Fondements des mathématiques
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Début de livre, chapitres de logique
Simplification du
calcul propositionnel
Un paradoxe de
la théorie des ensembles
Début de livre, chapitres de logique
J'ai entrepris depuis septembre 2000 d'écrire un "livre" qui
regroupera la plupart de mes idées
sur les mathématiques. Je ne sais si je publierai un jour cela
en tant que livre, actuellement c'est encore loin d'être fini,
mais il y a déjà un début intéressant et
c'est téléchargeable ici.
Objectif: refonder les mathématiques depuis leur début.
Un peu comme Bourbaki...
Au lieu de détailler un grand nombre de sujets d'une
diversité comparable à celle de Bourbaki, il s'agira de
se
concentrer
sur les bases, les notions fondamentales et générales.
Caractéristiques de cette approche:
- C'est parfaitement rigoureux, tout ce qui est démontrable
est démontré
depuis le début. Bourbaki avait cet objectif, sauf qu'ici
d'autres objectifs s'y
ajoutent, qui pourraient a priori sembler contradictoires entre eux et
avec celui-ci, mais il s'avère qu'il est parfaitement possible
de tous les satisfaire en même temps :
- Mener des approches originales de la plupart des sujets: la
plupart des notions étaient déjà essentiellement
connues par-ci, par-là, mais bon nombre d'entre elles n'avaient,
à ma connaissance, pas été
présentées et reliées de la manière ici
proposée. Seul le texte 2 rejoint en grande partie la tradition
(plus ou moins un début de cours de théorie des ensembles
de
première année universitaire); les
suivants en demeureront éloignés.
- L'accent est mis sur l'intuition, les
explications "philosophiques" et la signification profonde des choses,
du monde mathématique, sans être ralenti par des
développements fastidieux de
règles formelles et rébarbatives c'est-à-dire qui
seraient longues manquant d'intérêts dans leurs
détails. Non que cela manque non plus de rigueur ou de
formalisme, au contraire, mais c'est précisément le
formalisme employé qui produit et concentre la signification.
- Les outils développés sont très puissants
et
généraux.
- Très rares sont les démonstrations faisant plus
d'une demie-page, et la plupart ne font au plus que quelques lignes;
tous
les choix sont faits avec le plus grand soin pour un cheminement le
plus court et élégant possible, sans rien de fastidieux.
Annonce:
J'aimerais bien continuer la
mise au point et la rédaction mais cela fait beaucoup, d'autant plus en y ajoutant d'autres sujets plus philosophiques, et la traduction en anglais. Chaque chose que je souhaiterais fair m'est possible (sauf la programmation) mais non toutes; Quelqu'un
pourrait-il m'aider à cela ? En échange je pourrais
offrir des
cours particuliers de maths ou de physique tout niveau (dont
calcul
tensoriel et relativité générale). Merci beaucoup.
(me contacter: trustforum at gmail.com)
Notes:
- Conventions parfois personnelles:
dans ces textes, sur des sujets parfois hélas fort
méconnus, j'ai été parfois amené à
développer des conventions (notations, terminologie) de
manière indépendante. Récemment j'ai corrigé "espèce" en "sorte" pour me conformer aux usages. Aussi, j'ai commencé à remplacer le mot "application" par "fonction" dans les textes 1 et 2, pour désigner la même chose, et afin de mieux ressembler à l'usage anglophone "function", et pour sonner mieux en français même si c'est moins conventionnel (je n'ai pas besoin d'un ensemble de départ distinct d'un ensemble de définition).
N'hésitez pas à me
signaler vos idées d'améliorations et/ou signalement
d'éventuelles conventions utilisées par d'autres auteurs
qui vous sembleraient adéquates, pour d'autres notions que celles que je viens de mentionner.
- Problèmes de conversion en
html : la conversion est faite avec TtH. C'est assez
pénible d'adapter
les sources tex pour être opérés ainsi, et le
résultat n'est pas
parfait... dommage qu'il n'y ait pas mieux pour convertir du tex en
html sans mettre les formules en images (en effet je préfère faire du html pur que de convertir les formules en images). De toute façon, il n'y a actuellement en html que l'ancienne version obsolète des premiers textes, déconseillée.
