Pour une forte taxe sur les émissions de gaz à effet de serreAgumentaire moral, économique
et
épistémologique montrant sa nécessité; Plan de la pageObjet principal de l'argumentaire: démontrer le bien-fondé du remplacement de tout ou partie d'impôts existants (revenu, TVA, CSG, succession etc), par une taxe sur les pollutions dont émissions de CO2 issu de combustible fossile (en pratique une taxe sur l'extraction ou l'importation des combustibles fossiles suivant leur taux de carbone permet d'en cerner une bonne partie), expliqué à partir des concepts et principes habituellement reconnus par les libéraux.Introduction ce qui m'a poussé à écrire cette page Analyse critique des méthodes de pensée des liberaux membres d'Alternative Libérale, qui les amènent à des positions aberrantes sur ce sujet: L'articulation syllogique du problème La pensée propagandiste: les mots-clés slogans et vagues allusions en guise de raison La question de l'expertise environnementale reconnaître les sources d'informations scientifiques fiables sur le réchauffement climatique Les principes du libéralisme réflexions générales sur les principes moraux mis en avant par ces "libéraux" comme des absolus, et sur les aberrations qui résultent de cet absolutisme; contradiction totale entre leurs prétendus principes absolus inaliénables et la manière dont ils les foulent aux pieds aussi absolument sur la question environnementale. Une petite histoire illustration de la situation sur un autre exemple imaginaire dans lequel la contradiction apparaît plus flagrante. Pourquoi l'exigence de justice correctement analysée oblige à instaurer une forte taxe sur la pollution Démonstration de sa légitimité Critiques radicales de soi-disants outils libéraux lamentablement inadéquats sur le sujet de cette discussion: Les labels de qualité Critique des systèmes d'échanges de quotas Suit un argumentaire économique sur les avantages de la solution de la taxe sur la pollution: son efficacité, sa pertinence, son caractère relativement peu coûteux, sa compatibilité avec le libéralisme et même son caractère favorable au sens de la libéralisation de la société: Rappel du principe d'adaptation du système productif Pourquoi une telle réforme fiscale est indispensable à terme, ne serait-ce que pour des raisons purement fiscales Pourquoi la taxe serait efficace (et sous-parties) L'argent perdu à taper à côté Avons-nous les moyens ? Autres blocages irrationnels Quelques pseudo-arguments trouvés chez ces "libéraux", qui ne résistent pas à l'analyse Le problème des brevets et de l'organisation de la recherche seule partie intéressante pour ceux qui sont déjà convaincus du bien-fondé de cette réforme fiscale: présentation d'une proposition de solution nouvelle complémentaire, pour favoriser la recherche et le développement de solutions industrielles non ou moins polluantes. Sur le principe de précaution Critique de certains propos trouvés chez les "libéraux" qui se croient permis de le rejeter Conclusion Ya plus qu'à le faire ! IntroductionLa rédaction du présent article fut motivée par les discussions que j'ai eues avec les membres d'Alternative Libérale (correspondant hélas, pour une large part au courant de "pensée" dit "libéral" le plus couramment répandu - leurs idées héritent de celles des cercles libéraux; voir aussi ce site - ainsi, ceux qui veulent s'opposer à Alternative Libérale n'ont qu'à mettre l'accent sur le présent sujet, c'est le meilleur moyen pour mettre en évidence leurs faiblesses - hélas, alors qu'ils ont pourtant de très bonnes idées sur bien d'autres sujets) et qui prétendent tout à la fois les choses suivantes:
J'entreprends alors l'argumentaire qui suit, avec quelques
citations
de leurs propos, afin de mettre en
évidence l'absurdité totale d'une telle salade (le point qui ne va pas
du tout étant bien sûr le 3) qui,
si par malheur elle se trouvait prise comme référence
publique des idées libérales, ne pourrait de toute
manière aboutir à rien sinon à rouler dans la
boue les valeurs libérales, dont la
confusion absurde hélas souvent faite avec une certaine
naïveté irresponsable et inconscience des problèmes globaux de
la société, au service d'une loi de la jungle
suicidaire pour l'intérêt général et
l'avenir de l'humanité (à laquelle elles devraient
pourtant, en principe, être l'exact opposé et le
meilleur rampart contre), se trouverait ainsi une fois de plus
entérinée. Par ailleurs, l'idée générale du reproche que je ferai ici à
l'attitude des "libéraux" n'est pas nouvelle mais se trouve également
sur cette page,
section "Le libéralisme n'est pas un dogme, mais un principe
pragmatique" qui fait référence à des travers de longue date du même
style - jusqu'au début de la section suivante "la juste irritation
contre ceux qui se servaient de la phraséologie libérale pour défendre
des privilèges anti-sociaux". A croire que les "libéraux" d'aujourd'hui
n'ont retenu aucune leçon des erreurs de leurs prédécesseurs (on peut
ici penser aux privilèges des géants du pétrole, et de toutes
industries polluantes). Et aussi bien sûr plus généralement, à l'adresse de quiconque indépendamment de ses orientations politiques, afin de montrer les raisons et lancer un appel à l'instauration urgente d'une forte taxe sur toutes les atteintes à l'environnement en général et les émissions de gaz à effet de serre en particulier, afin de limiter l'ampleur de la catastrophe environnementale dans cette période de transition cruciale pour l'avenir du monde que nous sommes en train de traverser. L'articulation syllogique du problèmeLa nécessité urgente d'instaurer une forte taxation sur, entre autres, les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre, vient comme conséquence logique du système des deux énoncés suivants qui seront à discuter séparément:
En toute logique il est clair que chacune de ces questions doit être examinée indépendamment d'abord pour elle-même, après quoi, si elles se trouvent établies, il doit obligatoirement en résulter la conclusion (nécessité d'instaurer effectivement une telle taxe). Mais je constate que le comportement de mes interlocuteurs a
été
à l'encontre d'une telle démache logique. Il a
consisté d'abord à poser la conclusion, à
savoir, qu'il ne faut de toute façon pas poser de taxe, parce
que de manière générale (comme un principe
universel de la métaphysique "libérale") les taxes et
interventions étatiques c'est forcément mal,
antilibéral et contre-productif. C'est cela la seule chose
importante pour eux: réduire à tout prix le rôle
de l'Etat, sans chercher à savoir pourquoi. Ensuite, il ne
leur reste plus qu'à trouver des justifications, ou plutôt
des prétextes, en attaquant de n'importe quelle manière
qu'ils trouveront, l'une ou l'autre des prémisses ci-dessus.
