant des jugements
erronés et des comportements irresponsables, provoquant donc les
plus grands maux, et celui qui
dénonce et condamne justement le premier suivant une forme de
colère et
d'emportement, le comportement du second est de loin
préférable car salutaire. On peut penser ici par exemple
au cas de l'opposition
entre les "écologistes" et les militants anti-ours qui se
font souvent traiter
de délinquants par les premiers.
Malheureusement, ceux qui crient le plus fort ne sont pas toujours ceux
qui ont le plus raison; c'est même plus souvent l'inverse (sans
que ce soit une loi générale).
Ainsi avait écrit Bertrand Russel: "The whole problem with
the world is that fools and fanatics are
always so certain of themselves, but wiser people so full of doubts."
Mais rappelons encore que la certitude et la colère sont deux
choses différentes. Si le propre du sage est l'incertitude
tandis que le propre du fou est la certitude, que d'une part la
certitude sans colère donne une impression de sagesse et que
d'autre part la colère sans certitude donne une impression de
folie, alors la situation est grave.
Ceci dit, il n'y a pas non plus de lien nécessaire entre
certitude et erreur. Ce serait trop facile de trouver la
vérité si elle pouvait se reconnaître à un
si simple critère !
Le diagnostic du mal
L'origine des défauts de l'homme
Même réponse que pour les limites
de sa
rationalité, d'autant plus que nous venons de
préciser
que le mal
n'est finalement guère autre chose que l'expression d'un
défaut de rationalité.
Donc, l'homme est défectueux parce qu'il descend du singe. Le
singe est défectueux parce qu'il descend des espèces qui
l'ont précédées, et qui avaient d'autant plus ces
mêmes défauts.
Pour le contenu effectif du mal qui est en l'homme, voir cette liste d'exemples de persversité humaine
déjà évoquée plus haut.
Mon Dieu pourquoi ?
Une tendance religieuse consiste, soit à justifier le mal
comme étant une mise à l'épreuve porteuse de bien,
soit à en
accuser l'homme, afin de toute manière de lécher les
bottes de Dieu confondu avec le Destin.
Je pense plutôt que la meilleure réponse serait la
relativisation. Comme de demander: pourquoi y a-t-il un accident ici ?
Non, le but d'une route et d'une automobile n'est pas de faire un
accident; mais l'accident est l'exception par rapport à un bien
plus grand et plus général.
D'une part, relativisation de la vie terrestre par rapport au voyage de
l'âme dans l'au-delà, qui semble, d'après les
témoignages de NDE, beaucoup plus grand que la vie terrestre.
D'autre part, relativisation des troubles des siècles
présents et passés, par rapport à l'ensemble de
l'histoire de la vie terrestre.
Car l'histoire de l'homme est finalement bien petite au regard de
l'ensemble de la vie terrestre depuis ses origines. Si on se demande
"Mon Dieu pourquoi" au sujet de l'aventure humaine, il n'y a aucune
raison qu'on ne pose pas la même question sur l'histoire
passée de la vie. Si l'on estimait pour un quelconque motif que
l'homme aurait dû être exempt de
souffrance et de mal, la question de la souffrance et du mal
demeurerait entière au sujet de la souffrance et du mal
endurés par tous les animaux sauvages depuis l'origine de la
vie, et la question de ce qui arrive précisément
actuellement serait relativement insignifiante dans le cadre de
cette plus véritable perspective, au vu de la
durée relativement ridicule de l'histoire de l'humanité
passée
en comparaison de l'histoire de l'ensemble de la vie terrestre: mon
Dieu pourquoi toutes ces créatures ont-elles souffert,
alors qu'une résolution du problème était (ou non
?) possible
?
Face à cette question déjà plus importante, je
propose une relativisation de plus, à savoir celle par rapport
à l'avenir: l'histoire de la vie n'est pas terminée,
et son évolution a d'abord beaucoup stagné pendant
plusieurs milliards d'années avant de finalement connaître
un développement accéléré au cours des
dernières centaines de millions d'années. Les
vertébrés sont apparus il y a "seulement" 530 millions
d'années; il n'y a guère eu encore qu'une centaine de
milliards d'êtres humains ayant vécu jusqu'à
présent. Or, la Terre a encore quelque 5 milliards
d'années d'avenir devant elle. Calculons comme si
l'évolution devait s'arrêter à l'étape
humaine pendant 5 milliards d'années (ce qui est
évidemment faux, probablement viendront des espèces
encore plus intelligentes et importantes que l'homme), avec 2 milliards
d'hommes
présents sur Terre en moyenne et 100 ans d'espérance de
vie. Il resterait alors 100 millions de milliards de vies humaines
à venir, autrement dit un million de fois plus que celles ayant
eu lieu jusqu'à maintenant depuis l'apparition de l'homo
sapiens. La question devient donc:
pourquoi les êtres vivants, et en particulier l'homme et ce vers
quoi il évoluera, continueraient-ils à souffrir des
millions d'années de plus ?
Vu comment l'histoire de l'humanité vient déjà
d'être bouleversée en quelques siècles seulement et
comment l'homme y a déjà acquis une relative mais
néanmoins appréciable maîtrise de son propre
destin, il me semble absurde de considérer que la vie humaine
serait
soumise à un mauvais sort irrépressible de prolongation
des malheurs actuels dans la
perspective des milliers d'années à venir, encore moins
des millions d'années.
La seule question essentielle est donc celle que nous devons nous poser
à nous-mêmes: qu'allons-nous donc faire de l'avenir de la
vie et de l'humanité ?
Perfectibilité du monde, non-sens de la souffrance, et
responsabilite individuelle
Un aspect de la théologie chrétienne, même s'il
n'est pas partagé par
tous les chrétiens, est de considérer le monde comme en
quelque sorte
parfait, précisement que Dieu a fait toutes choses par amour,
pour le
mieux, même la souffrance; et que face à chaque
"épreuve" il serait de
notre devoir d'y voir un merveilleux dessein de Dieu caché. Le
plus
souvent, cela nous est inaccessible. Quel sens cela a-t-il de parler
suivant une foi intense en l'existence d'une explication d'amour sans
même se soucier de découvrir ce motif effectivement ? Ce
n'est guère
mieux que la démarche matérialiste qui consiste à
croire en l'existence
d'une supposée explication matérielle de la conscience
sans se soucier
du fait qu'on ne peut en rendre compte effectivement. Mais ce qu'il y a
de détestable dans cette foi, c'est qu'elle constitue (quelque
soient ses dénégations officielles) un reproche implicite
envers ceux qui sont
victimes de souffrances dont il n'y a visiblement pas de sens,
d'être
aveugles au motif d'amour de Dieu envers eux dans ces circonstances, ce
qui les fait souffrir deux fois. En effet, le problème est ici
qu'on
prétend obliger par principe automatique les victimes à
trouver une
"raison d'être" à leur propre souffrance, sans être
capable
de la voir nous-mêmes pour eux, ou encore à chercher leur
propre
responsabilité, et sans même
se soucier de vérifier par hasard si une telle
responsabilité existe
réellement; et si oui laquelle. Quel mal pourtant y aurait-il
à
reconnaitre les souffrances pour ce qu'elles sont, à savoir une
chose
éventuellement profondément cruelle, absurde et injuste ?