- Une grande rénovation des textes 1 et 2 est désormais achevée; il reste à mettre au point un texte 1bis de commentaires philosophiques, destiné à mettre en perspective les notions du texte 1, et qui peut être laissé de côté dans un premier temps. Mais tout le reste s'enchaîne logiquement de manière très serré, et nécessite généralement d'être lu attentivement dans l'ordre sans omission. En attendant vous pouvez lire d'autres parties de mon site: la relativité restreinte avec initiation à des notions de physique fondamentale, ou mes textes philosophiques que j'estime aussi très intéressants, une sorte d'application de la pensée logique au monde où nous vivons...
Voici d'abord le sommaire avec liens vers le contenu.
Plus bas figurent des commentaires : explication du plan,
originalité de l'approche et motivations.
1. Théorie des
ensembles : 19 pages pdf.
1.1.
Qu'est-ce que la logique
mathématique
1.2. A propos de théorie des ensembles
1.3. Notions de théorie des ensembles: variables, ensembles, applications et opérations
1.4. Objets, méta-objets, théorie du modèle
1.5. Opérateurs et prédicats
1.6. Termes et énoncés sans variable liée
1.7. Structures définies, classes, structures partielles
1.8. Variables liées en théorie des ensembles
1.9. Quantificateurs
1.10. Axiomes fondateurs de la théorie des ensembles
Partie 1 bis: commentaires philosophiques (extraite de l'ancienne partie 1, encore à l'état de brouillon).
2. Premiers développements: 16 pages pdf.
2.1. Quelques propriétés
des quantificateurs
2.2. n-uplets, familles
2.3. Autres operateurs entre ensembles
2.4. L'axiome des parties
2.5. Injections, surjections, bijections canoniques
2.6. Autres propriétés des fonctions
2.7. Quelques propriétés des relations binaires sur un ensemble
2.8. Etude des relations d'équivalence
2.9. Axiome du choix
3. Correspondances de Galois (18 pages pdf) (il n'est pas question ici d'équations algébriques, mais seulement de correspondances entre ensembles ordonnés, conformément à la définition donnée dans wikipedia)
3.1. Notions sur les ensembles
ordonnés, correspondances de
Galois
3.2. Correspondances de Galois croissantes
3.3. Bornes supérieures et inférieures
3.4. Treillis complet
3.5. Théorème du point fixe
3.6. Préordre engendré
par une relation
3.7. Ensembles finis
3.8. Relation d'équivalence
engendrée, et autres
3.9. Relations
bien-fondées
4. Langages
et
théories (25 pages pdf)
4.1.
Les espèces
4.2. Langages
4.3. Structures relationnelles et morphismes
La suite n'est pas encore au point (il reste à faire insertions,
réordonnements, corrections - la notation OL a
été changée en OmégaL):
4.4.
Théories relationnelles
algébriques
4.5. Magmas
4.6. Algèbres
4.7. Condensation
4.8. Théories
algébriques
4.9. Propriétés
diverses
4.10. Ecritures et termes
4.11. Formules de la
théorie des modèles
4.12. Vérités,
démonstrations et contradictions
4.13. La dynamique des
théories
4.14. Définitions
4.15. La dynamique des
modèles
4.16. Invariants
4.17. Constructions
5. Brouillon de la suite
(extraits d'anciennes
versions, n'ayant pas eu leur place dans les textes 1 à 4,
vaguement réordonnés et
non encore retravaillées)
Autres propriétés
des ensembles finis
Cardinaux et axiomes supplémentaires
Ce que le schéma de remplacement signifie vraiment
Algèbres universelles
Puissance et logique d'ordre
supérieur
Axiome du choix de la logique d'ordre supérieur
Théorème d'incomplétude
Bilan et perspectives
Simulations de dynamiques externes
Plan prévu pour
après modifications futures :
5. Retour sur la théorie des ensembles: axiomes et cardinaux
On introduira notamment une axiomatisation de la
théorie des ensembles comme présentée dans les
numéros précédents, on discutera aussi de l'axiome
de fondation et d'axiomes plus faibles que le schéma de
remplacement.