C'est ainsi qu'une personne participant à la discussion et
considérée par tout le groupe comme « très
compétente » et autorité de ce groupe en matière
de politique environnementale, a consacré la totalité de son
argumentation contre moi à avancer des arguments de type économiques
(ceux de Lomborg, voir plus bas) prétextes à rejeter le point 2, puis
seulement à la fin avant de quitter la discussion, elle admit que
je pouvais éventuellement m'y connaître effectivement en matière de théorie
monétaire que je mentionnais: "Vous avez l'air
compétent en finances. Avez vous discuté de votre projet avec les
spécialistes ***** ? Je ne suis pas une spécialiste de la finance; à
première vue votre projet me semble tenir la route mais s'il y a un hic
je ne le verrai pas. (...)". Mais de toute façon elle campe sur ses
positions: pour elle mon avis ne
vaut rien parce que je ne suis pas expert en matière
environnementale, tandis qu'elle y étant experte, sa
conclusion suivant laquelle la lutte contre le réchauffement
climatique doit passer au second plan face à d'autres
problèmes comme les maladies, doit s'imposer à tous. Plus généralement je constate que les différents interlocuteurs, tout en affichant l'unanimité officielle et inébranlable sur la conclusion (ne pas introduire une nouvelle taxe) invoquent à son appui des points de vue bien différents et contradictoires sur les motifs à l'appui de cette conclusion, mais n'envisageant de toute façon jamais que leur conclusion puisse être mise en question. Et ils osent appeler cela l'unanimité ? Qu'est-ce que c'est donc que cette communauté de pensée libérale dans laquelle, lorsque l'un dit que 1 est vrai et 2 faux, personne ne proteste, lorsque l'autre dit que 1 est faux et 2 est vrai personne ne proteste non plus, face à un contradicteur robuste on peut éventuellement se rabattre d'une de ces deux orientations sur l'autre pour se rattraper, mais lorsque quelqu'un ose être à la fois être d'accord avec les uns que 1 est vrai et d'accord avec les autres que 2 est vrai, il se fait aussitôt violemment excommunier du camp des libéraux (enfin j'exagère un peu, mais...) ? Je reconnais qu'il y a bien quelque chose qui pourrait expliquer et légèrement excuser cette démarche dans le cadre de la pensée libérale, cependant il est d'autant plus primordial de faire oeuvre de la réflexion et de la perspicacité dont un libéral ne devrait jamais se départir, lorsque, comme ici, cela ne s'applique plus. En effet, dans le fonctionnement général de l'économie, survient couramment un phénomène remarquable, primordial et digne d'un grand respect: la capacité générale du marché à s'autoréguler de façon naturelle et adaptée. Le malheur est que ce phénomène se met à échouer lamentablement face à certains problèmes spéciaux, à cause de leur configuration particulière différente de celle, couramment répandue, où ce phénomène se produit. En effet, un phénomène a beau se produire couramment, cela n'en fait pas pour autant un principe fondamental universel auquel il faille nécessairement adhérer avant toute discussion, même si l'on sait qu'il se produit souvent. Tout au contraire, face à chaque situation différente il est nécessaire de rééexaminer théoriquement les mécanismes fondamentaux qui d'habitude engendrent ce résultat, pour pouvoir juger si, oui ou non, ils continuent de pouvoir fonctionner correctement pour encore aboutir à ce résultat, et si cela peut se faire automatiquement les yeux fermés ou bien si cela dépend de certaines conditions qu'il est nécessaire de préciser. En particulier, savoir si le fonctionnement correct de l'économie par le marché nécessitera à tous de faire très attention à un certain problème délicat, dont la méthode de gestion correcte peut par exemple nécessiter d'ajouter aux mécanismes de marché de nouveaux concepts qui n'avaient pas encore existé jusque-là et qui restent à inventer. J'ai commencé à faire connaissance avec ce genre de problématique quand j'ai démarré mes réflexions dans le domaine économique par l'étude théorique du problème de l'équilibre monétaire: domaine dans lequel il s'avère que le marché aurait soif de s'autoréguler, sauf qu'il n'a encore pas disposé, dans les systèmes actuels et passés, de moyens effectifs de retranscrire les chocs de déséquilibres dont il peut souffrir, en actes de rétroaction autonomes et adéquats. C'est comme quelqu'un qui sait ce qu'il veut, il veut le faire mais il ne le peut pas et a besoin qu'on le fasse pour lui parce qu'il n'a pas en main les instruments, ni sur sa langue le langage, qui serait indispensable pour accomplir l'acte désiré ou formuler exactement sa demande conformément à sa volonté qui pourtant existe. On aurait alors tort de le prenre pour un irresponsable, mais le problème est que la liberté, ça se construit et nécessite pour cela l'invention d'instruments adaptés. Ainsi, en matière monétaire je ne partage pas du tout l'analyse courante parmi certains ultralibéraux, de nostalgie envers la monnaie-or idéalisée comme état de nature de l'économie qui s'autorégulait librement sans contrainte dirigiste des états, et reconnais très bien que cet état originel avait le gros défaut d'être, par ses phénomènes de cycles économiques, très loin du respect d'un véritable équilibre; et que, parmi les principaux courants traditionnels de théorie monétaire, c'est bien la théorie monétariste qui, par ses recettes certes sales et approximatives d'une régulation centrale de la création monétaire, faisait néanmoins (relativement) la meilleure approche d'un équilibrage monétaire à peu près correct et plus profondément conforme au véritable idéal théorique libéral de recherche de l'état d'équilibre parfait des marchés, que l'état de nature pathologique qui régnait auparavant. Ainsi, il y a certes beaucoup de situations pour lesquelles le
marché peut naturellement réguler l'économie
plus correctement qu'un Etat ne peut la réguler, ou encore (ce
qui est une question différente !) qu'il n'est effectivement
arrivé dans l'histoire à des Etats de la réguler
sur la base de motivations diverses et par divers types d'autorités,
ce qu'historiquement on vérifie facilement. Ce n'est pourtant
pas une raison pour supposer que cela s'appliquera toujours à
tous les problèmes, ni comme un principe métaphysique
universel, ni comme quelque chose de « prouvé »
par son observation passée récurrente. Mais c'est
toujours quelque chose qui reste à réexaminer
théoriquement pour chaque nouveau type de problème qui
surviendra à l'avenir pour déterminer si cela
s'appliquera ou non, car sa fréquente réalisation d'une
part, ses plus rares échecs d'autre part, ne sont pas de
mystérieuses oeuvres fatales d'un destin supérieur,
mais des conséquences de mécanismes logiques précis
qu'il est possible de comprendre et d'analyser précisément
en théorie pour en prévoir l'issue avec succès.
Il est donc nécessaire en toute circonstance de garder
l'esprit actif et vigilant à examiner à nouveau
théoriquement pour lui-même chaque nouveau problème
qui surviendra, et à tenter de lui appliquer les concepts
d'autorégulation habituels pour voir s'ils pourront encore
traiter le problème correctement ou non, en évitant
bien de restreindre sa pensée à l'invocation
d'amalgames superficiels avec l'ensemble des situations historiques
pour lesquels le marché a pu s'auto-réguler (pour des
raisons explicables) pour supposer que la conclusion devrait encore
être valide pour des raisons inconnues. Car si, en théorie économique
dans le domaine des généralités, on ne
prend pas la peine de savoir comment un marché pourrait
s'auto-réguler, comment diable peut-on attendre des acteurs
économiques qu'ils sachent mieux comment ils pourront gérer
leurs propres affaires correctement en relation avec une société
dont les mécanismes généraux restent incompris ?
Les répliques obtenues en réponse à ce problème
environnemental manifestent d'ailleurs un signe caractéristique
de l'incompréhension de leurs auteurs (qui se contentent de
supposer qu'il doit exister un mécanisme de marché mais
en réalité n'en savent rien): c'est qu'ils invoquent une
liste en vrac de mécanismes de marché possibles (cf plus bas), sans en
défendre un en
particulier en précisant comment il peut s'appliquer. En
effet, la caractéristique normale de l'autorégulation
correcte du marché est d'être optimale, conformément
à une logique précise, un système de mécanismes
rigoureusement articulés entre eux, qui a l'obligation d'être
le meilleur possible. Par contre, si on invoque en réponse à
un même problème plusieurs mécanismes de marché
au choix, complètement différents et indépendants
les uns des autres, dont chacun n'a de sens qu'en l'absence des autres,
à lancer en parallèle et surtout qui
manifestement ont tendance à gèrer les affaires vers des directions
(conditions d'optimisations) très différentes les unes des autres,
c'est bien
qu'on n'en connaît aucun d'entre eux qui soit la réponse
précisément appropriée; et leur superposition
informe n'a alors pas plus de raison de fonctionner correctement.