Le même réflexe
a aussi souvent
lieu en remplaçant Dieu par la société: on
prétend la société parfaite
ou que toute idée de sa remise en question serait vaine, et on
accuse
celui qui se plaint d'accuser la société en vain.
Les victimes de catastrophes naturelles
auxquelles nul ne peut rien ont droit à notre compassion, sans
avoir
besoin de trouver des coupables vis-à-vis desquels ils seraient
effectivement victimes. Pourquoi donc les
victimes d'une mauvaise chance (je pense bien sûr à mon
propre exemple:
n'avoir pas eu la chance de trouver conjointe), ainsi que les jeunes
intellectuels victimes d'internement et tortures mentales absurdes dans
les camps de concentration scolaires, dont la souffrance est
liée aux
circonstances sociales, n'auraient-ils pas droit à une
compassion
comparable ? Quel mal y a-t-il à reconnaître les
défauts absurdes et barbares de la société
? C'est comme s'il était acquis que de toute façon
personne n'y peut
rien, la société ne pourra jamais changer et que la seule
question
pertinente serait de comment s'y adapter. Or même si cette
inéluctabilité était vraie, cela ne
serait pas une justification de cette cruauté sociale, ni du
manque de compassion morale envers leurs victimes. Mais de plus cela
est faux, car la
société peut
changer. De même, on ne saurait dire que toutes choses ont
été créées
par Dieu à la perfection pour la vie la plus enrichissante, soit
pour
le bonheur, soit pour des mises à l'épreuves soit-disant
utiles
spirituellement. Car si toutes choses avaient été
parfaites, il n'y
aurait pas eu motif qu'elles changent en profondeur. Mais de fait, les
conditions de vie de l'humanité évoluent en permanence et
sont très
différentes aujourd'hui de ce qu'elles étaient il y a
des
siècles; or il
s'agit essentiellement des mêmes humains, et donc en principe,
les
mêmes besoins d'épreuves et de souffrances pour une
croissance
spirituelle optimum, si jamais cela était bon et qu'un optimum
existait. Mais des conditions de vie très différentes les
unes des
autres d'un lieu à l'autre et au cours des âges ne
sauraient être
toutes parfaites. C'est donc absurde: il y a bien dans le monde de
vilains défauts injustifiables auxquels il est de notre devoir
de
remédier,
comme il a déjà été remédié
récemment par rapport aux époques
précédentes (par exemple en médecine). Il est donc
du devoir de l'homme
d'observer encore les absurdités et souffrances injustes afin de
continuer à y remédier, même et surtout si cela
semble difficile à
imaginer. Mais le réflexe des gens à renvoyer les
victimes à leur
propre responsabilité (je parle du réflexe
systématique lorsqu'il
n'est pas
réellement justifié; il arrive qu'il le soit), s'explique
bien mieux, soit par la paresse intellectuelle générale
qui maintient l'homme dans une ignorance passive inébranlable
indépendamment de toute considération de toute
manière non-effectuée, soit par
la susceptibilité sociale des gens qui ne peuvent pas concevoir
l'idée
qu'ils pourraient peut-être mieux faire pour les autres et pour
changer la société et qu'ils
ont
peut-être de lourdes choses à leur passif sans le savoir
de ce côté;
ne supportent
pas non plus de savoir que d'autres ont moins de chance qu'eux, ni ne
supportent d'avoir à réfléchir à ce qu'ils
pourraient faire de mieux:
car pour eux il n'y a rien de plus désagréable dans la
vie que de
réfléchir (la paresse intellectuelle
générale est reine) et de découvrir leurs
responsabilités cachées envers les autres.
Sur la reconnaissance de la nature générale du
malheur et de ses causes, et sa gestion
pratique
Le mal en l'homme, ou plutôt sa maladresse ou son manque de
discernement comme nous venons de le préciser, n'est pas la
seule cause du mal. Il y a le mal naturel, le mal accidentel, le mal du
hasard, catastrophes naturelles, infirmités et
épidémies, ainsi que le mal politique qui, bien que
fait d'hommes, échappe en grande partie au
contrôle de la plupart des hommes, avec ce pouvoir qu'un
malencontreux mécanisme social laisse encore comme fatalement
tomber entre de
mauvaises mains, de sorte que jusqu'à une prochaine vraie remise
en question du système, ce mal ressemble beaucoup à celui
des catastrophes naturelles.
Alors, comment gérer en pratique au quotidien cette question
du
mal ?
Une réponse entièrement satisfaisante n'est pas
possible:
en effet nous savons que le malheur cruel, injuste, sadique et
dépourvu de tout fruit et de toute leçon morale ou
spirituelle constructive existe. Il serait mal de le nier, parce que le
nier serait une erreur, et que l'erreur est la principale cause du mal.
Or, l'esprit religieux est fortement tenté d'opérer une
telle négation: en effet, voulant croire que tout dans la vie
est l'oeuvre parfaite de Dieu, il lui est impossible d'admettre que
Dieu n'ait pas fait toutes choses parfaitement. Déclarer
l'existence du malheur absurde dans le monde, lui semblerait une injure
à Dieu. C'est pourquoi, l'esprit religieux, par
fidélité et corruption envers son Dieu Destin,
préfère nier d'emblée, sans examen, l'existence du
mal absurde qui se trouve dans le monde, ou encore, en accuser l'homme
d'une manière tellement globale et vague qu'elle est
complètement stérile en n'apportant aucun remède
à ce qu'on n'a pas pris la peine de diagnostiquer assez
précisément (critique non constructive, qui se
déresponsabilise en entreprenant de chanter ses bonnes
intentions sur tous les tons pour s'en croire soi-même
non-responsable, et ainsi comme accuser de tous les maux, par
élimination, les
autres qui ne les chantent pas aussi fort). Il considère cette
négation de la réalité comme un acte de louange
à Dieu qu'il a le devoir de respecter.