6. Algèbre
abordée sous l'angle de la théorie des algèbres
universelles
Notions de catégories,
monoïdes...
7. Calcul tensoriel
Espaces vectoriels en dualité.
La stratégie de définition du sens des expressions
tensorielles sera la suivante:
1) Cas des arbres
2) Cas où il y a plusieurs composantes connexes qui sont des
arbres, à l'aide de la multiplication
3) Autres cas, à l'aide de décompositions en sommes sur
des coupures qui ramènent aux cas précédents.
...
Ancienne version en html
La version précédente avait été répartie en 4 pages html, non encore mises à jour. Son contenu se présentait ainsi
Commentaires sur le texte 1
Cela commence par une longue introduction philosophique sur les
fondements des mathématiques, les limites du platonisme, la
difficulté de principe à démarrer quelque part le
développement des mathématiques, et le fait qu'une
rigueur totale au démarrage des mathématiques serait
impossible.
Mais à défaut de rigueur totale, va venir l'effort
soutenu d'un maximum de rigueur et d'explication philosophique.
Cela commence par une sorte de théorie
philosophique des ensembles et des fonctions. En effet la
tradition axiomatique ZF me semble très inadéquate pour
démarrer les mathématiques, de sorte que je ne
présente pas ZF, mais seulement une ébauche de système axiomatique encore incomplet, appuyé sur diverses explications. Il ne s'agit pas pour autant de nier ZF ou de faire des choses incompatibles. Non: il s'agit uniquement de présenter les choses sous l'aspect de leur signification profonde, afin qu'elles aient pleinement un sens à ce stade et permettent d'introduire ensuite le plus naturellement possible les mathématiques "ordinaires". Et c'est justement sur la base de cette compréhension philosophique, qu'on pourra dans la suite (texte 5) expliquer pourquoi la théorie axiomatique ZF est effectivement un bon choix dans son rôle propre, à savoir, un excellent outil à l'usage des spécialistes pour formuler les questions de prouvabilité ou au contraire d'indécidabilité d'énoncés, par exemple l'hypothèse du continu.
Plusieurs pages d'explications sont consacrées à
expliquer philosophiquement : qu'est-ce qu'un ensemble ? Que signifie
vraiment le paradoxe de Russel (qu'il ne peut pas y avoir d'ensemble de
tous les
ensembles) ? que signifie vraiment la distinction des ensembles parmi
les classes ? un ensemble
peut-il appartenir à lui-même ? Sisi, c'est très
sérieux !!! L'explication se base sur l'existence d'une
temporalité propre à l'univers mathématique qu'il
est impossible de figer définitivement (temporalité
expliquée avec au passage l'analyse sémantique d'un
énoncé paradoxal qui signifie "Cette phrase est bien
définie et fausse"). La distinction des ensembles parmi les
classes se résume ainsi: contrairement à un ensemble, une
classe reste potentiellement capable de contenir des
éléments qui n'existent pas encore. Une classe se
définit en fait par la donnée d'un énoncé à une variable, qui énonce si un objet donné lui appartient ou non; ce n'est pas un
vrai objet mathématique appartenant au même univers, faute de pouvoir définir
formellement l'égalité entre classes par des
quantificateurs bornés par des ensembles. En effet, les
quantificateurs existentiels et universels doivent être
restreints à des ensembles pour être
interprétés (ainsi, l'égalité entre
ensembles E et F s'écrit: (E ⊂ F et F ⊂ E) ). C'est cette
compréhension de la distinction des ensembles parmi les classes
qui permet d'expliquer le sens des axiomes.