Mais nous nous appliquerons plus loin à les réfuter
précisément un par un. Allez, une petite blague, mais ce n'est pas marrant: quelle est la différence entre un bureaucrate et un "libéral" ? Le bureaucrate a vocation à imposer partout le pouvoir de l'administration par le moyen de l'aveuglement sur les réalités et problèmes que l'administration n'est pas la mieux placée pour gérer proprement; tandis que le "libéral" a vocation a imposer partout le pouvoir du marché dérégulé, par le moyen de l'aveuglement sur les réalités et problèmes qu'un marché dérégulé ne serait pas la meilleure structure pour gérer proprement. Non, ce n'est pas marrant, et je n'ai nul envie de m'inscrire dans un libéralisme qui aurait cette attitude-là. Exemple de propos « libéraux » que j'ai pu lire: « Trouvé dans la proposition ***
:
« Suppression de la TVA pour : -Tous les systèmes d’énergie non polluants (...) Augmentation de la TVA pour: Les énergies, l’eau et les produits polluants : Exemple : suppression de la TVA sur les piles rechargeables et augmentation sur celles qui ne le sont pas. » Utiliser le prétexte écolo pour faire sauter des taxes, c’est génial ; mais s’en servir pour les augmenter, c’est intenable pour un libéral. Je ne sais pas si celui qui fait cette proposition a de vraies convictions écologiques. A priori tous les systèmes d’énergie non polluants n’auront jamais d’effets au niveau global, ils sont donc inutiles. C’est pourquoi si avancer des mesures libérales sous couvert de préoccupations environnementales est une bonne stratégie, à l’inverse retourner de telles mesures sous le poids de ces préoccupations n’est plus du tout pertinent. Quelques que soient les préoccupations des libéraux, la première devrait rester par-dessus tout la liberté : donc ne jamais proposer de taxer, d’imposer, de réglementer plus qu’en l’état.» Bien évidemment, une telle attitude est abjecte et scandaleuse. Un véritable libéral doit avoir vocation de faire toujours l'analyse la plus exacte possible pour promouvoir la politique la plus juste possible, et certainement pas de se comporter comme un magouilleur qui réduit un sujet aussi grave que l'écologie au rang d'un possiblement « génial » jeu de prétextes au service de l'avancement de son idéologie préférée. D'ailleurs, ces mêmes "libéraux" qui veulent aveuglément postuler l'omnipotence du marché à réguler correctement tous les problèmes en lançant des appels à l'amalgame comme "Les pays les plus interventionnistes sont aussi ceux qui ont causé le plus de dégâts à la planète" sous-ententant que poser une forte taxe, ou pire, une interdiction de la pollution serait une attitude « interventionniste », admettent néanmoins la nécessité de maintenir l'Etat dans ses fonctions régaliennes. Or, si le marché est si pertinent pour tout auto-réguler, pourquoi n'auto-régulerait-il pas aussi la justice et la police ? Dire qu'il faut une police pour lutter les crimes en exerçant une coercition sur les criminels, est-ce une attitude interventionniste ? De fait, à mon avis le libéralisme pourrait régler tous les problèmes, celui de la justice et de la police en général et celui de la lutte contre la pollution en particulier, mais à la condition expresse d'opérer un changement de paradigme radical à la base du libéralisme afin de le rendre capable d'appréhender correctement les problèmes de justice, comme j'ai exposé par ici. Une révolution qui, donc, ne peut pas s'appliquer en un jour, en attendant quoi il faut bien faire avec ce qu'on a, à savoir passer par l'Etat pour établir la justice. Or donc, tant qu'on admet qu'un Etat reste nécessaire pour accomplir certaines fonctions de justice, pourquoi refuser par principe qu'il le soit encore pour d'autres fonctions, à savoir les fonctions écologiques (dont nous expliquerons plus tard en quoi elles sont de fait elles aussi fondamentalement des fonctions de justice particulières) ? On pourrait récapituler la situation ainsi: il y a beaucoup de domaines que le marché s'il était libéré pourrait bien mieux gérer qu'actuellement, au même titre qu'il gère déjà correctement un certain nombre de choses; les libéraux, à juste titre, veulent attirer l'attention publique sur ce fait, de la possibilité d'une application pertinente plus générale qu'aujourd'hui de la loi du marché. Comment seront-ils écoutés ? Mais dans leur fougue et leur élan généralisateur, il sont tentés de répandre la même thèse sur des problèmes écologiques où malheureusement elle n'est plus valable. De l'autre côté, il y a des gens plus branchés sur les problèmes écologiques, et qui, ne s'intéressant guère au large panel des autres questions économiques de la société sur lesquels le libéralisme serait pertinent, ne trouvent donc naturellement pas de raisons valables pour promouvoir le libéralisme: car de fait, si on y réfléchit bien, les désastres écologiques se trouvent être la maladie numéro 1 de notre temps, celle à cause de laquelle notre époque sera marquée pour des millions d'années à venir comme la période noire de l'évolution de la vie sur terre, dans laquelle des millions d'espèces auront disparu, et que sera perdue par la fonte des glaces et autres bouleversements, de nombreuses traces de l'histoire de la vie sur terre par l'action négligente d'une espèce consciente évoluée et donc en principe pouvant être tenue responsable et coupable de ses actes. Ce n'est donc nullement par une quelconque idéologie antilibérale que ces gens prennent conscience de l'importance de ce problème dans lequel les méthodes "libérales" traditionnelles extrapolées de travers se trouvent n'être d'aucun secours, mais par l'observation de la réalité des faits. Cela, un minimum d'honnêteté devrait obliger tout monde à le reconnaître, même les libéraux. Dès lors, si le discours "libéral" qui est présenté face à ce problème se trouve commettre manifestement une erreur majeure, prôner une politique irresponsable et suicidaire pour l'avenir de la planète, tout en prétendant prôner la responsabilité et dénoncer comme « mensonges de propagande antilibérale » (sic) ce qui n'est que sage constatation des désastres et de l'inadéquation de ce même discours "libéral" aux véritables problèmes de la planète, et commettant l'erreur majeure d'une extrapolation aveugle des bienfaits du marché à un domaine où il ne fonctionne pas, comment voudra-t-on après cela se plaindre d'un rejet à venir encore plus radical que le rejet passé, par la population, les savants et nombre d'intellectuels, de ce discours "libéral" qui sera alors accusé à juste titre d'une absence de tout discernement sur les domaines d'extension pertinente de l'autonomie du marché ? Note importante: il ne s'agit pas ici de nier qu'il y ait
aussi
par ailleurs de possibles contributions importantes de diverses
autres méthodes libérales ou autres parmi les moyens à
mettre en oeuvre en parallèle pour la protection de
l'environnement. Mais de considérer que, la notion de priorité
entre les méthodes n'ayant aucun sens dans la mesure où
la méthode de taxation qui sera défendue ici, constitue
non un coût mais une contribution positive au budget de l'Etat
permettant de soulager des taxations néfastes; par
conséquent, elle ne saurait être à retenir
comme prétendue unique méthode ou concurrente aux
dépens de toute autre méthode qu'on peut trouver bon à
développer en parallèle, mais comme une méthode
supplémentaire dont la pertinence sera discutée
séparément pour elle-même, sans contredire ni
avoir besoin d'évoquer les autres méthodes.
L'argumentation qui suit sera donc de manière arbitraire principalement
spécialisée
et focalisée sur une seule question encore suffisamment
complexe en elle-même: faut-il, oui ou non, instaurer de fortes
taxe sur les pollutions et particulièrement les émissions
de gaz à effet de serre comme le CO2 ? (à quoi s'ajoutera une partie
sur les questions de recherche et développement) La pensée propagandiste: les mots-clés slogans et vagues allusions en guise de raisonOn m'a déjà fait avec Jésus et Laurent Nottale le coup du "le maître a toujours raison même si personne ne comprend pourquoi; lui seul sait pourquoi il a raison, c'est donc seulement à lui qu'il faut poser vos questions, mais blessé par vos insultes il ne daignera peut-être pas vous répondre, il faut donc en attendant nous croire sur parole." - sauf que vu la somme d'âneries monumentales que le maître a déjà manifestement proférées, je ne vois guère de motif de croire qu'il possède réellement les supposées réponses valables à mes questions. Je commence à en avoir l'habitude. Enfin, le présent cas n'est pas tout-à-fait à ce point, mais...Bon, elle a une excuse: très occupée par son boulot pour continuer la discussion, n'empêche elle ne semblait pas bien disposée à continuer d'argumenter. Je leur ai signalé plusieurs fois que pour montrer en quoi l'auto-régulation du marché fournit des solutions adéquates il ne suffit pas de jeter une liste de mots-clés comme des slogans ni donner une foultitude d'exemples dans lesquels le libéralisme a bien fonctionné et l'étatisme a échoué, mais une démonstration rationnelle complète et rigoureuse est exigible pour montrer que ces mot-clés fournissent effectivement des solutions adaptées. Ils n'en ont rien fait et j'attends toujours. Voici en effet l'ultime réponse du maître à mes demandes d'explications sur les mécanismes de marché pour résoudre adéquatement le problème de la pollution au CO2, avant qu'elle coupe net le dialogue:«Je vous l'ai déjà dit : quotas échangeables, label, assurances, fondations privées, R&D, les moyens ne manquent pas.» Désolé, mais je trouve ça extrêmement vague, et pas du tout une démonstration. Pourtant on se retranche derrière elle pour certaines explications: "Le
sujet est:
Certes je veux bien admettre qu'on peut toujours faire
des trucs à côté "en douceur", par des dons charitables (je
développerai justement ce point plus bas, en matière de recherche
développement), mais ça
n'enlève rien à la nécessité première très efficace et irremplaçable,
de poser une forte taxation, seule capable de mener à la base les
pressions adéquates sur le système économique.-> comment collecter l'argent Autres extraits de discussion: [en réponse à ma mention du livre d'Hubert Reeves, Mal de Terre]
Quant à Hubert Reeves, il est certainement un grand
scientifique, mais surement pas un libéral. Personne n'est
parfait.