En réalité, de tels réflexes a priori religieux
sont destructeurs de notre mission même, qui est comme nous
venons de le dire, de veiller au sort de l'humanité à
venir. En effet, pour acquérir la compétence
nécessaire qui permettrait de guérir le malheur, et plus
précisément les formes du malheur qui seraient les plus
absurdes, les plus injustifiables et dépourvues de toute morale,
de tout sens et de tout fruit spirituel chez leurs victimes, il est
nécessaire de le regarder en face et de l'identifier, surtout
là où il est le plus cruel, injuste et dépourvu de
toute morale et de
tout
fruit spirituel, et d'analyser les mécanismes par lesquels il se
produit pour chercher à le déjouer par tout les moyens.
Autrement dit, il faut résister à cette
tentation actuellement répandue de [détourner notre
regard
ou fausser notre appréciation pour protéger notre
conscience et notre sentiment à l'égard de Dieu].
La croissance économique fait-elle
le bonheur ?
Bien sûr, c'est dans sa nature même d'accroître les
moyens
de
bonheur.
Mais
vous allez dire: les statistiques montrent que depuis un siècle
de
développement et croissance économique à tout
crin, l'homme n'est pas
plus heureux, il y a beaucoup de suicides etc.
Certes, l'homme n'est pas tellement plus heureux aujourd'hui
qu'autrefois. Pourquoi donc ? Eh bien, parce qu'il n'y a pas vraiment
eu de croissance économique non plus, pardi ! Je m'explique :
Pour préciser de quoi on parle, je définirais en gros la
croissance
économique comme croissance de la productivité du
travail, laquelle
normalement (pour un travail salarié de type standard
c'est-à-dire
d'activité honnête, de salaire conforme à
l'utilité à autrui suivant l'équilibre des
marchés ou autre mécanisme adéquat, et s'il n'y
avait pas d'impôt), se
définirait
comme la moyenne sur les travaux effectués, du rapport de la
valeur
réelle (pouvoir d'achat) du revenu du travail, au travail fourni
(temps-pénibilité)
(ne comptons donc pas ici la composante revenu du capital).
Bon, eh bien les calculs habituels de la croissance sont
complètement
faux: cette productivité n'a pas vraiment augmenté depuis
un siècle. En
effet ces calculs oublient systématiquement une composante
pourtant
prépondérante: la mesure de la productivité du
travail
d'apprentissage
en tant qu'élève puis étudiant.
Or,
la productivité de ce travail qui accapare la plus grande part
de tous
les efforts, de toute l'énergie mentale de toute la jeunesse de
la
population (la part la plus essentielle de la vie en fait), est
globalement descendu aux abîmes depuis un siècle: de plus
en plus
pénible et
inintéressant, prenant de plus en plus de temps, pour un
résultat de
plus en plus lamentable. Les causes de cette décroissance ?
L'absence
de toute liberté
économique digne de ce nom, bien
sûr. Ce
domaine
d'activité est depuis toujours totalement commandé par
une
Administration débile et totalitaire qui enferme toute la
jeunesse dans
ses camps de concentration, accaparant tout leur temps et toutes leurs
activités mentales au service de ses exercices stupides et
débilisants.
Comment voulez-vous espérer que les gens trouvent le bonheur et
l'épanouissement dans de telles conditions ? Pour pouvoir parler
de
croissance il serait d'abord nécessaire de mettre à bas
cette dictature et
d'instaurer les libertés: liberté d'innovation,
liberté de choix de
chacun, mécanismes de marché adéquats pour
garantir la
transparence,
l'honnêteté, la bonne orientation vers ce qui est utile
à chacun (intéressant et adéquat aux demandes du
marché du travail...) et les conditions nécessaires pour
rendre correctement le
bénéfice financier naturel capable d'inciter et donc de
permettre le
développement de méthodes d'apprentissage de meilleurs
rendements (sans préjuger de la nature des fruits
recherchés). Alors
enfin
les gens auront de meilleures chances d'être heureux !
Il y a encore un autre domaine qui n'a pas tellement connu la
croissance: ayant personnellement dû dépenser des milliers
d'heures à
courir le monde pour tenter de trouver enfin une petite amie, mais avec
un
résultat toujours désespérément nul, je ne
peux
admettre l'affirmation suivant
laquelle la société actuelle fournit les moyens d'un
travail productif.
Heureusement, les nouvelles technologies ouvrent déjà une
lueur
d'espoir de croissance en ce domaine avec le développement des
sites de rencontre. Hélas, ce
domaine est en grande partie monopolisé par les brigands qui
usent de tous
les
moyens pour faire des profits injustes, je veux dire par là que
dans ce
domaine, les rouages du marché avec son jeu de la concurrence
sont
encore dans un etat exécrable (mauvaise information sur les
conditions, pas de garanties d'honnêteté tant des
fournisseurs
que des
clients...) qui n'a pas encore conduit les acteurs dans la direction
d'une croissance économique optimale correctement
définie. On peut
aussi y ajouter le rappel du règlement de l'utilisation des
réseaux
internet universitaires qui interdit (bloque techniquement) l'usage des
sites de rencontre. Décidément (mais on le savait
déjà),
l'Administration est résolument hostile à toute forme de
productivité
du travail digne de ce nom...
Voir autres remarques : sur la
croissance - sur la décroissance
- sur la signification
profonde de la croissance
Les solutions
Changer la société ? idées introductives
Il y a 3 grandes manières d'agir sur le monde pour tenter de
l'améliorer: changer les structures générales de
la société - changer
l'homme - créer/modifier/supprimer des activités
spécifiques.