Les objets admis comme primitifs sont donc: les éléments,
les ensembles et les applications. Les couples et n-uplets sont des cas
particuliers d'applications. Plus loin est introduite la notion
d'opération, qui peut être vue de plusieurs
manières comme cas particulier d'application, et inversement les
applications sont des cas particuliers d'opérations. Les
relations n-aires sont définies comme opérations à
valeurs dans {vrai,faux}. Avec des termes x,y et un
énoncé P on définit le terme (x,y)(P) comme valant
x si P est vrai et y sinon. On justifie philosophiquement qu'on obtient
bien des ensembles par les procédés:
compréhension; image d'application; union (d'un ensemble
d'ensembles); produit fini d'ensembles. Sont définies les
chaînes de "et", celles de "ou", ainsi que les chaînes
d'implications ou d'équivalences. A la fin on récapitule
les règles de constructions admises des termes et
énoncés.
Voir aussi ce
résumé que j'ai écrit pour annoncer la mise au
point de la première quarantaine de pages en décembre
2005 (que j'ai finalement encore retouchés par la suite). Voir
cette discussion
de forum "qu'est-ce qu'un ensemble" (novembre 2007) où je
réexprime synthéthiquement mon avis sur la notion
d'ensemble et la différence entre ensembles et classes, ainsi
que les motivations générales de ce projet, et où
vous pouvez poster vos commentaires.
Commentaires sur le texte 2
Le contenu est relativement traditionnel, mais toujours
réalisé avec le plus grand soin, au-dessus de l'habitude.
Seuls points particulièrement notables en comparaison de la
tradition:
Définition et propriétés du quantificateur
d'unicité.
Exposition détaillée et commentée de l'axiome des
parties, et de son statut et de sa signification exceptionnels: c'est
le premier et principal postulat philosophiquement injustifié
que certaines classes soient des ensembles, et ce fait est crucial car
c'est de là que viennent toutes les
indécidabilités des mathématiques. Ce n'est pas
seulement un axiome mais aussi un enrichissement du langage de la
théorie des ensembles par l'opérateur qui à tout
ensemble associe l'ensemble de ses parties, sans lequel l'axiome seul
serait impuissant.
Equivalence de cet "axiome" avec celui de la puissance d'ensembles.
J'ai oublié le qualificatif officiel des énoncés dont tous les quantificateurs sont bornés par des ensembles, quelqu'un pourrait-il me le rappeler ?
La traduction de toute relation entre deux ensembles en une application
par fixation d'une variable, à savoir lors de la bijection
canonique ℘(E×F) ≅ (℘(F))E,
est notée par une flèche style vecteur; de même
avec une flèche gauche pour l'autre variable.
L'axiome du choix est exposé par motif de clarification mais il
ne sera pas utilisé par la suite.
Commentaires sur le texte 3
Là viennent vraiment les choses sérieuses, une grande
symphonie de mathématiques formelles faites d'une succession
parfaite de formules, de définitions et de
théorèmes, avec tout plein d'astuces renversantes
raccourcissant toutes les démonstrations. Voilà donc une
occasion précoce de goûter à des "vraies
mathématiques" qu'on pourrait qualifier comme de haut niveau
sauf que rien n'est fastidieux et cela n'utilise rigoureusement aucun
autre prérequis que le contenu des textes
précédents, pas même la notion de nombre entier qui
est ici absente.
Mais à part ça, c'est bien gentil direz-vous, mais que
diable viennent donc faire les correspondances de Galois dans un projet
ayant vocation à se concentrer sur ce qui est indispensable aux
mathématiques de base ?
Eh bien, même si cela peut sembler dans un premier temps
être des choses compliquées en plus, il s'agit en fait
d'un investissement qui sera nettement rentabilisé par la suite,
en plus du fait de rendre parfaitement rigoureux tout ce qui peut
l'être, à la place de certaines idées vaseuses et
autres impasses habituellement commises:
- Les notions de bornes supérieures et inférieures
entrent dans un cadre systématique naturel tant pour leurs
définitions que leurs propriétés, qui en facilite
l'usage.
- Il s'agit de structures et propriétés qui se retrouvent
très souvent, notamment en algèbre et dans la notion
d'espace topologique, ce qui permettra d'appliquer directement les
résultats ici obtenus au lieu de les redémontrer à
chaque fois comme le fait la tradition.