Il n'est sûrement pas un champion du tour de France non plus. Non mais de quoi je me mêle ? Il y a
une véritable économie de la
dépollution
(ou de la
non-pollution), et il faut se servir de ces leviers pour
intéresser les
citoyens ou entreprises à l'environnement, au lieu d'utiliser la
matraque fiscale : assurances, quotas échangeables, labels de
qualité
entre autres. Comment
le dirigisme étatique
pourrait être
meilleur que la responsabilisation des individus et des entreprises ? Mes réponses: "Comment le dirigisme étatique
pourrait
être meilleur que la responsabilisation des individus et des
entreprises ?"
Il ne s'agit pas de dirigisme mais d'une constatation simple: il y a nuisance à l'environnement et donc à la collectivité mondiale, proportionnelle à la quantité de CO2 émise par chacun (à partir de matières qui n'étaient pas dans le cycle naturel jusque-là je veux dire, bien sûr). Par conséquent la responsabilisation se traduit exactement par le remboursement à la collectivité d'une indemnité correspondant au tort causé, ce qui est exactement une taxe sur la pollution, sauf discussion sur son taux, hélas bien difficile à monter jusqu'à sa juste valeur, force d'inertie des mentalités oblige (on polluera toujours trop, avec trop de négligence), mais de toute façon aucun acteur privé ne peut mieux faire que l'Etat en ce domaine précis. "Je ne vois pas pourquoi
l'environnement ferait exception, et
pourquoi les solutions libérales qui fonctionnent partout
ailleurs ne
seraient pas efficaces dans ce domaine ?" Et pourquoi donc les domaines législatif et judiciaire feraient exception à la pertinence du libéralisme ? De fait, pour moi non, j'ai exposé comment un nouveau libéralisme permettrait de gérer ces questions de manière entièrement libérale. Dès lors, même si un problème nécessite pour sa gestion des lois et interventions étatiques dans le cadre du monde actuel qui ne sait faire faire des lois que par l'Etat, ces solutions si elles sont pertinentes pourront se traduire dans le cadre de ce nouveau système, donc sous forme de solutions totalement libérales. Et la taxe sur la pollution en fera partie, autrement dit mon système libéral pourra prendre le relais de cette taxation très bien adaptée à ce problème. La taxe sur la pollution, une "approche coercitive" ??? J'appellerais ça plutôt de la légitime défense avec demande d'une juste indemnisation pour le tort subi, de la part de l'ensemble du monde contre cette agression opérée par les industries émettrices de CO2. Et la méthode en est moins coercitive car de concept simple (application d'une règle de proportionalité) et plus facilement contrôlable que les méthodes d'imposition et de contrôle fiscal pour le revenu et la TVA. "Les pays les plus interventionnistes sont aussi ceux qui ont causé le plus de dégâts à la planète" Hors sujet. Amalgame ne vaut pas pensée. à quoi ils n'ont rien trouvé de mieux à répondre que: "Ca n'a rien d'un amalgame, c'est une vérité scientifique et historique. Plus les agents économiques sont responsabilisés, et plus le pays est riche, moins il y a de pollution. " Bel exemple de pensée magique, à l'image de celle des altermondialistes: la différence entre un altermondialiste et un "libéral", c'est que l'altermondialiste considère la décroissance comme remède magique suffisant pour l'environnement; tandis que pour un "libéral", le remède magique suffisant pour l'environnement c'est la "responsabilisation" (laquelle et comment ???) et la croissance. Voir cet article qui montre le contraire: la pollution au CO2 croît avec le niveau de développement. D'ailleurs c'est ce que ces "libéraux" affirment eux-mêmes par ailleurs, en guise de prétexte supplémentaire pour dénigrer l'utilité de faire des efforts contre la pollution. Bref, ces "libéraux" n'ont aucun problème à raconter n'importe quoi et son contraire tout à la fois pour bidouiller sur chacune de ces affirmations contradictoires des prétextes à l'appui de la même conclusion. Pour moi (qui me considère pourtant moi-même libéral), ni la croissance ni la décroissance ne sauraient être tenues par principe pour des recettes magiques au service de l'écologie, mais: - D'une part, de toute manière il est à tous points de vue insoutenable de prôner la décroissance économique. La poursuite de la croissance économique est une nécessité intrinsèque de l'économie, et condition sine equa non à trouver des marges de manoeuvre pour construire quoi que ce soit de soutenable par ailleurs dessus; - D'autre part, la préservation de l'environnement doit faire l'objet d'une lutte totale, acharnée et précisément ciblée, tout en tenant compte de la logique interne de l'économie si on veut être efficace. Une forte taxe sur la pollution serait un des bons outils en ce sens, comme sera expliqué plus loin. Tant que des énergies propres ne seront pas en place, cela nécessite de baisser la consommation d'énergie. Ces deux objectifs gardent une marge de compatibilité dans la mesure où niveau de vie et dépense énergétique sont pas la même chose. J'ai aussi expliqué: Visiblement, vous constatez si
bien le
fait que de manière
générale les
impôts sont illégitimes, ce en quoi je suis d'accord avec
vous,
qu'ensuite vous commettez l'erreur de la généralisation
aveugle et
réduisez votre position à la répétition
idéologique systématique d'un
même slogan (le refus de tout nouvel impôt).
Malheureusement nous
tombons ici sur une exception, un des très rares impôts
qui serait
légitime. Il faudrait que vous appreniez à examiner
chaque situation
particulière pour elle-même pour voir si l'argument
généralement
valable s'y applique effectivement ou non.
Indication: le caractère exceptionnel du problème des émissions de CO2 par opposition à la plupart des autres problèmes économiques, vient du fait que l'opération élémentaire indivisible dont il est question ici est l'acte de pollution qui relie le pollueur d'un côté, le reste du monde indivisible et le futur de la planète et de l'humanité de l'autre, contrairement aux activités économiques habituelles dont l'acte indivisible ne concerne qu'un nombre limité d'individus qui peuvent facilement négocier entre eux. Dans le cas de la pollution donc, la taxe est précisément l'expression du résultat de la "négociation" entre le pollueur et le reste du monde (représenté par l'Etat) qui est affecté par la pollution. sa réponse: "Mon
argument n'est pas tant que votre
impôt serait
illégitime, mais
inutile et voire même contre-productif"
Position à laquelle sera répondu plus loin. Extrait du site des Cercles Libéraux: Environnement : On
peut dire, en résumé, que le premier rôle de l'Etat n'est pas
d'intervenir pour protéger l'environnement mais de faire des lois qui
permettent au droit de protéger l'environnement.
Très bien dit, en effet, les taxes sur la pollution
seraient en substance de belles lois (principe de dissuasion) qui
permettent au droit (fiscal) de protéger
l'environnement.La liberté au service de l'environnement, mars 1991 La question de l'expertise environnementaleQuelqu'un dans la discussion a écrit:"Ce que je
prétends,
c'est que tout l'argent qu'on dépense en vaines
lutte contre les émissions de CO2, il vaut mieux le laisser s'investir
là où il sera utile aux besoins des gens, et non pas à la satisfaction
de délires constructivistes, à la conquête de l'inutile, à la gloire de
qcq scientifiques et à celle de qcq politiciens qui ont trouvé le
nouveau filon millénariste, la nouvelle peur qui fait bien voter !