Comme nous sommes ici dans les généralités, nous
allons nous concentrer
sur les deux premières voies. La première concerne les
sciences
économiques et politiques, la constitution de l'Etat, et aussi
le
développement des technologies, de par son importance
considérable sur
le monde. La spiritualité
prétend que tout cela est
accessoire, et
qu'il faut se concentrer sur le deuxième volet, celui du
changement de
l'homme, parce que, d'après elle, les apports technologiques,
politiques et économiques ne résolvent pas le fond des
problèmes
puisque l'homme est toujours le même et le mal demeure (venant de
l'homme). Bon, mais je ne pense quand même pas que le
progrès
des
conditions de vie par rapport à il y a un siècle ou deux
où les
conditions de vie étaient misérables et où on
mourrait couramment de
faim et d'épidémies, soit quelque chose de
négligeable ou
d'inintéressant. S'il y a des gens qui ne s'y intéressent
pas, libre à
eux d'aller vivre en hermites dans la jungle ou les montagnes, loin des
technologies... en effet le but des
technologies, c'est de libérer l'homme, du moins partiellement,
des
contraintes matérielles, afin de pouvoir se consacrer à
tout ce qu'il
voudra à la place, par exemple aux recherches spirituelles, sans
être
sans cesse dérangé par ses besoins alimentaires ou son
travail
laborieux.
Ensuite, il y a un gros pseudo-argument souvent ressorti par la spiritualité pour rejeter
les tentatives d'améliorer la
société et ne
s'intéresser qu'à changer l'homme: c'est l'exemple du communisme,
dans lequel les hommes croyaient changer la société, et
ça a échoué, et
où on a dit que c'était la faute de l'homme qui
était mauvais et qui ne
savait pas mettre les systèmes idéaux en pratique.
Argument absurde: le
communisme n'était pas un projet de système politique,
encore moins idéal.
Pour parler de
système, il faudrait parler de logique et de science des
systèmes. Mais
le communisme ne cherchait nullement la logique ou la science, bien au
contraire il etait fondé sur le rejet de toute logique, de tout
système
et de toute science (les sciences économiques et le
système capitaliste
qu'il critiquait et dont il prétendait montrer les
irréductibles
contradictions) au profit d'un idéal humain et spirituel:
l'amour et la
fraternité entre les hommes. Mais la spiritualité
a l'art
de servir de
repoussoir à elle-même en faisant passer ses propres
échecs pour des
échecs de la science, afin de dire: il est impossible
d'améliorer
scientifiquement la société parce que le problème
est dans le coeur de
l'homme.
Changer la société ? le
principe économique
Le principe de
l'amélioration de la société consiste, en
résumé (nous n'allons pas ici
expliciter les procédures ce qui est un autre débat,
l'important est
que des solutions existent), à faire
en sorte que chacun soit toujours plus précisément
payé
de manière
conforme à son utilité à autrui, afin de convertir
toute acte utile à
autrui en acte utile à soi, et de même pour les actes
nuisibles. Le libre
marché dans les conditions de concurrence pure et parfaite est
un exemple
de cet optimum. D'autres sortes de situations peuvent nécessiter
de mettre
en place d'autres mécanismes pour encore se rapprocher d'un tel
optimum.
Pourquoi c'est un impératif moral
N'est-ce pas là une mauvaise société qui
décide de servir l'intérêt
personnel de celui qui nuit à autrui (en lui accordant l'argent,
ou en s'abstenant de lui reprendre éventuellement
multiplié ou avec
une grosse amende
si c'est fait en fraude) ?
Cela dérange-t-il la morale des gens spirituels, que de penser
que l'amélioration de la société par la protection
matérielle contre les risques d'abus, soit possible ?
En effet, cela poserait
un problème à la spiritualité:
ça la mettrait au
chômage, en rendant les
prédication de vertu moins urgentes (non qu'elles aient
été véritablement
efficaces, mais la possibilité de servir son propre
intérêt en nuisant à
autrui donnait jusque-là à la spiritualité
le
problème qui lui servait à
se proposer comme solution candidate). Rendre possible la
réalisation du
bien et l'empêchement du mal d'une manière qui ne
nécessite pas un changement du coeur
de l'homme, est-ce un mal ?
Que la volonté de Dieu soit faite sur la Terre comme au Ciel
Un élément fondamental de la croyance en Dieu (même
s'il n'est pas invariablement partagé) est l'affirmation que
Dieu rendra justice aux hommes dans le
ciel pour ce qu'il auront accompli sur la terre, les
récompensant pour le
bien accompli et les punissant pour le mal. Or, cela, n'est-il pas
finalement une croyance en un système monétaire
idéal (divin) enregistré dans le
ciel pour nos actions terrestres, sur le modèle du
système économique
parfait à construire que nous avons évoqué ? Eh
bien, qu'attendons-nous
pour imiter
sur la terre autant que possible la supposée justice divine ?
Pourquoi c'est possible
Comment cela, ne saurait-on pas comment reprendre l'argent de celui qui
a
nui à autrui ? A notre époque où nous sommes
irréversiblement passés à un
monde des technologies de l'information omniprésentes, allons
donc !!!! On
peut se demander: et le bien, comment sera-t-il fait malgré le
manque de motivation purement altruiste ? Eh bien d'abord, ce n'est pas
le système qui empêche les actes altruistes de se faire,
au contraire ils les facilitent en leur offrant les outils pour cela
(dons monétaires indépendants des opérations
matérielles, informations sur la confiance pour orienter les
dons, et autres outils); ensuite, c'est simple: les
services peuvent s'acheter, et s'il suffit que quelqu'un cherche et
fasse
le
bien d'autrui pour en recevoir le bénéfice en
échange, et c'est cela qui le motivera. Ca
vous parait utopique, irréalisable ? C'est pourtant sur ce
principe que
repose déjà le fonctionnement de l'économie (du
moins pour ce qui
fonctionne) !!! A savoir travailler (donc, servir autrui) pour en
recevoir
l'argent pour vivre...
Voir le schéma
de la solution que je propose.
Pourquoi même une société d'hommes moralement
parfaits ne pourrait pas
bien fonctionner autrement
Les altruistes cherchent à faire le bien, mais même celui
qui veut faire
le bien ne peut le faire, que si l'information lui indiquant ce qu'il
est
bien de faire, et quelle chose est plus utile à faire que telle
autre
chose, lui est donnée. Dans un monde de milliards d'individus,
il est
impossible à l'homme de tout savoir de ce qui se passe dans la
société
pour pouvoir ressentir spirituellement et sentimentalement
l'utilité à
autrui de ses actions, car cela est un calcul très complexe se
rapportant à un monde dont il ne peut humainement
connaître qu'une infime partie, alors que la question de
l'utilité de ses actes est en réalité
dépendante de tout. Il
est
indispensable que des mécanismes économiques soient en
place pour produire cette information, qui apparaîtra
à l'individu sous forme
d'un résultat numérique associé à tel ou
tel acte de sa part, seule chose humainement
compréhensible permettant à l'individu d'évaluer
et comparer
les utilités respectives de ses actions possibles. C'est ainsi
que,
parmi les différentes options d'efforts qu'il serait capable de
fournir et
entre lesquels le choix lui serait a priori indifférent
(également
pénibles entre eux pour lui) il pourra choisir l'option qui sera
la plus
utile à la société, sans avoir besoin de tout
comprendre
de pourquoi effectivement telle option est globalement plus utile
à la
société que telle autre.