- La notion d'ensemble fini est définie rigoureusement et
indépendemment sans dépendre de quelque axiome (en
particulier, sans s'appuyer sur les nombres entiers), avec plusieurs
propriétés importantes (étude qui sera
complétée dans le texte 5).
- Le nécessaire pour trivialiser la démonstration du
théorème de Cantor-Bernstein
- L'étude des relations bien-fondées permettra
notamment dans les parties ultérieures: de formaliser la notion de terme comme système
mathématique et en justifier l'interprétation; de
comprendre l'énoncé de l'axiome de fondation dans
l'axiomatique ZF; de justifier les définitions par
récurrence; et de maîtriser plus rapidement les nombres ordinaux.
- Cela éclairera également les rapports entre fondement,
dynamique et réalité dans la théorie des
théories qui sera exposée au texte suivant.
Rapide historique des mathématiques
(petit ancien chapitre qui était dans le texte de maths et
n'y était pas vraiment à sa place)
La recherche en mathématiques a connu une progression
accélérée dans l'histoire. Depuis l'étude
de la géométrie par les Grecs, des progrès
importants n'ont été réalisés qu'au cours
de ces derniers siècles avec par exemple l'étude de la
mécanique céleste (Newton\dots ) puis de
l'élec\-tro\-magnétisme, accompagnés d'outils
d'analyse mathématique, et aussi de l'algèbre
(résolution d'équa\-tions, nombres complexes).
La théorie des ensembles n'a été
étudiée qu'au début du 20ème siècle
par Cantor. C'est surtout au vingtième siècle que le
développement des mathématiques et de la physique
fondamentale a été explosif. En gros, les théories
fondamentales de la science moderne au-delà des notions de base
ont été découvertes dans la première
moitié du siècle; puis, après une restructuration
effectuée au milieu du siècle par le groupe Bourbaki
(seulement en maths et non en physique), de très nombreux
développements ont été réalisés dans
la seconde moitié.
Nous savons que le monde des mathématiques est infini et que la
recherche ne s'arrêtera pas. Les voies de recherche possibles
sont très nombreuses, leur multiplication étant
désormais principalement limitée par le nombre de
mathématiciens, alors qu'ils sont toujours plus nombreux et que
l'outil informatique facilite la rédaction et la diffusion des
travaux de recherche.
La recherche nécessite de se spécialiser dans un domaine,
puisque l'acquisition par une seule personne de toutes les
connaissances actuellement disponibles en mathématiques par
exemple nécessiterait quelques milliers d'années
d'études (!).
Cependant, en France, l'enseignement des mathématiques dans le
secondaire (collège, lycée) et jusqu'aux premières
années d'université reflète très mal cette
richesse et ce foisonnement~: il est constitué d'un tronc commun
qui n'a pratiquement plus évolué depuis la
``réforme des mathématiques modernes'' (dont la mise en
place brutale, excessive et mal préparée vers 1968 a
été assez désastreuse pour un grand nombre
d'élèves de cette époque, suivie en quelques
années d'un retour à une situation plus
équilibrée), si ce n'est dans le sens de
l'appauvrissement des contenus.
La diversité et les derniers développements de la
recherche en mathématiques ne s'expriment pratiquement plus
qu'à partir du niveau Master (plutôt même
deuxième année de Master).
Un grand nombre de mathématiciens restent en dehors de toute
application aux autres sciences; certains même ont horreur de
toute idée d'application, fiers de faire des
mathématiques ``pures''; mais une bonne partie des domaines de
recherche en mathématiques sont de près ou de loin
susceptibles d'applications, notamment en Physique.
Calcul propositionnel
Constatant que je n'arrive pas (du moins actuellement) à
concentrer mes efforts pour continuer assez vite la rédaction de
mes textes, je
me mets ici à brader quelques pistes de recherches, qui
serviraient de base à la rédaction envisagée.