La catastrophe annoncée n'aura pas lieu, comme souvent: Voilà un scénario probable: La conso de pétrole va s'accélérer, le prix va monter.A partir d'un seuil de 250$ l'électricité solaire elle même devient intéressante. C'est donc bien avant ce prix que les solutions de substitution seront intéressantes économiquement. Elles s'imposeront progressivement. Compte tenu de leur industrialisation, leur prix tombera en dessous de celui du pétrole (effet d'échelle), et donc celui-ci tombera en désuétude. 'L'âge de pierre n'a pas pris fin faute de cailloux." A cela se trouve une réponse ici. "Sur les
droits
d'émission:
Peu importe la répartition initiale. Le marché joue dans un jeu à n tours. Ce n'est pas one shot ! Non, les droits d'émission ne sont pas équivalents à la taxe. Ca, c'est un raisonnement de type holiste ! "Peu importe où sont les euros, c'est pareil si c'est la même somme." Non monsieur ! La valeur étant subjective, la façon dont les euros sont affectés dans l'économie a une énorme influence. Les permis d'émission permettent au marché d'exploiter au mieux les marges de réduction d'émission. Le prix joue son rôle coordinateur (Hayek) Lire Bastiat, Mises (l'action humaine), Hayek (droit législation et liberté) et Rothbard, SVP ! Ne commettez pas les erreurs des constructivistes ! De grâce !" Manifestement très vague comme argumentaire. On m'a aussi répondu : "Citer
des références bibliographiques de prix Nobels d'économie n'a
rien de religieux. Il s'agit plutôt d'une démarche "rationnelle", en
tout cas c'est ce qu'on apprend dans n'importe quel lieu de recherche
partout dans le monde. "
Citation de cette même spécialiste environnementale de ce groupe de "libéraux", qui était considérée comme «remarquable», « très pro, connaît bien ses sujets et a dû s'énerver à lire vos premiers commentaires secs et cassants», à propos d'un article qu'ils avaient mis en référence et que je commentais: «j'ai trouvé le fameux fichier sur Kyoto (...) Moyennant quoi son auteur Björn Lomborg, environnementaliste mondialement reconnu, est pour vous un débile. J'en déduis que Nicolas Hulot, photographe des baleines, est un grand scientifique.» «Concernant l'environnement il est clair, d'après ce que j'ai lu, que vous n'y connaissez strictement rien et que vous avez pris pour argent comptant les âneries braillées par les marchands de peur. Vous êtes loin d'être le seul, rassurez vous. Or depuis le temps que nous faisons de l'interventionnisme étatique dans tous les domaines y compris l'environnement, nous multiplions les désastres» Lien logiquement aberrant entre des choses qui n'habitent pas
dans
le
même univers (la compétence en sciences environnementales et les
conséquences de l'interventionisme étatique). A quoi je répondrais: 1) Parmi ces cas d'interventionnisme étatique
qui ont multiplié les désastres, il y en a combien qui
ont consisté en l'application pure et rigoureuse de l'appel
d'urgence d'une unanimité de milliers de scientifiques du
monde entier, présenté comme nécessité
impérieuse pour sauver l'environnement planétaire ? Est-ce donc un
détail négligeable que de remarquer
qu'il peut y avoir une différence entre l'arbitraire des
politiciens magouilleurs d'une part, la prise en compte rigoureuse
des impératifs unanimement établis par la communauté
scientifique mondiale pour sauver la planète d'autre part ? 2) A voir un peu la
réputation effective de Lomborg (dans ce
texte , dans google.fr
ou google
anglophone),
je ne vois guère en quoi
quelqu'un qui le prend assurément comme autorité environnementale et
bouclier ultime
contre les "les âneries braillées par
les marchands de peur" (sic) peut être considérée comme ayant la
moindre
compétence, surtout en matière environnementale. Ce soi-disant
environnementaliste en fait
statisticien travaillant en sciences
politiques, en effet, a commis dans son livre de nombreuses erreurs en matière
environnementale menant à des conclusions fausses, et consacre aussi
une bonne part de son "argumentation" à
étaler, en guise de science environnementale, des arguments économiques
à la gomme sur
l'inopportunité, le coût et l'inefficacité économique de certains
moyens (même pas les bons, comme nous verrons plus bas) de
lutte contre les émissions gaz à effets de serre (on reconnaît ici
l'art du statisticien politicologue que de faire dire n'importe quoi à
sa guise à des statistiques bien sélectionnées sur un problème vaste).
Cette confusion des genres parvenant à flatter les sirènes d'un
"libéralisme" mal compris, a donc pris au piège ces "libéraux" prêts à
sauter sur n'importe quoi qui ressemble à une autorité pour donner des
airs de validation à l'appui de ce qui ressemble à des thèses
libérales. Ils ont donc repris à leur compte ses arguments à la gomme
sans être capables de faire la différence avec les ouvrages
authentiquement libéraux (c'est en effet aussi l'art des imposteurs des
sciences que de faire des salades de mots qui ressemblent à des thèses
scientifiques de vrais savants auprès des publics non-avertis). 3) Quelques rappels de considérations générales sur la science
et le
public, après ma
petite expérience
des
tensions entre la science établie et quelques contestataires farfelus
ou imposteurs: les idiots eux aussi savent
citer des prix Nobels pour tordre leurs propos et leur faire raconter
n'importe quoi (soit pour se réclamer d'eux, soit pour les critiquer).
Se référer à des écrits de gens intelligents n'est nullement une
garantie qu'on dira des choses intelligentes soi-même, dès qu'on se
risque à parler d'un sujet moindrement différent de ceux que ces écrits
avaient traités (en plus des
risques que ces gens supposés intelligents se trompent eux-mêmes).
Aucune somme d'érudition ne peut être un substitut satisfaisant à une
intelligence personnelle. "J'avais déjà vu ce phénomène
(...) il
est donc
assez général: l'envahissement par les petits ignares qui
croient suivre la science officielle mais le font de travers en prenant
les bonnes références pour des mauvaises et inversement,
prétendent dur comme fer qu'une
question est ouverte et que personne n'en a la réponse sous
prétexte
qu'il existe d'autres imbéciles comme eux qui profèrent
des absurdités "contre les idées reçues" à
son sujet. Ils croient cela sur la base du fait que, dépourvus
de toute connaissance sur le fond des dossiers ils croient pouvoir
juger de tout d'après la démarche apparente que les
auteurs de théories loufoques ont bien mieux soignée que
les vrais physiciens n'ont soigné l'apparente démarche de
leur savoir dans leur travail de vulgarisation. On ne peut pas en
effet courir 2 lièvres à la fois: donner des informations
correctes, et produire la plus forte sensation qu'on est en train de
suivre ainsi la meilleure démarche scientifique (la plus
ouverte, rationnelle, libre de préjugés et tout et tout)
auprès de qui n'y connaît rien."
Je lui ai donc ainsi répondu "Que j'aie ou non personnellement
des
compétences
en matières
environnementales n'est pas la question"... "SI ;
Comment voulez-vous parler de ce que vous ne connaissez pas et donner
des conseils; [ceci] n'est pas le café du commerce"
qui interrompait la suite de mon message dans laquelle je
justifiais
ma remarque: "De même qu'il n'appartient pas à un gouvernement d'écrire
l'histoire ou
la science, il n'appartient pas non plus aux libéraux dont ce n'est pas
la spécialité, même avec d'excellentes idées dans d'autres domaines par
ailleurs, de décider de la réponse à une question de sciences de
l'environnement à l'encontre du consensus scientifique relativement
établi, sur la base de motivations d'ordre idéologiques et politiques,
déguisées à travers la sélection, par cette même idéologie, des voix de
chercheurs scientifiques qui répandent les idées qui leur plaisent au
milieu de la relative controverse scientifique ambiante." Ainsi, si Lomborg a su se faire passer auprès d'un certain public comme meilleur scientifique que les scientifiques, eh bien ce n'est de toute façon pas ce public qui est en mesure d'en juger, mais ce sont les scientifiques; or, que disent les scientifiques au sujet de ce Lomborg: ils sont unanimes contre lui. En effet: Mon sentiment sur tout cela,
est bien exprimé par le message du forum
d'Agoravox que je citerai ici texto tellement il exprime exactement
ce qu'à mon avis il y aurait à en dire: Monsieur Arezki Oulahbib,
Autre citation Agoravox:Vous n’êtes visiblement pas un scientifique, et je crains qu’on ne vous ait roulé dans la farine dans cette affaire... Dans un domaine aussi compliqué que le changement climatique, il n’est pas surprenant qu’une petite fraction des climatologues soit en désaccord plus ou moins marqué avec leurs collègues. Il est encore moins surprenant que les puissants lobbies du pétrole, ExxonMobil en tête, mettent ces personnes sur le devant de la scène médiatique pour donner l’impression au public que la communauté scientifique est divisée sur la réalité du réchauffement climatique. Or, ce que chacun devrait savoir, car il est grand temps d’agir, c’est qu’il y a UN TRES LARGE CONSENSUS SCIENTIFIQUE sur le réchauffement climatique, aussi bien sur son origine anthropique, que sur la gravité de ses conséquences. En effet, ceci est affirmé de manière on ne peut plus claire par toutes les institutions scientifiques mondiales les plus réputées dont les suivantes: Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son Troisième rapport d’évaluation sur le changement climatique préparé par plus de 2000 experts. 