Or,
ce système d'information n'est pas autre chose que le principe
du système économique et monétaire idéal
mentionné plus haut. Enfin, y a-t-il une
différence, entre le cas d'humains moralement purs et le cas
d'humains moralement impurs ? Eventuellement il y en aurait une, qui
est la prise
en compte
du risque de fraude dans la production des données de base de
cette
information. Mais je ne pense pas qu'il soit très facile de
frauder d'une
manière très intéressante pour le fraudeur,
puisque,
l'information principale que quelqu'un pourrait être
intéressé
à fausser pour son intérêt est une information sur
sa propre utilité
ou nuisance à autrui
(pour pouvoir accomplir un acte nuisible à autrui). Or, cela est
par définition une
information
définie par autrui (puisqu'elle est une information sur
l'intérêt
d'autrui). Il peut seulement prétendre être plus
dérangé par autrui qu'il
ne l'est en réalité, mais le plus souvent personne n'est
forcé de déranger
autrui, et des arrangements peuvent être trouvés pour
l'éviter; ou
prétendre moins profiter de quelque chose qu'il ne profite en
réalité,
mais s'il en profite c'est de toute manière parce que les autres
le
veulent bien et que donc cela ne les dérange pas vraiment (il y
aurait
là-dessus un argument à développer sur la question
paradoxale
de la nécessaire
conservation de la quantité de monnaie dans un groupe de
personnes ayant
des relations uniquement entre eux alors que formellement la somme sur
ses
membres de l'utilité du membre envers le reste du groupe, ne
serait pas
nulle)...
S'il y avait un autre type de fraude plus grave, nuisant plus
réellement à
autrui, comment cette fraude serait-elle durablement et sûrement
couverte ?
Autrement, il suffit que la découverte de la fraude
entraîne une sanction
suffisante pour être dissuasive: comme personne n'est
sensé avoir le droit
de mentir, ce ne serait pas un mal de sanctionner un mensonge plus
durement que ses dommages réels...
La vanité des solutions spirituelles
L'inutilité de l'exhortation au bien
Il y a beaucoup de gens qui prient Dieu de faire le bien. Il y a aussi
beaucoup de gens qui font des pétitions pour demander à
des chefs d'Etat, je pense surtout au cas de chefs d'Etat d'autres pays
que celui des signataires, de bien se comporter. De même les
appels religieux à la vertu.
Mais, quel est le sens de tout cela ?
En effet, de deux choses l'une:
Ou bien le destinataire de cette prière était
déjà bon, auquel cas il n'y a guère de sens de lui
demander de le devenir en insinuant qu'il ne l'était pas (ce
serait même plutôt désobligeant).
Ou bien il ne l'était pas, auquel cas je ne vois guère ce
qui dans la prière aurait une chance de l'amener à le
devenir: qui n'est pas bon n'écoute pas les prières, ne
s'y intéresse pas. Et
même si on les écoute, on ne peut guère se changer
sur commande.
La seule chose que je vois interessante et significative qui
ressemblerait à cela, est de
fournir des connaissances précises sur les problèmes en
cours et les choix effectifs qui seraient bien ou
mal, mais qui ne se devineraient pas. Ceci ne peut donc pas s'adresser
à un Dieu omniscient.
La perversité d'une économie qui serait basée
sur le don
Certains imaginent un monde idyllique comme consistant en la pratique
généralisée du don de tous à tous au lieu
d'une pratique de ventes.
Certes, une pratique de dons peut être utile dans certains cas,
soit comme aide aux gens victimes d'un mauvais coup du sort comme les
handicapés, soit pour payer ceux qui font un travail utile
à l'intérêt général ne pouvant
guère trouver salaire par les mécanismes de marché
usuels faute de bénéficiaires très bien
définis, comme par exemple la recherche fondamentale ou les
travaux publics; ou autres situations spécifiques dans lesquels
les mécanismes de marché présenteraient des
failles nécessitant des actes de redistributions
financières adéquates pour rétribuer plus
précisément chacun suivant l'utilité globale de
ses actes. Mais une pratique trop généralisée des
dons comme mode de fonctionnement normal d'une économie, surtout
entre gens aux niveaux de ressources comparables, s'avère
contre-productive. En effet, qu'est-ce qu'un service offert pourrait
procurer de plus qu'un service vendu ? Pourquoi s'inquiéter des
flux monétaires si les actes réels sous-tendus sont aussi
bons ? Si la qualité est en jeu, il doit être possible de
la mesurer et d'orienter les acheteurs vers les vendeurs qui font de la
qualité. Pour le reste, ce qu'un don peut apporter de plus
qu'une vente, c'est le cas de figure où ce qui est donné
n'aurait pas été vendu. Mais pourquoi n'aurait-il pas
été vendu ? Parce que le prix demandé par le
vendeur suivant la peine fournie telle qu'il l'évalue, aurait
été de trop pour l'acheteur. Autrement dit, parce que ce
serait trop de peine humainement fournie par rapport à
l'utilité du service rendu. Ainsi donc, la principale chose que
l'économie du don généralisé peut apporter
de plus par rapport à une économie essentiellement
marchande (plus précisément une économie avec une
monnaie qui viserait à satisfaire les conditions plus haut),
c'est le maintien de structures économiques néfastes
à l'intérêt général.
On pourrait aussi rendre compte de la différence fondamentale
entre d'une part une économie de don, d'autre part une
économie marchande (ou plus précisément une
économie conforme aux conditions ci-dessus), de la
manière suivante:
- Dans une économie de dons, chacun est poussé par sa
propre conscience et dans les limites du dévouement et de la
compréhension dont celle-ci est capable, à satisfaire
cette conscience sous forme de la conception qu'il se fait
lui-même de l'intérêt des gens qu'il a l'occasion de
connaître et auxquels il doit pour cela avoir plus ou moins
d'attachement, sous une perspective donc fatalement subjective et
limitée en fin de compte.