La structure habituelle des cours de calcul propositionnel est une
horreur: un langage choisi arbitrairement (symboles "implique" et
"non") qui aboutit à la nécessité d'une dizaine
d'axiomes de calcul propositionnel choisis on ne sait comment (combien
exactement, au fait ?) pour former un
système complet d'axiomes (c'est-à-dire permettant de
démontrer
toute formule universellement valide). S'ensuit une
démonstration de
ce fait (théorème de complétude du calcul
propositionnel) qui prend un certain nombre de pages.
Or, tout cela est inutile, on pourrait faire beaucoup plus simple.
Il y a une manière de faire plus simple qui pendait pourtant
au
nez depuis longtemps, c'est la notion d'algèbre de Boole.
Qu'est-ce qu'une algèbre de Boole ? C'est un anneau idempotent
(i.e.
où pour tout x, on a x.x=x). Or un théorème bien
connu
(utilisant l'axiome du choix; ou, pour le résultat ici, il
suffit
d'avoir un bon ordre sur l'ensemble des variables propositionnelles)
dit
que dans tout anneau non nul il existe un idéal maximal, et que
donc
en quotientant par cet idéal on obtient un corps. L'idempotence
appliquée
à ce corps donne que c'est Z/2Z.
Or, cette axiomatisation de la notion d'algèbre de Boole
entre dans
le cadre des algèbres universelles, donc toute
égalité dans un tel anneau donné par
générateurs et relations se démontre par une
chaîne d'égalités dont chacune est la simple
utilisation d'un axiome.
Donc, si dans une algèbre de Boole donnée par
générateurs et relations (donc une théorie du
calcul propositionnelle), le 0 est
égal au 1 (la théorie est auto-contradictoire), cela est
démontrable
suivant cet algorithme (et plus généralement si un
élément
est égal à 1, son égalité à 1 est
démontrable).
Sinon, l'anneau est non nul, donc il admet un morphisme dans Z/2Z
(respectivement:
toute proposition indémontrable a un contre-exemple).
Mais il y a encore d'autres manières de formuler les
formules et les démonstrations qui collent naturellement
à la
nature de ce problème et qui devrait donc aboutir à des
algorithmes
plus puissants.
D'une part, faut-il vraiment signaler ce qui devrait aussi crever les
yeux,
comme algorithme capable de vérifier en temps fini si une
formule
donnée entre variables propositionnelles est une tautologie ou
pas, il suffit de prendre une
à une toutes les combinaisons possibles des valeurs des
variables et
de regarder si ça marche dans tous les cas. C'est du bête
calcul
booléen que les ordinateurs sont capables de faire à
toute
vitesse.
On peut rétorquer à cela que la complexité de ces
calculs
est exponentielle par rapport au nombre de variables, ce que je vous
accorde.
C'est donc bon pour des grandes formules qui répètent
beaucoup
les quelques mêmes variables, moins bon pour celles qui
s'étendent à
plus de variables, d'où l'intérêt d'un calcul
formel
sur les propositions.
Alors, voici comment implémenter un tel calcul de
manière efficace:
Définissons une formule propositionnelle F comme étant un
ensemble
fondé sur les variables propositionnelles (autrement dit tel que
pour
tout ensemble X auquel F appartient, il existe Y dans X dont
l'intersection
avec X est un ensemble de variables propositionnelles) et
héréditairement
fini (l'union de F, de ses éléments, des
éléments
de ses éléments,... est fini)
(dans la suite, les symboles A,B,C désigneront de tels
ensembles).
Le singleton représente le non, l'ensemble représente le
"ou"
entre les négations.
Ainsi, {A,B,C} signifie (non A ou non B ou non C), ou si on
préfère, non(A et B et C).
{A,B,{C}} signifie: ((A et B) implique C).
On peut ajouter le vrai (V) et le faux (F) comme constantes
propositionnelles, mais on peut aussi les construire comme
étant: F={} (ensemble vide), V={{}}.
Ensuite, il faut introduire des règles de simplifications,
chaque règle faisant passer d'une formule (en tant qu'ensemble)
à une
autre (un autre ensemble) plus simple qui lui est logiquement
équivalente. Il me semble (à vérifier, je n'en
suis pas sûr - ou bien
en modifiant légèrement l'expression des règles du
genre
échanger A avec {A}) que la relation d'équivalence
engendrée
par ces règles est équivalente à: quelle que soit
la
succession de simplifications appliquées à partir de
chacune
jusqu'à ne plus pouvoir simplifier, on aboutir à la
même
formule.