16 Académies des sciences (des pays du G8, d’Inde, de Chine, du Brésil et de cinq autres pays): voir leur déclaration commune (http://www.academie-sciences.fr/actualites/textes/G8_fr.pdf ) . Toutes les plus prestigieuses institutions scientifiques américaines, dont The American Meteorlogical Society, The American Geophysical Union et The American Association for the Advancement of Science. Les deux plus prestigieuses revues scientifiques mondiales, Nature et Science (voir par exemple l’éditorial «The Scientific Consensus on Climate Change» dans Science du 3 décembre 2004) Enfin, pour les lecteurs (maitrisant l’anglais) qui voudraient en savoir plus sur ce consensus scientifique et sur les tentatives de désinformation des lobbys pétroliers américains, je recommande la lecture de l’excellent guide sur le sujet intitulé «A guide to facts and fictions about climate change» publié par la Royal Society (l’Académie des sciences du Royaume-Uni). Je vous en cite une partie très édifiante: “ Misleading arguments 2. Many scientists do not think that climate change is a problem. Some scientists have signed petitions stating that climate change is not a problem. There are some differences of opinion among scientists about some of the details of climate change and the contribution of human activities, such as the burning of fossil fuels. Researchers continue to collect more data about climate change and to investigate different explanations for the evidence. However, the overwhelming majority of scientists who work on climate change agree on the main points, even if there is still some uncertainty about particular aspects, such as how the concentration of greenhouse gases in the atmosphere will change in the future. In the journal Science in 2004, Oreskes published the results of a survey of 928 papers on climate change published in peer-reviewed journals between 1993 and 2003. She found that three-quarters of the papers either explicitly or implicitly accepted the view expressed in the IPCC 2001 report that human activities have had a major impact on climate change in the last 50 years, and none rejected it. There are some individuals and organisations, some of which are funded by the US oil industry, that seek to undermine the science of climate change and the work of the IPCC. They appear motivated in their arguments by opposition to the United Nations Framework Convention on Climate Change and the Kyoto Protocol, which seek urgent action to tackle climate change through a reduction in greenhouse gas emissions. Often all these individuals and organisations have in common is their opposition to the growing consensus of the scientific community that urgent action is required through a reduction in greenhouse gas emissions. But the opponents are well-organised and well-funded. For instance, a petition was circulated between 1999 and 2001 by a campaigning organisation called the Oregon Institute of Science and Medicine (OISM), which called on the US Government to reject the Kyoto Protocol. The petition claimed that “proposed limits on greenhouse gases would harm the environment, hinder the advance of science and technology, and damage the health and welfare of mankind”. These extreme claims directly contradict the conclusions of the IPCC 2001 report, which states that “reducing emissions of greenhouse gases to stabilize their atmospheric concentrations would delay and reduce damages caused by climate change”. The petition was circulated together with a document written by individuals affiliated to OISM and to the George C Marshall Institute, another campaigning organisation. On 20 April 1998, the US National Academy of Sciences (NAS) issued a warning about the document circulated with the petition because it had been presented “in a format that is nearly identical to that of scientific articles published in the Proceedings of the National Academy of Sciences.” The statement pointed out: “The NAS Council would like to make it clear that this petition has nothing to do with the National Academy of Sciences and that the manuscript was not published in the Proceedings of the National Academy of Sciences or in any other peer-reviewed journal”.” "Mais
ce qu’il est important
de savoir, c’est que les climatologues sont furieux de la manière dont
les médias ont couvert le sujet depuis une quinzaine d’années[2]. Et
ils ont de bonnes raisons de l’être. En effet, plusieurs études
scientifiques[3] ont démontré que depuis 1988, la presse, notamment
américaine, a systématiquement biaisé la couverture médiatique en
faveur de détracteurs du réchauffement climatique en leur accordant une
couverture disproportionnée, créant ainsi une grande confusion dans
l’opinion publique. La même constatation s’applique aux médias de
l’audio-visuel. À la source de cette désinformation maintenant bien
documentée[4], on trouve de puissants lobbies pétroliers, menés par le
groupe ExxonMobil (propriétaire des marques Esso et Mobil), qui ont mis
en oeuvre des moyens financiers considérables pour désinformer les
médias sur le réchauffement climatique et pour s’opposer au Protocole
de Kyoto. Leur technique : mettre constamment à disposition des
journalistes les 2% de climatologues subventionnés par ExxonMobil qui
doutent de l’origine anthropique du réchauffement climatique. Leur
objectif : obtenir une couverture médiatique grand public
supérieure à
celle des 98% de climatologues sérieux et indépendants. Cet objectif a
malheureusement été atteint, donnant ainsi l’impression au public que
les scientifiques étaient divisés sur la réalité du réchauffement
climatique, alors que ce n’était pas du tout le cas !"
Ainsi donc, si on veut présenter un point de vue honnête et objectif, je ne vois nullement en quoi le fait d'être soi-même ou non un expert de plus ou de moins en matière environnementale, pourrait avoir l'outrecuidance de venir perturber le devoir de complète reconnaissance officielle qui est due, du moins en tant que large probabilité de raison, à cette large unanimité scientifique sur la gravité et l'urgence de la situation environnementale, de la part d'un courant de pensée officiellement centré sur des questions de société, de politique et d'économie, et dont les questions de sciences environnementales ne sont donc pas la spécialité. Cela fait donc deux âneries d'un coup de la part de cette
personne
"très pro" qui "connaît bien ses sujets": d'une part l'énorme bévue
épistémologique de se prétendre en
droit de couper court à toute discussion sur les méthodes économiques à
mettre en oeuvre pour lutter contre la pollution, par l'invocation de
mon manque de compétences personnelles en matières environnementales;
d'autre part, le fait qu'elle estime, de son
côté, approuvée en cela sans l'ombre d'une hésitation
par l'ensemble du groupe, faire certainement oeuvre d'une bien plus
grande compétence que
moi dans ce domaine en s'appuyant comme ultime autorité et
référence des sciences environnementales, sur la science suprême de
"l'environnementaliste
mondialement reconnu Björn Lomborg" (sic). Elle a voulu conclure: "Je
ne crois pas vous convaincre : on est libéral ou on ne l'est pas."
et aussi "La taxe ne résout rien,
elle amplifie les problèmes. Soit vous n'avez rien compris soit vous
êtes un infiltré." "Il
n'est pas du tout prouvé que l'augmentation des
températures soit d'origine humaine.
Ben oui, si on n'avait pas eu ce genre d'imbécilité irresponsable de
mépriser
le légitime le principe de précaution et d'attendre jusqu'à maintenant
pour daigner entendre comme hypothèse envisageable les faits
en réalité scientifiquement bien établis depuis un certain temps déjà,
à savoir qu'on s'est déjà fichu dans la merde jusqu'au cou et qu'il est
urgent de stopper nos
émissions de CO2 et de développer les énergies alternatives pour
limiter un peu le pire, on n'en
serait pas là maintenant à se trouver devant une urgence plus grave
que ce qu'elle aurait pu être. Donc tout ça c'est bien la faute de ce
genre d'abrutis de prétendus libéraux endormis dans leur
pseudo-scepticisme, qui n'ont pas su prendre leurs responsabilités à
temps, au nom de leur rejet imbécile du principe de précaution. Mais
est-ce une
raison pour continuer à s'endormir et à laisser encore
négligeamment les générations futures devant le fait encore plus
gravement accompli de cette catastrophe planétaire annoncée qui
laissera de
lourdes séquelles pour des millions d'années ?Les fluctuations climatiques sont importantes. Groënland = terre verte me semble-t-il. (époque des Vickings) C'est maintenant un machin tout blanc, non ? Mais admettons tout de même. Sur le CO2 en particulier, les chiffres des modèles montrent que pour pouvoir diviser par 2 l'augmentation des températures d'ici 50 ans (même pas baisser, seulement ralentir la progression), il faudrait diviser par je ne sais pas combien les émissions annuelles de CO2. C'est illusoire, sauf à détruire toute l'économie !" Après que les dirigeants (et la plupart des membres) d'AL qui tous me renvoient à cette spécialiste environnementale référence officielle indiscutable chez Alternativie Libérale, qui donc est "très pro", "connaît bien son sujet", ont décide (dans la discussion de juin 2006), et maintenant inscrit dans le programme du parti, qu'il n'y a pas de problème de réchauffement climatique d'origine humaine auquel on puisse faire quelque chose, que les plus grands environnementalistes de réference comme Lomborg nous assurent que tout va très bien madame la marquise, que tous les problèmes environnementaux peuvent se régler par la seule loi du marché suivant "la responsabilisation des acteurs" et autres mécanismes ultraliberaux, et que ceux qui prétendent le contraire (à savoir qu'il y a un grave problème nécessitant une mesure étatique comme une taxe sur la pollution) sont des incompétents et certainement pas de vrais libéraux, à excommunier donc de la famille libérale quand ils osent se présenter, Saïd Bouaïssi a écrit dans l'intranet du parti (le 05/10/2006), l'annonce suivante: Cherche spécialistes environnement X...a écrit (le 06/10/2006): Souhaitons-leur nous aussi bien de la chance mais surtout beaucoup de patience dans cette recherche des experts libéraux en environnement dont ils ont besoin. Ca continue: Y... a écrit (le 26/10/2006)
Said Bouaïssi a écrit (le 26/10/2006) Auraient-ils quelque chose a cacher au public ? (voir ici pour des explications sur le mot "constructivisme"). En ce sens moi aussi je dénonce le constructivisme qui domine actuellement la société, et tout particulierement ce qui concerne l'idéologie du systeme scolaire comme substitut à la transmission de connaissances, et l'idéologie du diplôme comme substitut du savoir ou de la compétence. Et je n'ai pas honte de dénoncer publiquement comme un délire socialo-constructiviste l'idée suivant laquelle, à l'ère de l'internet cela ait encore un sens d'organiser et financer par l'Etat à destination du plus grand nombre, un système scolaire au-delà de quelque minimum vital (voir détails par ici), et les études de médecine (sauf psychiatrie). Seulement, la climatologie en tant qu'objet de recherches scientifiques longuement menées, ne peut pas etre rangée dans le même ordre de considérations idéologiques. Les principes du libéralismeJ'ai avancé au cours de la discussion le propos suivant:"Quant
à acheter le
droit de nuire à la santé d'autrui... je croyais avoir
entendu dans vos
propos que pour un libéral tout peut être une
marchandise, chacun
a le droit de faire commerce de son propre corps... (ce qui est
défendable à condition bien sûr de ne pas
déraper sur le sens et les
circonstances de l'application de ce concept). Eh bien oui, le droit de
nuire à la santé d'autrui doit pouvoir s'acheter à
condition bien sûr
que le prix soit approprié. Le donner gratuitement serait un
mal, une
interdiction totale ne me semble pas être ce que vous
défendez, et je
ne vois guère d'autre sorte d'intermédiaire souple et
approprié qu'on
puisse trouver entre les deux, qu'un prix. "
On m'a répondu ainsi: "Non,
les droits des uns s'arrêtent là
où commencent
ceux des autres.