- Dans une économie marchande, chacun est obligé par
les structures générales de la société
à respecter (donc servir s'il veut en recevoir récompense
quitte à redonner celle-ci aux oeuvres qu'il voudra) le bilan de
l'intérêt des autres (non seulement ses proches mais
l'humanité entière) défini par la somme des
conceptions que
chacun d'eux se fait de ses propres intérêts, et ce,
à l'aide de la seule perception sous forme chiffrée de ce
bilan sans nécessiter pour cela de comprendre personnellement le
pourquoi et le comment de ses innombrables constituants.
Ainsi, la seule forme d'altruisme qu'une économie de dons a de
plus qu'une économie marchande, consiste en un altruisme virtuel
égoïstement enfermé dans la conscience de l'individu
qui se mêle des intérêts d'autrui qui ne le
regardent pas, prétendant s'en accaparer le mérite et les
jugeant forcément de travers par ses propres goûts et
couleurs non conformes à ceux des véritables
intéressés; sans aucun bénéfice pour
ceux-ci (car faut-il encore rappeler que tout ce qu'il y a d'altruisme
utile à autrui dans une économie de dons, peut au moins
aussi bien se mettre en oeuvre dans une économie marchande
à travers les dons monétaires et les achats, et donc ne
saurait être considéré comme manquant
à l'économie marchande en tant que système par
rapport à un système d'économie de dons, toute
conscience individuelle étant égale par ailleurs).
L'égoïsme ne veut pas le mal
Mais quel problème est donc dans le coeur de l'homme ? Qu'il
cherche ses
intérêts aux dépends d'autrui ? Mais que
cherche-t-il vraiment: son propre
intérêt, ou bien la nuisance à autrui ? Si le
problème du coeur de l'homme
était qu'il cherche la nuisance à autrui pour
elle-même, alors on pourrait
effectivement dire qu'il y a un problème dans le coeur de
l'homme. Mais en
général l'homme égoïste ne cherche pas la
nuisance
à autrui pour elle-même
(sauf les mauvais camarades dans les cours de
récréation des écoles de la République
fraternellement égalitaire et indivisible),
mais il cherche seulement son propre intérêt. Quel mal y
a-t-il à cela ?
C'est qu'il est prêt, à l'occasion, à servir son
propre intéret par des
moyens qui éventuellement peuvent nuire à autrui. Alors
on peut envisager
deux types d'environnements dans lesquels il pourrait évoluer:
un
environnement lui permettant de s'enrichir en nuisant à autrui,
et un
environnement ne le lui permettant pas (lui faisant payer
financièrement le coût de toute nuisance à autrui).
Oui mais de toute façon, le
premier type d'environnement ne le permet pas facilement, car il y est
en
compétition avec d'autres égoïstes, dans une
société dont le
fonctionnement étant sous-optimal n'a de toute manière
pas autant de
richesses à offrir que le second. Pour qu'il puisse en tirer
avantage, il
doit déployer une stratégie, une intelligence
supérieure à la moyenne.
Seulement à cette condition cela peut l'intéresser. Mais
alors, il sera
encore plus interessé d'évoluer dans le second type
d'environnement, car
cette même capacité de stratégie et d'intelligence
peut aussi bien être
utilisée dans l'objectif de se rendre le plus possible utile
à autrui afin
de tirer de cet acte son bénéfice financier.
Est-ce donc en définitive précisément la spiritualité qui est
la chose maléfique et pécheresse
en ce monde ?
La spiritualité
prétend que le mal vient du
péché de l'homme, consistant
dans le fait que l'homme choisit le mal, qu'il est responsable du mal;
et
que le seul moyen de guérir le mal c'est de changer l'homme qui
est le
siège de la morale et donc, d'après elle, du bien et du
mal. Or,
nous
venons de démontrer que l'égoïsme de l'homme n'est
pas
vraiment, ou pas
principalement, une source de mal, et n'est pas même en
définitive une volonté de
faire
le mal; mais que le mal vient principalement d'un dysfonctionnement
économique, lequel détourne de l'optimum d'utilité
sociale à la fois les actes des égoïstes que ceux
des
vertueux (même si pas toujours suivant la même ampleur) en
ne leur présentant pas à chacun l'information du bilan
exact en mesure monétaire des conséquences de leurs
possibles actes pour éclairer leurs choix. Et
donc, ainsi indirectement, il vient en définitive d'un refus ou
d'une
négligence de la part
des
hommes, d'accomplir les corrections du système économique
qui seraient nécessaires (si elles sont possibles) pour
approcher son fonctionnement de l'idéal théorique source
d'optimisation de la production que nous avons
mentionné, et dans lequel enfin la question de la vertu ou de
l'égoïsme du coeur de l'homme ne porterait plus que
très peu
à conséquence sur le bien-être social (puisque tous
serait amenés aux choix socialement optimaux quels que soient
leur niveau de morale intérieure). Du moins plus
précisément, la question du vice ou de la vertu des uns
ne porterait plus à conséquence sur le bien-être
des autres (hormis dans le fait que les gens malhonnêtes ne
pourraient plus travailler à des positions de
responsabilité dont ils risqueraient d'abuser de manière
indétectable). Un tel travail de construction d'un monde
meilleur devant plus naturellement être du devoir des hommes de
bonnes volonté, seuls naturellement disposés à
cela, l'ultime mal réside dans tout ce qui les distrait d'une
telle mission. En l'occurence, une des principales sources de cette
négligence est l'oeuvre de la
spiritualité, qui enseigne aux hommes à concentrer leurs
efforts sur les vertus du coeur de l'homme et oublie,
considère
négligeable, la dimension économique,
trop matérielle et "prise de tête" et donc pas assez
spirituelle à son
goût.
Ainsi lorsque l'égoïsme produit le mal, ce ne sont pas les
égoïstes
qui veulent ce mal. Par contre, les gens spirituels
qui proclament
doctrinalement comme verité universelle et trouvent
spirituellement normale et juste la
situation économique dans laquelle de chaque pulsion
égoïste (plus ou
moins inévitable quoi qu'on en dise) il résultera un mal
à autrui,
ce
sont
finalement précisément ces gens-là qui
réellement, pratiquement, veulent
pour lui-même le mal ainsi produit: ils veulent, par leurs appels
à concentrer toutes les bonnes volontés humaines sur des
questions futiles, conserver les
conditions politiques (et à travers les conditions, leurs
effets) sous lesquelles
chaque pulsion égoïste produira un mal, mais aussi du
même coup sous
lesquelles, quoi qu'ils disent, chaque pulsion altruiste produira aussi
un mal, sans parler bien sûr du mal par omission qui
résultera aussi nécessairement du zen annihilateur de
toute pulsion et de toute
entreprise moindrement élaborée qui aurait pu être
utile aux autres, zen également
spécialité de certains d'entre eux.