Ces règles sont les équivalences suivantes (le symbole ~
désignant
l'équivalence tautologique entre énoncés):
- tiers exclus: {{A}}~A
ce qui donne notamment les simplifications:
{{{A}},B}~{A,B}
{{{A}},A}~{A}
mais aussi avec deux:
{{{A,B}},C}~{A,B,C}
et en général, en notant u le symbole d'union, si A est
un
ensemble:
{{A}}uB~AuB
ce qui permet d'éliminer les singletons dans l'expression d'une
formule
hormis ceux des variables.
- Tout V dans un ensemble peut être éliminé (mais
on
peut voir ça comme cas particulier du cas
précédent à
cause de la construction de V). Ainsi:
{V,A}~{A}
- Tout F est absorbant:
{F,A,B,...}~{F}~V
- Règle de substitution : Tout élément d'un
ensemble est substituable à V à l'intérieur de
tout autre élément (ça, je suis beaucoup moins
sûr que ça passe la proposition ci-dessus).
Par exemple:
{A,{A,B}}~{A,{V,B}}
{A,B,{{C,D},{D,A,{E,B,{C,D}}}}}~{A,B,{{C,D},{D,V,{E,V}}}}
à son tour simplifiable...
Remarque: je n'avais d'abord formulé la règle de
substitution que comme règle d'inférence entre formules
démontrées, lesquelles n'étaient
considérées que comme formant liste
ouverte d'ensembles où chacun de ces ensembles est substituable
par
V dans les autres ensembles, sans remarquer que cette liste se comporte
elle-même
comme un ensemble parmi les autres. Pour que ça forme un
système
formel complet du calcul propositionnel, j'ai été
amené
à formuler l'"axiome d'Aristote":
Si (A implique B) et (B implique C) alors (A implique C).
Ce qui donne (en remplaçant C par sa négation):
V~{{A,{B}},{B,C},A,C}}.
qui rendait enfin le système complet.
Mais je m'aperçois que la règle de substitution
démontre l'axiome d'Aristote allègrement et rend donc son
introduction inutile, sauf que je doute fort que l'équivalence
de deux formules par la relation
d'équivalence engendrée par ces règles (qui est en
tout
cas complète pour le calcul propositionnel) s'obtienne par
égalités
de leurs formes minimales (par simplifications) respectives (à
vérifier).
Histoire de rigoler, ou de faire des
cauchemars
Il y a un super paradoxe de la théorie des ensembles, mais dont
je
déconseille l'étude aux jeunes esprits qui risqueraient
de
passer des nuits blanches jusqu'à douter de la consistance des
mathématiques ;-). Heureusement, la démonstration
paradoxale en question
étant
assez ardue (et reposant sur des définitions et résultats
standard
omis ici), a de bonnes chances de n'être pas compris par ces
esprits
fragiles, en sorte de ne pas les affecter.
Remarque: il y a 2 autres sujets qui explorent essentiellement le
même fond paradoxal, avec à peu près les
mêmes tenants et aboutissants bien que sous des aspects un peu
différents par ailleurs, et, peut-on dire,
complémentaires:
1) le paradoxe
de Banach-Tarski
2) L'axiome
de symétrie de Freiling
Voici:
Croyez-vous à l'axiome du choix ? Rappelons un de ses
énoncés: tout produit d'ensembles non vides est non vide.
Intuitivement, si on pense que chaque ensemble de parties d'un ensemble
contient vraiment toutes les parties, même celles qu'on ne peut
pas construire, alors il semble raisonnable
de penser que l'axiome du choix est vrai.
Plus précisément, cela s'appuie sur l'intuition suivante:
pour
chacun des ensembles non vides en question, on tire "au hasard" un de
ses
éléments, et l'ensemble de tous ces hasards formera
l'élément
recherché. Bien.