J'ai un droit inaliénable à la préservation de mon
intégrité physique
et à ma santé, et il est scandaleux que quelqu'un ait le
droit
d'acheter, sous le prétexte qu'il a de l'argent, le droit de
venir
m'expirer son poison dans le poumon et de me refiler un cancer ou le
droit de venir empoisonner mes aliments ou mon air. C'est comme si on
pouvait acheter le droit de verser de la mort aux rats dans le biberon
des bébés, ou le droit de descendre un passant dans la
rue. Il y a des
choses qui ne s'achètent pas, car cela revient à
empiéter sur les
droits inaliénables et sacrés du voisin qui n'a rien
demandé."
Nous allons dans ce qui suit analyser cette réponse et en étudier toutes les implications; nous verrons en quoi, non seulement elle possède d'irréductibles faiblesses, mais, si jamais on essaie malgré tout de pousser un minimum en faveur du respect de cet ultime principe de non-agression du libéralisme si joliment énoncé, ses implications logiques sur le reste de la présente discussion s'avèrent aller ironiquement dans le sens diamétralement opposé de toutes les thèses sur les politiques environnementales que ces mêmes "libéraux" cherchaient à mettre en avant par ailleurs. Je vais d'abord m'appliquer à critiquer ce principe du libéralisme qu'ils ont ainsi énoncé. Dois-je le répéter, cette critique de leurs beaux principes que je vais ici effectuer n'aura ironiquement dans cette discussion qu'un rôle de jeu contre mon propre camp, puisque c'est au moyen de ces mêmes principes généraux qui sont les leurs et dont je commence donc ici par relativiser la portée, que je vais ensuite pulvériser leurs vues dans le cas particulier auquel la présente discussion est consacrée. Ceci aura donc pour effet global de mettre en évidence les profondes incohérences logiques de leurs vues, et à quel point ils sont prompts à violer outrancièrement les principes mêmes dont ils se réclament, tout en prétendant le contraire. Commençons l'analyse: "J'ai un droit inaliénable à..." Tiens tiens, d'habitude les libéraux sont des pourfendeurs des "droits à", surtout des droits à la préservation des acquis sociaux réputés inaliénables, dont nulle catégorie professionnelle ne devrait être propriétaire. D'habitude les libéraux défendent plutôt les "droits de" faire ce qui ne nuit pas à autrui, ce qui est un droit positif, un droit d'agir par eux-mêmes. D'ailleurs, dans mon projet de libéralisme ultime, il n'est question d'aucun "droit à" fondamental, pas même de droit à la préservation de son intégrité, seulement de liberté de communiquer et d'entrer en relation économique avec qui on veut, une liberté qui ne s'use que si on ne s'en sert pas (et la question essentielle est de la munir d'outils de traitement des données efficace): bien loin d'une quelconque prétention d'avoir un droit universel ou transcendant à quelque chose qui tombe d'en haut (de l'Etat), pas même la sécurité. Ceci dit, très gentil tout ça, mais même si on admettait qu'il devrait y avoir en principe un Dieu-Etat qui veille sur nous pour définir un concept transcendant et inaliénable d'exigence de respect absolu de l'intégrité physique de chacun, comment on fait en pratique ? En effet, le libéralisme, ayant en principe le devoir de s'attacher à la recherche des meilleurs moyens de fonctionnement bassement matériels de notre économie terrestre, qu'a-t-il à faire de principes transcendants ? Donc, d'accord, déclarons que chacun a un droit inaliénable à la préservation de son intégrité physique. Autrement dit, que personne n'a le droit de violer son intégrité. Mais sur le plan bassement matériel ça change quoi ? Bien sûr, on peut vendre tout plein de serrures pour permettre à chacun de protéger l'entrée de sa propriété contre les divers intrus qui risqueraient de venir violer son intégrité physique. Très bien. Mais ensuite, en dehors de la transcendance de l'interdit, qu'est-ce qui est concrètement sensé empêcher, dans un monde libéral, quelqu'un d'agresser quelqu'un d'autre dans la rue ? L'interdiction du port des armes permet de limiter légèrement les dégâts en ne permettant pas, en principe, aux agresseurs d'user d'une arme pour commettre leurs méfaits. Etrangement, nombre de libéraux, surtout aux Etats-Unis, sont favorables à la libéralisation du port des armes. Pourquoi ? Apparemment, comme moyen de légitime défense. Cependant, la légitime défense, usant d'un instrument matériel de type attaque, aurait bien du mal à précéder l'attaque agressive elle-même si celle-ci ne s'embarassait pas de se présenter d'abord comme une menace. Surtout contre d'éventuels kamikazes, tous les moyens armés de légitime défense seraient impuissants, puisqu'ils viendraient trop tard après l'attaque. Alors, à quoi ça sert par exemple d'avoir un droit inaliénable à la protection de son intégrité physique contre des attaques de kamikazes ? Mais continuons sur un autre exemple. Imaginons quelqu'un qui agresse quelqu'un d'autre dans la rue, puis va se réfugier chez lui et s'y enfermer à double tour. Puis il proclame son droit inaliénable à la protection de son intégrité physique et son droit de propriété. C'est évidemment absurde, car s'il avait ce droit, cela signifierait que sa victime n'avait pas son droit. Heureusement que la police aura les moyens physiques de briser la serrure de sa propriété pour venir l'arrêter ! Ainsi, la question n'est pas de savoir si chacun a ou non un droit inaliénable à son intégrité physique ou à la protection des biens qui lui appartiennent, mais de savoir quel sort il est légitime de réserver à qui a violé tel ou tel droit d'autrui. Or, nécessairement, ce sort passera par une certaine violation de quelque droit dont le coupable aurait bénéficié dans le cas contraire. Plusieurs questions se posent: - la sanction doit-elle être financière (amende, dédommagement) ou d'une autre nature (emprisonnement, voire d'autres peines qui bien que n'étant plus actuelles peuvent toujours être imaginées du moins en tant qu'objets de réflexion théorique sur le droit: travail forcé, peine de mort, torture...) ? - Doit-elle être d'intensité voisine du préjudice causé, ou moindre, ou plus grande ? Or, quelle que soit la sanction décidée, on pourra toujours l'interpréter comme un "prix" payé par le coupable pour son acte. Donc oui, en réalité quoi qu'on en dise et qu'on en fasse, dans tout système de société, chacun aura toujours de toute façon le droit de violer le droit de quelqu'un d'autre quitte à en payer un certain prix d'une certaine manière. Mais discutons précisément de chaque question: Une peine moindre est sans doute inacceptable, constituant un droit à porter atteinte à l'intégrité d'autrui pour une peine moindre que le préjudice subi. Mais comment faire porter à qui a tué plusieurs personnes, une peine égale ou supérieure ? Une peine égale est la loi du Talion: oeil pour oeil, dent pour dent. Une peine supérieure peut être considérée comme ayant l'avantage d'être d'autant plus dissuasive, et donc par là de mieux garantir le respect du droit initial. Théoriquement on pourrait imaginer une peine encore très supérieure pour encore renforcer la dissuasion et donc le respect du droit initial, mais d'abord rien ne garantit que tout le monde soit assez rationnel pour être ainsi effectivement dissuadé, ensuite cela risque fort d'être physiquement impossible à réaliser à moins d'en venir aux peines de torture, et puis cela accroît d'autant une certaine "injustice" dans le cas où cela se produit effectivement. Enfin que dire lorsqu'il y a désaccord sur le droit initial ? Prenons les exemples de guerres ancestrales, où de plusieurs peuples chacun revendique un droit (par exemple de propriété d'une terre) qui aurait