La plus grande source de péché en tant que volonté
d'engendrer le mal, est donc bien,
après analyse, la spiritualité elle-même
conformément à ses propres définitions.
Il ne saurait y avoir d'altruisme spirituel
pur et cohérent
dans les
religions
Chose curieuse: en même temps, les religions chantent la gloire
de
l'altruisme de celui qui veut faire le bien comme un don gratuit
à sens
unique sans rien attendre en retour, et ils proclament haut et fort que
Dieu récompensera dans le ciel ceux qui développent une
telle vertu. Problème: comment diable peut-on prétendre
cultiver le désintéressement total de façon
désintéressée, alors même qu'on est
fermement convaincu qu'on sera récompensés
précisément pour cela ? N'est-on pas fatalement, dans
cette démarche de recherche de la vertu, tentés
d'être motivés par la récompense que l'on croit y
être associée ? Comment peut-on encore prétendre
dans de telles conditions que cette démarche demeure totalement
désintéressée ? A ce compte-là, seuls les
athées seraient en mesure de développer les vertus
requises.
Quant à moi qui d'une part crois en la vie après la mort,
en une forme de justice céleste et en la nécessité
de chercher
à faire le bien à autrui ici-bas; d'autre part qui ai
conscience de la
nécessité de tenir sur toute chose une position
rationnellement claire et cohérente et que cela ne saurait
être en aucun cas reprochable en soi, voici ma position: ayant
conscience de mon devoir, et du fait que je dois de toute
manière l'accomplir pour en être récompensé
là-haut; ayant clairement
conscience qu'étant donnée cette perspective,
l'accomplissement de mon devoir ne saurait être de
toute manière autre chose en définitive qu'une
démarche égoïste
(même s'il s'agit au fond d'une conception étendue de
l'égo
qui englobe la somme de tous les égos de tous les individus en
ce grand Ego Universel qu'est Dieu que je rejoindrai dans
l'au-delà,
bénéficiant ainsi égoïstement alors, du point
de vue d'autrui, du bien que je leur fais aujourd'hui sans encore en
percevoir concrètement le bénéfice), je n'en
développerai aucun complexe pour autant, mais demeure
ouvertement convaincu que Dieu me récompensera de toute
manière pour cette démarche égoïste qui est
la mienne, du moment qu'elle consiste sur le plan des actes pratiques
bassement matériels, à me rendre
utile à autrui.
De toute façon, pourquoi devrait-on être plus royaliste
que le roi ? Dieu lui-même, alors même qu'il bénit
Ses créatures et leur offre Ses bénédictions
infinies,
n'obéit-il pas en cela à une démarche
égoïste, dans la mesure où Ses créatures ne
sont en fait que des parties de Lui-même et qu'Il est directement
affecté par ce qui leur advient, comme advenant à
Lui-même ? Ainsi, les grâces infinies qu'il accorde
à Ses créatures ne sont finalement que des grâces
qu'Il accorde à Lui-même, de sorte qu'il serait impropre
de Le qualifier d'altruiste pour ce fait.
Au nom de quoi devrait-on donc exiger de l'homme qu'il s'exerce
à de plus "grandes vertus" que celles de Dieu Lui-même ?
Sur les moyens de changer l'homme
Il reste une revendication de la spiritualité:
que, même
s'il est
possible de faire le bien sans être bon, le problème
fondamental (non
pas pour faire le bien, mais en lui-même) est que l'homme est
mauvais
et doit travailler à s'améliorer.
Bon, déjà, dans un système économique qui
ne permet pas de s'enrichir
en nuisant à autrui mais seulement en aidant autrui, qui
récompense les bonnes actions et pénalise les mauvaises,
il est un
peu plus difficile de pratiquer le vice et plus facile de pratiquer la
vertu
au sens de
s'enquérir concrètement du bien d'autrui (puisque
l'exercice permanent du
service à autrui est facilité et encouragé par des
moyens pratiques et
financiers). Mais on peut imaginer que ce ne serait là qu'un
changement superficiel, qui ne change pas le coeur de l'homme, lequel
reste mauvais.
Alors, comment faire pour améliorer le coeur de l'homme ?
Les religions et spiritualités
se proposent en réponses,
prétendant que
la science est impuissante face à ce problème. Je n'en
suis pas
convaincu. Voici en effet un
exemple d'article parmi tant d'autres
qui aborde la méthode scientifique d'amélioration de
l'homme, laquelle
peut s'appliquer de la même manière à la plupart
des
qualités ou vertus humaines
qu'on voudra promouvoir. En l'occurence, je vois cinq grandes
catégories de
qualités qui peuvent être ainsi promues par une telle
procédure scientifique d'évolution
génétique assistée de l'espèce humaine:
santé,
beauté, intelligence,
joie, moralité. (Certains parents s'intéressent à
l'athlétisme, ce qu'on peut voir aussi comme un aspect de la
santé...). (Plus d'info dans quelques articles: Eugenics - Inné
ou acquis - Psychologie évolutionniste - Héritabilité du QI - Génétique comportementale - Génétique et agressivité - Race et crime - Race et
athlétisme - Race et
intelligence - un
article sur le même sujet)
L'avantage manifeste que je vois à ce
moyen est qu'il n'exige ni la lourdeur d'un quelconque encadrement
éducatif avec toutes les peines et les risques de dérives
associées, ni le genre d'endoctrinement artificiel (même
si
généralement cet endoctrinement ne s'avoue pas comme
tel) proposé par un quelconque courant "spirituel",
accompagné de l'inculquement d'erreurs diverses, aux
effets aléatoires et parfois pervers. Or, présenter une
telle démarche comme indispensable à cet objectif, serait
de toute manière
méprisant et élitiste puisque ne s'adressant qu'à
ceux qui prennent la peine de s'y instruire en ayant le temps pour cela
et se trouvant dans la circonstance d'y croire (ou pouvant y
croire), circonstance injustement regardée (ou ne serait-ce
qu'implicitement comprise d'une manière ou d'une autre, comme
conséquence logique inévitable sur le fond même si
cette déduction n'est pas explicite) comme marque de
supériorité spirituelle sur ceux qui n'y croient pas.