Pendant qu'on y est, on peut aussi tirer au hasard un nombre
réel entre
0 et 1: tirons chaque chiffre de son développement binaire au
hasard,
et le tour est joué. C'est d'ailleurs à celà
justement
qu'on reconnaît que l'ensemble R des nombres réels qu'on
manipule
est bien l'ensemble de "tous les réels" sans en oublier: par le
fait
que si on tire un nombre réel au hasard par ce
procédé, on tombe effectivement dedans.
En effet, un faux ensemble des réels (un ensemble de certains
réels
stable par les opérations) devrait être carrément
plus
petit puisqu'en le translatant par un réel
qui n'est pas dedans on obtient un autre ensemble aussi gros et
disjoint du
premier. Donc son anomalie serait repérable par le fait qu'en
tirant
un réel au hasard, on n'aurait pas plus de chance de tomber dans
l'un
que dans l'autre, soit finalement une chance nulle. Bien.
Ensuite, un théorème déduit de l'axiome du
choix dit
que tout ensemble admet un bon ordre, en particulier l'ensemble des
réels
entre 0 et 1.
Choisissons donc un tel bon ordre o sur [0,1], et définissons
l'application
f de [0,1] dans lui-même défini par:
f(x)= la probabilité qu'un réel tiré au hasard
dans
[0,1] soit plus petit que x pour l'ordre o.
De manière évidente, f est une fonction croissante de
[0,1]
muni de l'ordre o vers [0,1] muni de l'ordre habituel.
Or, un théorème dit que toute fonction croissante d'un
ensemble
bien ordonné vers R ne croît que par
discontinuités, c'est-à-dire
que sa variation est la somme sur x des f(x) - (sup f(y) pour y<x)
(vérifiez
!)
Maintenant, posons-nous la question: si on prend deux réels x et
y
au hasard dans [0,1], quelle est la probabilité que x<y pour
l'ordre
o ?
Si on tire d'abord x puis y, on trouve 1/2(1+somme des carrés
des
discontinuités).
Mais si on tire y avant x...
Remarque: la construction d'un bon ordre sur [0,1] nécessite
de
prendre un réel dans TOUTE PARTIE non vide de [0,1], ce qui est
une
autre affaire que de tirer chaque décimale binaire au hasard.
Mais
cela ne devrait pas gêner en fait, puisqu'en restreignant le
tirage
aux parties P telles qu'un nombre aléatoire aura au moins une
chance
sur deux de tomber dedans (ainsi, si on ne tombe pas dedans la
première
fois il suffit de recommencer), on aboutit de toute manière
à
une variante du même paradoxe: cela donne un bon ordre sur une
partie
de [0,1] sur laquelle on a une chance sur deux de tomber. A moins que,
bien
qu'on ait toutes les chances de trouver un élément d'une
partie
P donnée à force de réessayer si à chaque
fois
on a une chance sur 2 de tomber dedans, le risque ici nul de ne jamais
y
arriver risque de devenir beaucoup plus grand, quand il s'accumule sur
l'ensemble
de toutes les parties P en question. Mais passons.
En fait, la convention communément admise veut que tirer un
réel dans chaque partie soit possible conformément
à l'axiome du
choix, mais que tirer SUIVANT UNE LOI DE PROBABILITE DONNEE (à
savoir
ici, de manière uniforme), un nombre réel
aléatoire dans
[0,1] soit impossible.
Une loi de probabilité dans un tirage aléatoire
étant uniquement quelque chose de défini comme
approximations successives (tirer les 100 premières
décimales au hasard, continuer avec les 1000 suivantes...) et
non comme quelque chose d'actuellement infini.
Autres:
Le cours de théorie des ensembles de Martial Leroy est provisoirement hébergé ici.
Commentaires des textes de D.Moiseti sur la
théorie des ensembles
Voir aussi un bout de
mon cours d'algèbre linéaire qui n'était pas super
adapté au niveau des étudiants de 2ème
année ici.
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physique
mathématique
dont :
Relativité
restreinte suivant une
nouvelle approche
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