été bafoué par l'autre, et se croit donc permis d'attaquer l'autre par mesure de justice, lequel ne l'entend pas de cette oreille et voit cette dernière attaque comme une injuste agression. Considérer qu'on a le droit de causer une peine plus grande que le préjudice subi par mesure de dissuasion ou de réparation, signifie l'escalade de la violence et la guerre sans fin, ce qui n'est nullement une bonne chose. Alors on peut s'en remettre à l'idée d'une peine financière, qui a l'avantage d'être réparatrice et de ne pas causer en pratique la création nette d'un quelconque dommage supplémentaire. De plus, si jamais elle avait été payée injustement, une révision du procès avec changement de verdict pourrait toujours faire rendre les sommes payées comme si elles ne l'avaient pas été. Cette solution qui me semble donc porter souvent le plus d'avantages (du moins dans les cas où'il n'y a pas lieu de préférer la prison pour motif de protection de la sécurité d'autrui), n'aurait dans ces cas qu'un défaut qui n'est peut-être qu'illusoire: il prend rigoureusement la forme d'un droit achetable d'agresser autrui, option qui justement était au départ considérée par ces "libéraux" comme devant être rigoureusement exclue. Bizarre, bizarre. Imaginons encore un autre exemple (théorique): quelqu'un de fort qui agresse des gens dans la rue, les blesse voire les tue, puis continue indéfiniment, il est tellement fort que physiquement personne ne peut le capturer ou l'immobiliser, toujours il s'enfuit et continue. A-t-on le droit de l'abattre ? Oui, parce que c'est le seul moyen de préserver l'intégrité physique des autres. Ceci dit, ce serait dommage pour lui. Alors, pour éviter le pire, on peut commencer par le menacer, exiger de lui qu'il cesse ses méfaits pour ne pas être abattu. Mais que faire s'il dit que son comportement le domine et qu'il ne peut pas s'arrêter, c'est plus fort que lui, il n'est pas responsable de ses propres pulsions agressives ? Et bien, c'est dommage pour lui, mais il sera alors légitime de l'abattre, et ceux qui l'abattront n'auront pas lieu d'être poursuivis pour cela. Très bien. Mais que dire alors du cas suivant: Considérons le cas de pays occidentaux (notamment les USA) qui polluent le monde et contribuent au changement climatique dévastateur pour le climat de la planète, dont les effets peuvent à juste titre être qualifiés de crime non seulement contre l'humanité, mais contre toute la nature et ce pour des millions d'années: morts dans les canicules, morts dans les ourragans, disparition définitive de milliers ou millions d'espèces vivantes dont beaucoup ne sont même pas connues, etc (voir liste des dégâts plus bas). Le reste du monde a beau leur lancer des appels, ils restent sourds. Ils affirment que c'est plus fort qu'eux, ils ne peuvent pas se résoudre à s'arrêter rapidement, car c'est ainsi qu'ils fonctionnent économiquement, leur système productif parmi les plus riches du monde ne supporterait pas la contrainte d'une reconversion rapide à un mode de vie non polluant. Eh bien, c'est dommage pour eux, mais il sera alors légitime d'en anéantir les grandes villes à la bombe atomique, et ceux qui le feront ne mériteront pas d'être attaqués pour cela. Une petite histoireIl était une fois sur une planète lointaine deux espèces intelligentes qui étaient apparues en parallèle: les Tafs et les Ganks.Les Tafs étaient un peuple besogneux, sachant bien subvenir à leurs propres besoins et prospérer entre eux par leur travail. Les Ganks étaient un peuple de guerriers, sachant s'imposer, être les plus forts. Une de leurs principales méthodes pour vivre consistait à aller piller les camps des Tafs, capturer ces derniers et s'en servir comme esclaves. De cet esclavage, un certain nombre de Tafs mouraient, d'autres s'enfuyaient, mais peu importait pour les Ganks: il leur suffisait d'aller piller et capturer d'autres Tafs en fonction de leurs besoins. Puis ce monde connut sa révolution industrielle: de nombreuses industries et toutes sortes d'activités économiques se développèrent sous la direction des Ganks, et dont le mode de production était basé sur l'esclavage des Tafs. Mais à côté de cela se développa une communauté scientifique qui se trouvait constituée à la fois de Ganks et de Tafs, mélangés parce qu'ils savaient aussi bien contribuer aux progrès de la science les uns que les autres. C'est de là que vint une prise conscience révolutionnaire parmi un certain nombre de Ganks: la pratique communément répandue jusque-là de l'esclavage des Tafs par les Ganks était un mal horrible, qu'aucune civilisation digne de ce nom ne saurait tolérer. Mais cette prise de conscience ne se fit pas en un jour: de nombreuses années s'étaient écoulées entre les premiers appels de scientifiques Ganks, que peu de Ganks daignaient prendre au sérieux, et la reconnaissance officielle de l'importance de la question dans les discours politiques Ganks. La réponse des industriels Ganks à ces appels pressants ne se fit pas attendre: après avoir tenté de nier l'importance de la chose, ils arguèrent que d'après eux, tout le fonctionnement économique de la société, toutes les méthodes de travail et la forme des industries, reposaient sur les pratiques d'esclavage des Tafs de façon si profonde et universelle, qu'il était inenvisageable de cesser cet esclavage du jour au lendemain, car si on le faisait c'est toute l'économie de la planète qui s'effondrerait. Les méthodes de travail étaient en effet clairement si dures et dangereuses pour les Tafs, que jamais ceux-ci n'accepteront de les poursuivre de leur plein gré, même contre des salaires extrêmement élevés. Or, le développement de nouveaux plans d'industries et de nouvelles méthodes de travail dans lesquels cette situation regrettable n'aurait plus cours, nécessiterait des recherches et investissement si considérables, qu'on ne saurait exiger une reconversion complète du système à brève échéance. Et de toute façon, pour que les industries puissent effectuer ces investissements et reconversions, elles ont besoin de moyens en travail et en argent, et pour cela il est en attendant nécessaire de les laisser prospérer sur leur pratique d'esclavage des Tafs. Et puis de toute façon, les Ganks sont les maîtres de la planète, de sorte qu'on ne peut guère lutter contre eux ni espérer qu'ils renoncent de leur plein gré à leur pratique esclavagiste dont dépend leur prospérité; et si jamais certains industriels Gank se résignaient à renoncer à l'esclavage les premiers, ils feraient rapidement faillite car rapidement battus à la concurrence par ceux qui maintiennent leur pratique, de sorte que ce serait une entreprise suicidaire et donc irréaliste. Les politiques et économistes Ganks eurent alors une idée: l'instauration d'un protocole de limitation par quotas du nombre de Tafs que chaque continent aura le droit d'exploiter. Puis, pour assurer un assouplissement des effets de cette contrainte au niveau du fonctionnement interne de l'économie, les quotas de droits d'exploiter les Tafs une fois distribués initalement aux industriels Ganks suivant leurs besoins, ces derniers auront la possibilité d'acheter et de vendre ces droits entre eux sur un marché d'échanges de quotas. Ainsi, un industriel ne pourra désormais accroître son nombre d'esclaves Taf que s'il en achète le droit à un autre. Pourquoi l'exigence de justice correctement analysée oblige à
instaurer une forte taxe sur la pollution
Je ne sais ce qui a pris à cette personne "très pro" qui "connaît bien
ses sujets" d'asséner la perle de non-sens
parfaitement ridicule qui suit comme motif de leur refus par principe
absolu de toute instauration de taxes sur la pollution: |