Eh quoi, les vertus humaines ne seraient pas d'origine
génétique ? Certes les gènes ne "produisent" pas
l'intelligence ni la
vertu en un sens direct et strictement matériel (puisque
l'esprit habite
la matière sans se réduire à elle), cependant ils
fournissent des
conditions neurologiques qui la favorisent ou l'entravent. Peu importe
que les
mécanismes bio-psychologiques intermédiaires de cette
relation de cause à effet nous échappent, l'important est
qu'ils existent. En effet, par
exemple, si les chats sont plus calmes et doux moralement que les
chiens, si les grands chiens sont moins risqués à
apprivoiser que les lions et si les chiens de certaines races sont plus
méchants
que
ceux d'autres races, ce n'est clairement pas (du moins pas seulement)
pour des raisons d'éducation,
ni
encore moins pour des raisons religieuses, mais bien pour des raisons
génétiques. Il n'y a pas de raison qu'il n'en aille pas
de même pour
l'homme. Or, les efforts d'amélioration du patrimoine
génétique de l'homme sont
cumulatifs: tout acte en ce sens a ses effets persistants en
espérance
(=en moyenne de probabilité) dans toutes les
générations à venir,
autrement dit il s'agit véritablement d'un progrès.
Ainsi, réitérer ce
travail pendant 100 générations a un effet persistant sur
l'espèce
humaine (toutes les générations à venir sans
limite de temps), 100 fois
plus grand que s'il n'a été effectué que sur la
première génération.
Ainsi, même si le progrès de cet acte est relativement
faible sur une
génération, son bénéfice est
multiplié par le nombre illimité de
générations futures.
On pourrait donc ainsi qualifier le bénéfice de chaque
action en ce sens, d'éternel.
Les oeuvres spirituelles, au contraire, sont contingentes,
évanescentes, artificielles (inculquées de
l'extérieur) et d'effet
limité dans le temps. Un progrès moral par des moyens
spirituels ne
peut subister à la génération suivante qu'à
la condition expresse que
la leçon soit enseignée à nouveau, ce qui
nécessite un certain labeur, et de même
indéfiniment répétée à
chaque génération. Or, il n'y a aucune garantie qu'elle
le soit, et de
fait la religion étant abandonnée (ses vertus
n'étant pas
vraiment
bonnes...), les leçons de morale, bonnes ou mauvaises, qu'elle a
inculquées, se perdent et s'oublient au profit de toute
nouveauté qui
s'imposera. A cela, aucun remède: l'homme étant ce qu'il
est, sa nature
reprendra le dessus tôt ou tard, et ce qu'on veut lui inculquer
par
l'éducation pourra toujours être oublié,
transformé, remplacé par autre
chose, mieux ou pire, suivant ce qu'on trouvera comme nouvelles
idées,
et les leçons de morale d'antan ne seront plus qu'histoire
ancienne. La
seule chose qui restera des oeuvres de l'homme ancien et qui affectera
durablement et significativement le caractère de l'homme
à venir,
c'est son patrimoine génétique, qui constitue le
paramètre qui joue en pratique le
rôle de nature profonde de l'homme (de par sa relative constance
et
le fait qu'il soit donné naturellement à chaque
génération sans y
retravailler). Or, quelles furent les oeuvres de la religion en ce
domaine ? (D'ailleurs son programme de changement de l'homme n'ayant
guère changé depuis deux millénaires,
révélation divine indépassable
oblige, est en passe de devenir bien obsolète... ) La religion a
oeuvré à faire évoluer l'homme vers le mal,
à le
rendre de plus en plus
mauvais en lui-même. En effet, elle commande aux hommes et femmes
de grande
vertu de se faire prêtres, moines ou nonnes afin de faire
disparaitre
les gènes de la vertu. Elle veut ordonner aux femmes
violées de ne pas
avorter, afin de répandre les gènes du comportement
violeur. Elle veut
ordonner aux jeunes vertueux de s'abstenir de relations dans leur
jeunesse, afin de réserver aux vicieux le monopole de la
procréation
précoce et aussi la priorité de la quête des
meilleurs partenaires, et
de
faire
ainsi porter aux vertueux le risque du célibat non choisi et
donc de
faire perdre leurs gènes. Elle promeut la fidélité
comme vertu indépassable pour empêcher chacun de
réattribuer les chances de transmission des gènes
à qui lui paraîtra finalement meilleur que ceux qu'un
premier hasard (aggravé par le fait d'avoir ainsi laissé
aux plus vicieux le monopole de la poursuite des meilleurs partenaires)
aurait désignés. Mais ce ne sont peut-être
là que des dommages collatéraux ?
Euh, quelle surprise ai-je eu de voir un
article d'un site catholique qui pour racheter son Eglise (?)
prône l'eugénisme
! mais un eugénisme encore bien plus violent que celui que je
trouve
pertinent: je ne défends que l'idée de
sélectionner les donneurs
de
gamètes dans la pratique très minoritaire de la
procréation artificielle lorsqu'elle est demandée, dont
dans une mesure qui peut facilement advienir de soi-même
dans un monde
libéral, et a un impact
lent de long terme sans déranger la majorité des gens;
lui, qui exclut
comme tout bon
catholique toute idée de procréation artificielle,
parlent de
faire la
morale aux gens (ben oui c'est ça le catholicisme: n'envisager
le bien
que par la voie de l'autoflagellation, du devoir moral de se sacrifier
la vie) pour les obliger à avoir, soit beaucoup d'enfants soit
aucun en
fonctions de leurs qualités !!!!! aïe aïe aïe ...
Principales causes du bien et du mal
- Cause principale du mal: il n'y a rien de plus égoïste,
cruel
et machiavelique que l'Amour.
Surtout l'Amour Vrai et Spirituel (texte en projet qui
développera ce point), qui cherchant sa vertu et ses
responsabilités dans le nombril de son âme en s'aveuglant
sur les
relations de cause à effet qui résident dans le monde
extérieur et dont
dépend la réalisation effective du bien et du mal, est
prêt à
laisser périr le monde extérieur pour sauver sa
pureté
intérieure, et
saura toujours justifier ses actions désastreuses par son
ignorance,
son impuissance et ses bonnes intentions.
- Cause principale du bien: il n'y a rien de plus
généreux, altruiste
et efficace pour répandre le bien dans le monde que la Science,
à
condition bien sûr de la développer correctement dans les
bonnes
directions dont il y a besoin.
Autres
réponses à des grandes questions
Sommaire